Transfictionnalité
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La transfictionnalité est une pratique dans laquelle des éléments fictifs (personnages, lieux, univers de référence, données encyclopédiques, etc.) sont partagés par deux textes ou plus.
La notion de « texte » doit ici être prise dans son sens large et désigne tout autant le texte littéraire que la bande dessinée, le jeu vidéo, le film, ou d'autres œuvres de fiction.
Le terme transfictionnalité se composant de « trans » , préfixe du latin trans, signifiant « par-delà » , qui a en français le sens de « au-delà de qqch », « à travers » et qui marque le passage ou le changement[1], de l'adjectif « fictif », du latin pour qualifier une création de l'imaginaire pour dériver vers le nom féminin « fiction » définissant la création de l'imagination en littérature[1], et du suffixe « ité », du latin servant à former, à partir d'un adjectif, un nom indiquant une caractéristique[2].
Apparition du terme
En 1996, Richard Saint-Gelais invente le terme « transfictionnalité » qu’il développera en détail quinze ans plus tard dans son ouvrage Fictions transfuges, La transfictionnalité et ses enjeux. Il y définit la transfictionnalité comme le « phénomène par lequel au moins deux textes, du même auteur ou non, se rapportent conjointement à une même fiction que ce soit par reprise de personnages, prolongement d’une intrigue préalable ou partage d’univers fictionnel[3]. »
Saint-Gelais soutient qu'entre les deux manifestations de l'élément fictif repris, il doit y avoir identité, ou du moins « prétention à l'identité », une simple similitude n'étant pas suffisante[4]. Anne Besson parle d'ailleurs de la transfictionnalité comme du « voyage d’un nom et de ses principales caractéristiques entre plusieurs univers fictionnels »[5]. Puisque les personnages ont bien souvent une identité reconnaissable, mieux définie qu'un objet ou un lieu, c'est souvent par eux que le lien transfictionnel est créé.
Saint-Gelais propose de réunir sous le concept fédérateur de transfictionnalité une grande diversité de pratiques déjà abordées par d'autres chercheurs : le retour des personnages à la manière de Balzac, les suites, les cycles et séries en paralittérature, les univers partagés, les continuations au Moyen Âge, les spin-offs télévisés, les fanfictions, etc.[6]