Trépied sacrificiel

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Fresque représentant un trépied dans la villa « de Popée » à Oplontis.

Un trépied sacrificiel est un meuble religieux, à trois pieds, souvent en bronze, utilisé principalement durant l'Antiquité pour accomplir certains rituels religieux tels que la prise d'oracle ou la combustion rituelle d'encens ou d'autres substances. De par sa structure, le trépied est le meuble le plus stable pour un sol inégal, d'où son utilisation ancienne. Dans l'Antiquité, il est particulièrement associé à Apollon et l'Oracle de Delphes, étant souvent représenté en association avec la Pythie.

Le mot trépied provient du grec et signifie « possédant trois pieds ». On retrouve des attestations du mot dès l'époque mycénienne dans la documentation en linéaire B sur tablette d'argile : il s'écrit alors ti-ri-po-de, et constitue déjà un élément de mobilier cultuel en bronze. L'objet est attesté archéologiquement dès cette époque, et est particulièrement attesté entre l'époque orientalisante et la fin de l'époque classique.

Reconstitution du trépied de Platées dans son état originel.

Un trépied en bronze se compose de trois pieds droits, parfois reliés par un cerclage de bronze, portant une vasque en bronze de forme plus ou moins ouverte (allant du grand plat pouvant servir de siège au conteneur hémisphérique). Un pied central est parfois attesté. Les rebords de la panse de la vasque sont fréquemment décorés de trois poignées verticales circulaires en bronze. Les dimensions de ces objets varient, de quelques dizaines de centimètres à plus d'un mètre de haut.

Les trépieds grecs sont fréquemment le support de nombreuses décorations travaillées en relief par la technique du repoussé, ou encore par adjonction de figures en ronde-bosse réalisées par coulée indirecte ou par cire perdue et soudées par la suite au corps. On y retrouve tout l'éventail des créatures mythologiques ou réelles de l'iconographie grecque : griffons, chevaux, gorgones, lions, serpents, figures divines comme Achéloos, etc. De nombreux exemplaires archéologiques sont connus ; il s'agit souvent d'offrandes votives dans des sanctuaires, tel celui d'Olympie.

Les trépieds sont fréquemment mentionnés par Homère comme des récompenses pour les vainqueurs des concours. Ils doivent être dédiés à une divinité et déposés dans un sanctuaire, et non pas emportés par le vainqueur. Les trépieds sont aussi des cadeaux précieux pour des invités, comme dans le cas des Phéaciens, qui offrent un chaudron et un trépied à Ulysse.

Dans les concours chorégiques des Dionysies, le chorège victorieux (un citoyen riche qui a assuré l'équipement et l'entrainement d'un chœur) recevait une couronne et un trépied. Il devait consacrer le trépied à une divinité ou le faire ériger au sommet d'un édicule de marbre érigé sous la forme d'un petit temple circulaire (tholos), dans la rue des trépieds d'Athènes, aujourd'hui rue Tripodon[1]. Un de ces monuments, le Monument de Lysicrate, érigé pour commémorer sa victoire lors du concours de 335 av. J.-C., a été préservé jusqu'à aujourd'hui. Le trépied était posé au sommet du monument.

Trépieds célèbres

Notes et références

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