Transparence induite électromagnétiquement
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La transparence induite électromagnétiquement (TIE) est une non-linéarité optique cohérente qui rend un milieu spécifique transparent dans une bande spectrale étroite au sein d'une raie d'absorption. Une dispersion extrême est aussi créée dans cette « fenêtre » transparente qui permet de « ralentir la lumière ».
L'observation de la TIE est basée sur l'interférence destructive des amplitudes de probabilité des transitions entre états atomiques. Elle nécessite deux faisceaux optiques (venant de sources hautement cohérentes, telles que des lasers) qui sont ajustés de manière à interagir selon trois « états quantiques » du matériau. Le faisceau « sonde » est réglé pour être proche de la résonance entre deux des états et mesure le spectre d'absorption de la transition. Un faisceau « pompe » bien plus puissant est ajusté pour être proche de la résonance de l'autre transition. Si les états sont sélectionnés correctement, la présence du faisceau de couplage crée une « fenêtre » spectrale de transparence qui est détectée par la sonde.
La TIE suit l'Équation de Schrödinger quantique du mouvement des corps-particules de 1925. Aux origines de la TIE est la découverte, en 1976, du piégeage cohérent de population par Gerardo Alzetta, Adriano Gozzinin et Gaspar Orriols de l'Université de Pise[1]. La TIE en elle-même fut proposée théoriquement indépendamment d'une part par Olga Kocharovskaya et Jakob Khanin[2] et d'autre part par S. E. Harris[3] et démontré expérimentalement par Boller, Imamoglu et Harris peu après[4].
Matériaux

Seules certaines configurations[3] des trois états permettent la TIE. Deux des trois transitions entre les états doivent être autorisées pour des interactions dipolaires électriques ; la troisième transition doit être interdite : un des trois états est connecté aux deux autres par les deux champs optiques. Les trois types de configurations possibles sont différenciées par les écarts d'énergie entre ce dernier état et les deux autres. Ces configurations sont appelées Échelle, V, et Lambda. Tout système matériel réel peut contenir plusieurs triplets d'états qui peuvent théoriquement permettre la TIE, mais il existe plusieurs limitations pratiques limitant les niveaux qui peuvent être utilisés.
Un autre critère important est le « temps de cohérence » des états individuels. Dans tout système réel à température finie on trouve des processus qui causent un brouillage de la phase des états quantiques. Pour un gaz, cela est essentiellement dû aux collisions. Dans les solides, le déphasage est dû aux interactions des états électroniques avec la matrice cristalline. Le déphasage de l'état est spécialement important, idéalement doit être un état métastable « robuste ».
Les expériences actuelles sur la TIE utilisent des systèmes atomiques dans des gaz dilués, des matrices solides, ou des états plus exotiques tels que les condensats de Bose-Einstein. Des travaux sont aussi réalisés dans nanostructures semiconductrices telles que les boîtes quantiques.