Trois-ponts (navire)
type de navire
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les « trois-ponts » sont des vaisseaux de guerre apparus au XVIIe siècle. Pendant plus de 200 ans, ce furent les plus puissants bâtiments militaires à voiles que les grandes puissances navales pouvaient déployer en opération. Ils servaient souvent de vaisseaux amiraux. Ils disparurent au XIXe siècle avec l’avènement de la marine à vapeur.

Historique



Un vaisseau à trois-ponts est un navire de guerre à voile emportant trois batteries de canons complètes sur trois ponts couverts. La plupart du temps les gaillards étaient également armés de canons, mais ne constituaient pas une batterie continue ou flush deck et donc n'étaient pas pris en compte. Les trois-ponts étaient considérés comme les navires de ligne par excellence, c'est-à-dire d'une puissance suffisante pour faire partie d'une ligne de bataille. « Sa masse imposante, la puissance de son artillerie, la richesse de sa décoration semblent devoir lui donner la souveraineté des mers, lui conférant ainsi un intérêt tout particulier. Vaisseau de prestige, il n’existe qu’en nombre réduit dans les armées navales du XVIIIe siècle où son rôle est de porter et défendre la marque de l’amiral »[4] : le trois-ponts est donc le navire amiral par excellence.
Dans le système de classement des vaisseaux, ils étaient considérés comme des navires de premier ou de deuxième rang, bien qu'en réalité les trois-ponts de cette dernière catégorie fussent plutôt une spécificité anglaise, portant 90 à 98 canons, et peu représentée dans les autres marines. La flotte de Louis XIV comportait néanmoins des trois-ponts de 64-80 canons classés comme tels. Cette particularité se rencontrait d'ailleurs surtout à partir des années 1650 jusque vers le milieu du XVIIIe siècle. Plus tard les vaisseaux de troisième rang les plus importants pouvaient aussi être considérés comme trois-ponts.
Au fil des siècles les trois-ponts deviennent de plus en plus imposants, le plus grand jamais construit étant le navire ottoman Mahmudiye (1829)[5], si l'on omet les vaisseaux mixtes propulsés à la vapeur. Pour pouvoir embarquer toujours plus de canons, les marines d'Occident développent la formule des quatre-ponts, appellation toutefois sujette à caution puisque ce sont en réalité des trois-ponts dont les gaillards ont été rejoints entre eux pour former un flush-deck continu de la proue à la poupe, mais dont l'artillerie n'est pas couverte. À ce jour, seuls trois « quatre-ponts » non-mixtes[6] ont effectivement été mis en service : le Santísima Trinidad (1769-1805) espagnol, le USS Pennsylvania (en) (1837-1861) américain et le Valmy (1847-1891) français. Les Britanniques quant à eux dessinèrent mais ne construisirent finalement pas le quatre-ponts HMS Duke of Kent (en) (1809) de 170 canons.