Transport du Christ vers le tombeau

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Artiste
Date
1520, avant 1523
Commanditaire
Le Transport du Christ vers le tombeau
Le tableau après la restauration de 2025
Artiste
Date
1520, avant 1523
Commanditaire
Type
Technique
Peinture à l'huile sur toile
Dimensions (H × L)
148 × 212 cm
Mouvements
Propriétaire
No d’inventaire
INV 749
Localisation
Musée du Louvre, Département des Peintures, Paris (France)
Commentaire
Également appelé La Mise au tombeau

Le Transport du Christ vers le tombeau, aussi connue sous le nom de La Mise au tombeau (en italien, Deposizione di Cristo), est une œuvre sur toile du peintre Titien, réalisée en 1520, et conservée au musée du Louvre.

La toile fit partie de la Collection Gonzague.

Titien est le peintre officiel de la république de Venise en 1516. Il reçoit la commande du tableau L'Assomption de la Vierge pour le maître-autel de l'église Santa Maria Gloriosa dei Frari en 1516. Il est installé en 1518 avec un éclatant succès. Titien va alors chercher à élargir son réseau de commanditaires hors de Venise en proposant ses services aux grands seigneurs d'Italie. Il fait un premier séjour à Mantoue en 1519. Il a des contacts réguliers avec Federico II Gonzaga, marquis puis duc de Mantoue, et sa mère Isabelle d'Este à partir de 1520. Les archives de la Maison de Gonzague ne permettent pas de connaître les circonstances de la commande de ce tableau. Il est probable que ce soit un des premiers tableaux peints pour Federico II Gonzaga, entre 1520 et 1523. Pendant son exposition dans une chapelle, à Mantoue, un cierge a brûlé le manteau rouge de Nicodème.

En 1627, Vincenzo II Gonzaga vend des tableaux du palais ducal de Mantoue à Charles Ier, roi d'Angleterre. Le Transport du Christ vers le tombeau quitte Mantoue pour Londres. Après l'exécution de Charles Ier, en 1649, les Trustees for Sale évaluent les tableaux provenant de Mantoue à 20 £ en octobre 1649. Elle est vendue à Houghton et d'autres le [1]. Le tableau est acquis par Everhard Jabach avant 1661. À partir de la prise de pouvoir par Louis XIV, en 1661, l'enrichissement de la collection de la couronne va devenir l'objet d'une attention particulière. Everhard Jabach vend une partie de sa collection de tableaux dont le Transport du Christ vers le tombeau à Louis XIV en 1662[2]. Le tableau a été agrandi d'environ 0,17 m en haut et 0,07 m en bas afin de l'adapter pour son accrochage au château de Versailles. Le tableau est alors présenté dans le salon de Mercure[3].

Le tableau fait partie de ceux exposés en 1793, à l'ouverture du Musée central des arts de la République, le futur musée du Louvre.

Le tableau est rentoilé et restauré plusieurs fois, en 1786 par Joseph-Ferdinand-François Godefroy (1729-1788)[4], et de nouveau, en 1794, par Mathias-Barthélemi Röser (1737-1804)[5]. D'autres interventions sont documentées, en 1848 et en 1935. Un amincissement superficiel est réalisé en 1940. En 2024, il est décidé de restaurer le tableau lequel est très jauni et obscurci à cause de l'oxydation des vernis. Avant cette restauration, le tableau est examiné par Élisabeth Ravaud au laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF). L'intervention a été confiée à Dominique Dollé sous le contrôle de Sébastien Allard, directeur du département des peintures du musée du Louvre.

Thème

Après la mort du Christ sur la Croix, Joseph d'Arimathie demande à Ponce Pilate l'autorisation d'emporter le corps de Jésus. Il accorde à Joseph le droit de récupérer le corps. Ce dernier achète un linceul pour y envelopper le corps du Christ et se rend sur le mont Golgotha de même que Nicodème qui apporte un mélange de myrrhe et d’aloès. Le corps de Jésus est descendu et transporté pour être mis au tombeau. Le nombre de personnes présentes n'est pas connu. D'après les Évangiles, il y a Marie, l'apôtre Jean, Marie Madeleine, Joseph d'Arimathie et Nicodème.

Description

Philippe de Champaigne présente le tableau au cours d'un conférence faite à l'Académie royale de peinture et de sculpture le [6].

Le tableau représente le transport du corps du Christ vers son tombeau. Joseph d'Arimathie et Nicodème portent le corps de Jésus. L'apôtre Jean, le disciple aimé de Jésus, pleure en soutenant le corps en regardant Marie. La Vierge Marie en larmes regarde son fils, soutenue par Marie Madeleine, les yeux rougis de douleur, soutient la Vierge tout en regardant le corps de Jésus.

Déposition Borghèse
de Raphaël.

Dans son désir de se confronter de ses prédécesseurs, il a choisi de s'inspirer de la Mise au tombeau, partie du Retable Baglioni, de Raphaël, aujourd’hui conservée à la Galerie Borghèse de Rome.

La radiographie du tableau a montré que le Titien avait d'abord élaboré la composition de la scène dans l'autre sens et la disposition des figures était inversée. Il a peut-être été insatisfait de la position de la Vierge par rapport à la tête du Christ et a cherché à donner à la scène un effet dramatique. Titien présente les personnages dans un jeu de regards complexe. La Vierge en pleurs et en prière regarde la tête du Christ, exprimant sa douleur. Marie Madeleine, les cheveux épars, la bouche ouverte et les yeux rougis, regarde Jésus et soutient la Vierge. L'apôtre Jean regarde la Vierge et soutient le corps de Jésus. La tête de Jésus est dans l'ombre. Joseph d'Arimathie et Nicodème sont pliés sous le poids du corps du Christ. Le Titien amplifie l'effet dramatique en plaçant le buste et la tête du Christ dans l'ombre alors que son corps est placé dans un linceul blanc immaculé, pour traduire la transition entre la mort et la promesse de la résurrection comme l'avait remarqué Philippe de Champaigne :

« l’ombre d’un de ceux qui portent ce corps en couvre une partie, et particulièrement le visage, afin de faire fuir la tête et avancer les jambes, pour imprimer davantage sur ce corps les marques de la mort, dont l’ombre et les ténèbres sont une véritable image, et pour faire en sorte que dans l’obscurité des couleurs on y vît moins la face adorable du Sauveur du monde qui ne paraît plus avec ces beautés qui le faisaient considérer durant sa vie comme le plus beau de tous les hommes. »

 Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles[7].

La couronne du Christ est posée à terre. Le Titien a disposé au centre un groupe pyramidal autour de la dépouille blanchâtre de Jésus, avec de part et d'autre, le groupe formé de la Vierge et de Marie Madeleine, et de l'autre la roche creusée pour le tombeau.

La restauration du tableau a permis de restituer la palette claire et lumineuse des couleurs, le blanc intense du linceul, le bleu lapis du ciel et du manteau de Marie, le vert du manteau de Joseph d'Arimathie, le rouge du manteau de l'apôtre Jean.

Copies

Notes et références

Annexes

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