Tuccia

vestale légendaire From Wikipedia, the free encyclopedia

Tuccia est une vestale du IIIe siècle av. J.-C. de la Rome antique. Son nom suggère qu'elle appartenait à la lignée de Tuccia.

Tuccia, dans un tableau de Francesco Granacci
Louis Hector Leroux, La Vestale Tuccia, 1874.
'La Vestale' par Joshua Reynolds, montrant Tuccia.

Premier récit

Denys d'Halicarnasse (Ier siècle av. J.-C.) est le premier auteur qui rapporte l'épisode, qui selon lui ressemble à une légende[1]. La chasteté de Tuccia fut mise en doute par une accusation mensongère. Le châtiment infligé aux vestales ayant laissé éteindre le feu sacré ou perdu leur chasteté était l'emmurement[2]. Pour sauver sa réputation et sa vie, Tuccia pria la déesse de la guider et transporta de l'eau du Tibre jusqu'au temple de Vesta dans un crible, en veillant à ce que l'eau ne s'écoule pas à travers.

Après avoir prouvé sa chasteté, comme elle l'affirmait, son accusateur ne fut jamais retrouvé[1].

On attribuait aux vestales des pouvoirs magiques[3] en raison de leur service à Vesta. Ainsi, en accomplissant cet acte miraculeux, Tuccia avait non seulement prouvé sa chasteté, mais aussi la faveur dont elle bénéficiait de la part de Vesta.

Cet acte était associé à l'un des devoirs rituels des vestales : puiser de l'eau pure n'ayant jamais touché la terre. Les vestales possédaient même des récipients spéciaux pour transporter cette eau, qui pourraient correspondre au tamis de Tuccia[4].

Autres sources antiques

D'après les Periochae de Tite-Live, l'épisode pourrait être lié à la menace d'invasion gauloise survenue en , suscitant la panique à Rome[5]. Tite-Live indique une issue funeste « La vestale Tuccia est condamnée pour inceste »[6].

L'innocence de Tuccia est relatée par Valère Maxime dans le passage suivant : « Ô Vesta, si j'ai toujours œuvré avec pureté à ton service en secret, fais que, grâce à ce tamis, je puisse puiser de l'eau du Tibre et l'apporter à ton temple. »[7].

Pline l'Ancien reprend le même récit[8]. Cependant, dans sa « Satire VI » (plus connue sous le titre « Contre les femmes »), Juvénal la mentionne parmi d'autres femmes lascives[9].

Plus tardif, Augustin d'Hippone l'évoque sans la nommer dans une série de prodiges qu'il dénigre : « une vestale prouva son innocence en transportant un tamis rempli d'eau du Tibre au temple de Vesta »[10].

Similitudes avec d'autres récits antiques

L'histoire de Tuccia présente des similitudes avec celle de Claudia Quinta, une matrone accusée de mener une vie immorale. Pour prouver son innocence, elle accomplit un miracle avec l'aide de la déesse Cybèle. Dans les peintures, elle est souvent représentée comme une vestale.

Un jour, lorsque le feu sacré de Vesta s'éteignit, la vestale Aemilia fut accusée par les prêtres d'avoir négligé ses devoirs pour divertir les hommes. Elle pria Vesta de l'aider et, miraculeusement, elle ralluma le feu en jetant un morceau de son vêtement sur les braises éteintes[11],[12].

Postérité

Portrait d'Élisabeth I tenant un tamis, par Quentin Metsys le Jeune

À la fin du Moyen Âge, l'image de Tuccia et de son tamis étaient devenues associées à la chasteté. Les portraits de femmes chastes incluaient souvent un tamis, et ce symbole figure en bonne place dans de nombreuses représentations de la « Reine Vierge » d'Angleterre, Élisabeth Ire, à la fin du XVIe siècle[13].

Pétrarque (XIVe siècle) la cite dans le « Triomphe de la chasteté », un chapitre des Triomphes.

Autres

Il existe un cratère nommé Tuccia sur l'astéroïde (4) Vesta.

Références

Bibliographie

Liens externes

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