Troisième période
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La troisième période est un concept idéologique élaboré par l’Internationale communiste (Komintern) lors de son sixième congrès, tenu à Moscou en 1928. Cette orientation stratégique reste en vigueur jusqu’à son abandon après l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler en Allemagne en 1933[1].
L’expression est généralement associée à Joseph Staline, mais elle apparaît auparavant chez Nikolaï Boukharine, qui l’emploie en 1926 pour décrire une nouvelle phase de crise du capitalisme mondial susceptible de relancer les affrontements de classe et les perspectives révolutionnaires[2].
Selon l’analyse du Komintern, l’histoire récente du capitalisme se divise en trois phases : une première période marquée par la vague révolutionnaire de l’après-Première Guerre mondiale, une deuxième période de stabilisation relative du capitalisme pendant les années 1920, puis une troisième période, ouverte en 1928, caractérisée par une crise générale du capitalisme et une radicalisation attendue de la classe ouvrière[3].
La troisième période correspond à la ligne dite de « classe contre classe », qui remplace la politique de front unique suivie par le Komintern au cours de la période précédente[4]. Dans cette perspective, les partis communistes sont appelés à adopter une ligne révolutionnaire offensive, en rompant avec les tactiques antérieures de coopération avec les autres forces ouvrières[5]. Les partis communistes refusent alors la coopération avec les partis sociaux-démocrates, dénoncés comme des « sociaux-fascistes »[6],[7].
Cette orientation se traduit aussi, dans le domaine syndical, par la création d’organisations séparées contrôlées par les communistes, au lieu d’une action à l’intérieur des syndicats existants.