Travailleur
personne qui exécute un travail
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Un travailleur est une personne qui effectue un travail. Un travail est le plus souvent effectué au travers d'un emploi, il existe néanmoins des travaux qui ne sont pas reconnus comme emplois et sont en dehors du marché de l'emploi (ex. : tâches ménagères). En pratique, le mot « travailleur » est souvent employé comme synonyme de salarié.

Classifications
À la différence du robot, chaque travailleur est d'abord un individu et une personnalité. De nombreuses formes de catégorisation des travailleurs existent ;
- selon le type de travail (facile ou pénible, manuel ou intellectuel, répétitif ou créatif, etc.) ;
- selon l'objet ou le service produit (boulanger, conducteur, dessinateur, etc.) ;
- selon la hauteur ou la régularité du salaire (bien payé, mal payé, saisonnier, avec ou sans primes, etc.) ;
- selon le type de lien d'organisation du groupe : le travail peut être celui d'un employé salarié de l'industrie, d'une association, d'une coopérative ou d'une entreprise de services. Il peut aussi être fonctionnaire.
- selon la stabilité du travail (du contrat à durée indéterminée, au travailleur précaire qui a souvent le moins de prise sur sa trajectoire professionnelle)
- Selon les « jeux de rôles » ou interactions entre personnes ; Paul Bernard[1],[2], sur la base des aspects qualité et de stabilité du travail, P. Bernard pour mieux comprendre les moteurs des rapports sociaux au travail identifie 8 sortes de contrôle possible du travailleur sur son trajet socioprofessionnel, selon que sa trajectoire sera stable, continue, discontinue volontaire, discontinue involontaires, et selon le caractère « avantageux » ou « désavantageux » du poste occupé. Une typologie de travailleurs correspondant à ces contrôles serait les travailleurs « établis, piégés, carriéristes, libres, acharnés, déchus, intermittents et substituables ».
- Dans le monde scolaire et associatif, on parle parfois de « pseudo-travailleurs » (ex : en Belgique, l'application de la loi sur le Bien-être professionnel s'étend également aux personnes qui effectuent une forme de travail comme des élèves travaillant sur un tour mécanique dans le cadre d'un enseignement technique. Cette catégorie de travailleurs est alors communément repris sous le vocable de « pseudo-travailleurs ». Il en est de même pour des bénévoles travaillant pour le compte d'une association, il ne faut donc pas nécessairement qu'il y ait rémunération pour que la réglementation du travail s'applique pleinement dans le cadre de la prévention et de la protection du travailleur.
- selon la source de revenus, provenant
- soit d'un patron ou employeur qui rémunère le travailleur (ex: ouvriers, employés, fonctionnaires, techniciens et agents de maîtrise, cadres et ingénieurs. Elle fut à une époque appelée classe ouvrière ou prolétariat, mais l'appellation courante actuelle est celle de salariés),
- de clients, quand le travailleur est son propre patron, en tant que travailleur indépendant (ex : exploitant agricole, commerçant indépendant, artisan, profession libérale…).
Vers un statut du travailleur ?
Conception à développer à partir du travail de certains mouvements (les Semaines sociales par Jean Boissonnat, la CFTC, notamment), qui consiste à envisager une sorte de pacte social constitué de droits et de devoirs dont le travailleur est le sujet.
Actions collectives et conscience politique des travailleurs
La condition de "travailleur" peut amener à une possible vie collective active consciente, militante, syndicale et politique.
Le syndicalisme
Les travailleurs peuvent également s'organiser et viser des buts politiques et économiques en commun. Par exemple, Un syndicat (de travailleurs, syndicats professionnels) est un groupement de personnes physiques ou morales pour la défense ou la gestion d'intérêts communs. De nos jours, la création de syndicats de travailleurs salariés en France est codifiée par les articles L.2131-1 à L.2131-6 du Code du travail[3]. Les grandes organisations sont confédérées par rassemblement de fédérations syndicales qui regroupent elles tous les syndicats d'une même profession, et d'unions interprofessionnelles locales qui regroupent tous les syndicats d'une ville, d'un département ou d'une région, souvent autour de la Bourse du travail. Il ne faut donc pas confondre syndicat (par exemple le syndicat des charpentiers de la Seine) et organisation syndicale (par exemple la CGT).
Si, aujourd'hui, les grandes organisations syndicales sont moins puissantes, les syndicats sont encore présents dans la réalité du travail, même s'ils ont perdu une grande partie de leur assise secondaire depuis les années 1970. Dans les anciens bastions syndicaux tels que l’industrie ou les fonctions publiques, le développement de la sous-traitance a entrainé une externalisation des emplois ouvriers vers de petites entreprises souvent dépourvues de présence syndicale. Les entreprises plus grandes connaissent des réorganisations fréquentes qui provoquent l’éclatement des collectifs de travail, avec un fort recours à des salariés mis à disposition, en intérim ou en contrat précaire. Ainsi, dans l’industrie automobile, les lignes de production emploient en permanence entre 30 % et 50 % d’intérimaires, ce qui permet de considérablement réduire l’impact d'une éventuelle grève[4].
D'après un rapport du Défenseur des droits paru en 2019, la « peur des représailles » constitue le premier frein à l'engagement syndical en France. Le degré d’engagement des syndiqués a son importance : un fort investissement dans une activité syndicale, comme l’adhésion de longue durée, l’organisation de grèves, la distribution de tracts ou encore l’exercice d’un mandat syndical et la participation à des négociations accroît significativement le risque de déclarer une expérience de discrimination, explique le rapport[5].
Les actions révolutionnaires de travailleurs
Le syndicalisme révolutionnaire est une forme d'auto-organisation de travailleurs souhaitant renverser le capitalisme et abolir le salariat. Le syndicalisme révolutionnaire, mettant en avant l'importance d'une conscience de classe révolutionnaire, propose une stratégie révolutionnaire pour établir le socialisme, avec une confrontation contre le capitalisme par l'auto-organisation des travailleurs et l'autonomie ouvrière, couplée à l'action directe et à la grève générale expropriatrice[6].
Autre exemple d'organisation révolutionnaires entre les travailleurs, il s'agit des « conseils de travailleurs ». Ce sont des assemblées fonctionnant selon les principes de la démocratie directe et s'organisant en pouvoir insurrectionnel. Les conseils fonctionnent selon les principes de la démocratie directe. Ils peuvent rassembler l'ensemble des travailleurs dans des assemblées de base. Si ces conseils comportent des élus, alors ces élus sont mandatés via un mandat impératif, doivent rendre compte de leurs activités devant l'assemblée, et sont révocables à tout moment par l'assemblée. Ces conseils incarnent une forme de démocratie au sein de la sphère productive économique et politique, où les travailleurs saisissent les moyens de production. Des exemples historiques de cette pratique révolutionnaire peuvent se retrouver dans les conseils de travailleurs (ou « soviets ») et paysans en Russie en 1905 et 1917 (et notamment les comités d'usines), la tentative de République des conseils d'Alsace-Lorraine en 1918, l'expérience des conseils de travailleurs de Turin et en Italie du nord en 1919-1920 (Biennio rosso), les conseils de travailleurs lors de la révolution allemande en 1918-1919 (notamment dans la République des conseils de Bavière), la révolution sociale espagnole de 1936, les conseils en Hongrie en 1956, les formes de conseils de travailleurs durant le Printemps de Prague (1968) en Tchécoslovaquie, ou encore la révolte sociale de Mai 68 en France.