Triangle de vie
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Le triangle de vie (Triangle of Life) est une méthode, généralement promue via des courriels viraux (en), sur la façon de survivre à un tremblement de terre majeur. L'idée est exposée et promue par l'américain Doug Copp depuis les années 1990.
La méthode du triangle de vie est critiquée par de nombreux intervenants nord-américains dans le domaine de la géologie et des premiers secours. Ceux-ci prônent plutôt la méthode « se baisser, s'abriter et s'agripper[1] » (drop, cover, and hold on), qui demeure la moins pire des options, surtout pour les pays dotés de normes de construction modernes où l'effondrement total du bâtiment est improbable.
Méthode

Doug Copp expose la méthode du triangle de vie dans un article publié en juillet 2000 par son organisme The American Rescue Team International[2]. Dans cet article autoédité, Copp affirme avoir une très grande expérience dans le domaine du secourisme en zones sinistrées (en) et avoir développé sa méthode d'après ce qu'il a constaté au cours de ses années d'intervention.
Copp recommande aux occupants d'un bâtiment de chercher un abri à proximité d'objets solides lors d'un séisme majeur. Il affirme que ces objets, en s'écrasant partiellement lors de l'effondrement du bâtiment, laisseront près d'eux un espace protecteur, un vide pouvant prévenir les blessures ou permettre la survie en cas de défaillance structurelle majeure comme, par exemple, un « effondrement en galette (en) » (pancake collapse). Copp conseille spécifiquement de ne pas s'abriter sous ces objets, sous peine d'être écrasés sous eux. Selon son idée, si le bâtiment s'effondre, le poids des plafonds tombant sur les objets ou les meubles à l'intérieur tend à les écraser, mais la hauteur restante de l'objet agit comme une sorte de poutre de toit au-dessus de l'espace ou du vide à côté, qui finira par avoir un toit en pente au-dessus. Copp appelle cet espace de survie le « triangle de vie ». Plus l'objet est grand et solide, moins il se compacte ; moins il se compacte, plus le vide à côté sera grand. De tels triangles seraient la forme la plus courante retrouvée dans un bâtiment effondré[réf. nécessaire].
Dans son article, Copp affirme avoir réalisé un film en 1996 pour prouver cette méthodologie et avoir recréé une école et une maison modèles, en les remplissant de 20 mannequins. Les bâtiments ont été effondrés par des engins de terrassement qui ont fait tomber les piliers de soutien. La moitié des mannequins étaient dans des positions « se baisser et s'abriter » et les autres dans les positions du « triangle de vie » de Copp. Lorsque Copp et son équipe sont rentrés dans le bâtiment après l'explosion, ils ont estimé qu'il n'y aurait eu aucun survivant parmi les mannequins en position « se baisser et s'abriter », mais 100 % de survie pour ceux qui se cachaient dans les triangles à côté d'objets solides. Copp est catégorique sur l'importance de cette technique, déclarant : « Tous ceux qui se baissent et s'abritent simplement lorsque les bâtiments s'effondrent sont écrasés à mort – chaque fois sans exception[trad 1],[2]. »
Critiques

La méthode du triangle de vie est critiquée par plusieurs intervenants nord-américains dans le domaine de la géologie et des premiers secours[3],[4],[5],[6],[7].
D'abord, sans nier l'existence des « triangles de vie » dans les structures effondrées, ils font valoir qu'il est très difficile de savoir où ces triangles vont se former car les objets (y compris les objets lourds et imposants auprès desquels Copp conseille de se placer) se déplacent souvent pendant les séismes majeurs. Ainsi, une personne essayant d'appliquer la méthode du triangle de la vie ne peut prévoir à quel endroit, ni même si, de « triangle de vie » se formera en cas d'effondrement. La méthode a plus de chance de causer des blessures aux personnes s'étant placées à côtés d'objets lourds en raison du mouvement aléatoire de ceux-ci[8].
Ensuite, des statistiques sur les morts causées par les séismes montrent que la plupart des blessures et morts se produisent en raison de la chute d'objets, et non en raison de l'effondrement progressif des structures[9][réf. à confirmer][source insuffisante]. C'est pourquoi la principale méthode prônée est celle de se baisser, s'abriter et s'agripper.
La Croix-Rouge américaine affirme qu'une personne est plus susceptible d'être blessée en essayant de se déplacer pendant un séisme plutôt qu'en cherchant immédiatement un espace sûr près d'un meuble, ou près d'un mur intérieur, et non dans les embrasures de porte, car celles-ci ne sont souvent pas structurelles[10]. Cependant, les normes architecturales diffèrent selon les pays, et la meilleure stratégie de survie en cas de séisme peut également différer.
« La Croix rouge ne dit pas qu'identifier des vides potentiels est mal ou inapproprié. Nous disons que « se baisser, s'abriter et s'aggriper » n'est PAS mauvais –aux États-Unis. La Croix rouge américaine étant une organisation basée aux États-Unis, elle n'étend pas ses recommandations ailleurs que sur son territoire. Ce qui fonctionne ici ne pourrait pas fonctionner ailleurs[trad 2],[4]. »
Iran
Un article iranien évalué par des pairs a analysé et comparé les deux méthodes en détail, en tenant compte de leur application, du nombre de personnes couvertes, de la simplicité de transmission des concepts et de la probabilité de réduire les victimes et les dommages dans les pays en développement comme l'Iran. Il a fait valoir que « se baisser, s'abriter et s'agripper » était un conseil utile pour les personnes qui subissent des séismes plus petits sans effondrement total du bâtiment, ce qui concerne la grande majorité des survivants de tremblements de terre. Il conclut que le « triangle de vie » pourrait théoriquement être une meilleure stratégie lors de séismes plus importants dans des bâtiments avec une ossature (bois ou béton) lors d'un effondrement en galette, mais a reconnu les problèmes possibles liés au déplacement des objets lourds qui peuvent écraser la personne lors des mouvements horizontaux, l'incapacité de prédire quel côté d'un objet créerait un espace de survie, et le fait que la méthode du triangle de vie est difficile à enseigner et à communiquer. Il a conclu que le « triangle de vie » pourrait nuire aux individus qui tenteraient de suivre ces conseils dans des bâtiments qui ne s'effondrent pas.
Aucune stratégie n'était utile pour la majorité de la population dans les zones rurales d'Iran en raison de l'architecture en briques de boue qui n'a aucune structure. Sur la base de la simplicité d'enseignement et du fait qu'environ 12 000 fois plus de personnes sont touchées et blessées par des séismes plus petits, ils ont conclu que « se baisser, s'abriter et s'agripper » est toujours considéré comme une meilleure option pour les gens lors d'un tremblement de terre[11].