Trésor monétaire de Gingelom
découvert en Belgique en 2019, mais après analyse ce trésor venait de France
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Contexte
En , la Onroerend Erfgoed (Agence flamande du patrimoine) a reçu un signalement concernant la découverte de pièces de monnaie. Un Français avait acquis un petit terrain à Gingelom et a déclaré avoir trouvé ces pièces lors de travaux de dépollution. La découverte a été faite à l'aide d'un détecteur de métaux, dont l'utilisation est autorisée en Belgique sous certaines conditions, mais interdite en France.
Le découvreur s'était conformé à la réglementation belge. Il n'était pas tenu de déclarer sa recherche, car il ne s'agissait pas d'une recherche active et il avait déjà signalé sa découverte. Il savait très probablement qu'il en deviendrait propriétaire. En France, contrairement à la Belgique, une découverte archéologique d'importance appartient à l'État. Le découvreur doit toutefois être indemnisé.
Découverte ou vol ?
Trois spécialistes de l’agence ont examiné en détail un dixième des 14 154 pièces. Leur composition s’est avérée homogène et elles datent du IIIe siècle, période de dévaluation où la teneur en argent des pièces a diminué. Les Gallo-Romains qui les ont enterrées avaient sélectionné et mis en terre des pièces à forte teneur en argent, plus sûres que de les conserver chez eux. Ces pièces sont plus fréquentes en France qu’en Belgique, et les recherches ont montré qu’elles ont été trouvées dans une couche de terre formée après le Moyen Âge. Le site de la découverte n’est pas situé à proximité ni d’une route principale antique ni d’une villa romaine.
L'Agence a décidé de saisir les autorités françaises. Une enquête a été ouverte par la police, les douanes et la section lorraine de la DRAC. En cas de fouilles illégales, la DRAC engage systématiquement une enquête pénale. Le découvreur en était conscient et en avait déjà fait l'expérience. En 1993, le long d'une route de campagne près de Pierreville, il avait trouvé 5 250 pièces de monnaie des IIIe et IVe siècles. Le maire l'avait autorisé à les conserver. La situation fut différente lorsqu'il fit une découverte à Boucq. Les poursuites engagées contre lui restèrent sans suite et il fut autorisé à garder la moitié de sa trouvaille. L'autre moitié est conservée au Musée lorrain de Nancy. En 2015, il déclara dans le journal L'Est républicain avoir déjà effectué cinq cents découvertes en Lorraine.
Les perquisitions menées aux domiciles du découvreur et de sa mère ont permis de découvrir 13 246 objets archéologiques, parmi lesquels des bracelets et des colliers datant des âges du bronze et du fer, ainsi que des broches romaines, des figurines et des boucles de ceinture mérovingiennes. Un dodécaèdre romain, figure tridimensionnelle à douze faces pentagonales dont on ne connaît qu'une centaine d'exemplaires, occupait une place de choix dans sa collection. Les experts affirment que les monnaies romaines et gauloises proviennent de sites archéologiques. Au total, 27 400 pièces archéologiques ont été saisies, représentant une valeur de 772 685 euros[1].
En France, ce vol est qualifié de plus important vol de pièces archéologiques jamais perpétré dans le pays. Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, et son secrétaire d'État au Budget, Olivier Dussopt, ont fermement condamné ce détournement de patrimoine archéologique. Un communiqué de presse indique que le coupable encourt une peine de prison et une amende de plusieurs centaines de milliers d'euros[2].
Le trésor monétaire a été restitué à la France en décembre 2021[réf. nécessaire][3],[4].