Trois chorals

œuvre de César Franck From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Trois Chorals sont une composition en trois parties pour orgue de César Franck datant de 1890. Ils comptent, avec le Quintette (1879), le Prélude, Choral et Fugue (piano, 1884), les Variations symphoniques (piano et orchestre, 1885), la Sonate (violon et piano, 1886) et la Symphonie en ré mineur (1886–1888), parmi les chefs-d'œuvre de la dernière période de sa carrière.

Nb. de mouvements3
EffectifOrgue
Faits en bref Genre, Nb. de mouvements ...
Trois chorals
(FWV 38-40 / CFF 105-107)
Page de titre de la partition.
Page de titre de la partition (Durand, 1892).

Genre Choral pour orgue
Nb. de mouvements 3
Musique César Franck
Effectif Orgue
Durée approximative 40 min
Dates de composition 1890
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Franck (1822-1890) a écrit une cinquantaine de pièces pour orgue. Les Trois Chorals sont, avec des pièces pour harmonium, sa dernière œuvre.

Les Trois Chorals se composent de :

Genèse, manuscrits et publication

César Franck commença à composer les Trois Chorals durant l'été 1890 à Nemours, au sud de Paris. Il acheva la première ébauche du Choral III le 30 septembre et mourut le 8 novembre 1890 à Paris des complications de santé d'un accident de la route survenu en juillet 1890[2].

Bien que Franck n'ait plus eu l'occasion de jouer lui-même les Trois Chorals en public, de les enseigner ou d'accompagner leur impression et leur publication, il existe des témoignages de l'époque de Louis Vierne et Charles Tournemire sur des exécutions privées des œuvres (piano à quatre mains) avec ses étudiants[3],[4].

Dans son édition critique de l'intégrale des œuvres pour orgue et harmonium de César Franck[5],[6], l'organiste et musicologue anglais Richard Brasier[7] documente que Franck a rédigé trois manuscrits différents pour chacun des Trois Chorals : un premier projet (« first draft »), un deuxième projet plus complet avec des corrections (« complete draft with corrections »), et la copie au net (« fair copy »)[2].

Par contre, dans les manuscrits dont il est prouvé qu'ils étaient en possession du compositeur, on trouve, selon Brasier, des corrections, du matériel raturé, des pauses manquantes dans le système de pédale, des instructions de jeu au crayon et à l'encre, et des registrations autographes de Franck peu lisibles qui ont été effacées. Il est probable que ces manuscrits, bien que complets pour l'essentiel (avec une écriture parfois plutôt hâtive, notamment dans le Choral III), étaient des ébauches de travail (« working drafts ») du compositeur. Les deux copies au net du Choral II et du Choral III, incomplètes dans certains détails, ont été rédigées à l'encre dans une écriture bien lisible, sans corrections, et contiennent un nombre incalculable de détails qui ne figurent pas dans les manuscrits destinés au compositeur. Dans le Choral II, Franck a été particulièrement attentif à cet égard, par exemple en ce qui concerne le raffinement de la conduite des voix entre les deux mains. En revanche, le manuscrit au propre du Choral III ne comporte pas de registrations ni d'indications de clavier, ce qui indique que Franck n'était plus en mesure de terminer l'œuvre avant sa mort en raison de la dégradation de son état de santé. Brasier souligne qu'il ne s'est écoulé que 17 jours entre l'achèvement de l'ébauche du Choral III et le diagnostic d'une infection respiratoire chez Franck, qui a entraîné sa mort 22 jours plus tard[2].

Il est prouvé que les registrations publiés ont été inscrits (en Français et en anglais) dans les manuscrits utilisés pour l'impression non pas par Franck, mais par une autre personne qui n'a pas encore été clairement identifiée, tandis que les inscriptions originales et encore faiblement reconnaissables de Franck (qui maîtrisait l'allemand en plus du français, mais pas l'anglais) ont été effacées[2].

Les Trois Chorals ont été publiés à titre posthume le 29 janvier 1892 chez Auguste Durand & Fils à Paris.

Aucun des manuscrits ne comporte de dédicace ; néanmoins, les Trois Chorals ont été publiés en 1892 avec les dédicaces suivantes :

  • Choral I – « À Monsieur Eugène Gigout »
  • Choral II – « À Monsieur Auguste Durand »
  • Choral III – « À mon élève Augusta Holmès »

Vincent d'Indy rapporta que les dédicataires auraient dû être en réalité Alexandre Guilmant, Théodore Dubois et Eugène Gigout[8]. Selon Léon Vallas, le fils du compositeur, Georges Franck, remplaça pour des raisons inconnues les noms de Guilmant et Dubois par ceux d'Auguste Durand et Augusta Holmès[9].

Selon Richard Brasier, il est probable que Georges Franck ait décidé, après la mort de son père, quels manuscrits des Trois Chorals seraient utilisés par l'éditeur Durand pour la publication. Dans les trois cas, ce sont les deuxièmes versions manuscrites qui ont été choisies. Il s'agissait certes d'ébauches de travail pour le compositeur, mais pas des copies au propre destinées à la publication (que Franck n'a pas pu terminer en raison de ses problèmes de santé, mais qui contiennent de nombreuses corrections et modifications qui ne figurent pas dans les deux premières versions manuscrites des Trois Chorals)[2].

Les Trois Chorals ne comportent pas de numéro d'opus mais sont numérotés 38 à 40 dans le catalogue FWV (Franck-Werk-Verzeichnis) édité par Wilhelm Mohr en 1969.

Ils furent transcrits ensuite pour piano par Blanche Selva[10]. Il existe également une transcription pour vents du Deuxième Choral[11].

Titre et forme musicale

Les Trois Chorals ne font pas référence au chant grégorien, ou aux arrangements pour orgue d'un choral protestante, mais à une forme rhapsodique libre. Dans les Trois Chorals de Franck, le thème choral proprement dit n'apparaît pas au début, mais seulement au cours du morceau. À partir du thème choral et d'autres éléments thématiques, Franck développe des formes symphoniques complexes d'une durée de près de 15 minutes chacune. Les trois chorals contiennent des sections de développement et se terminent par une apothéose impressionnante de leurs thèmes.

Dans le Choral II de Franck, la référence à la Passacaglia en do mineur (BWV 582) de Jean-Sébastien Bach est évidente, lorsque Franck commence par des variations sur un thème de chaconne à plusieurs mesures et développe ensuite un fugato à partir de ce matériau. Les figures en doubles croches de type toccata au début du Choral III présentent une certaine similitude avec l'écriture du Praeludium en la mineur (BWV 543)[12].

Au sein des Trois Chorals, on trouve plusieurs liens motifs caractéristiques des compositions en plusieurs mouvements de Franck. Dans ce cas, il s'agit d'un motif marquant avec une quarte ascendante suivie d'une tierce et d'une seconde descendantes :

  • Dans le Choral I à partir de la mesure 112 et dans la section centrale en Mi mineur à partir de la mesure 126.
  • Dans le Choral II à partir de la mesure 80, dans le fugato (en contrepoint du thème choral) à partir de la mesure 148, comme leitmotiv à partir de la mesure 226 et dans l'apothéose à partir de la mesure 258 à la pédale.
  • Dans le Choral III au début du thème choral à partir de la mesure 30, comme dérivation du motif mentionné.

Bibliographie

  • César Franck : Intégrale de l’œuvre d’orgue –– Vol. I–VIII, édition critique par Richard Brasier. Tynset, Norvège : Lyrebird Music, 2022.

Notes et références

Liens externes

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