Tukulti-Ninurta Ier

roi assyrien From Wikipedia, the free encyclopedia

Tukulti-Ninurta Ier (c'est-à-dire « Ninurta est mon secours ») était un roi d'Assyrie de 1245 à 1208 ou 1233 à 1197 (Amélie Kuhrt).

Faits en bref Roi d'Assyrie, années 1230-années 1190 av. J.-C. ...
Tukulti-Ninurta Ier
Fonction
Roi d'Assyrie
années 1230-années 1190 av. J.-C.
Biographie
Activité
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Enfants
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Extension approximative du royaume assyrien entre la fin du XIIIe et le début du XIe siècle.
Autel en albâtre portant un bas-relief montrant Tukulti-Ninurta Ier en deux postures d'adoration (debout et à genou), trouvé Assur et conservé au Vorderasiatisches Museum (Musée de Pergame) de Berlin.
Inscription sur tablette en pierre commémorant la fondation de Kar-Tukulti-Ninurta. British Museum.

Règne

Le règne de Tukulti-Ninurta Ier est l'acte le plus flamboyant du XIIIe siècle assyrien, tant par ses succès que son issue dramatique, au point que ce souverain est souvent présenté comme le plus grand roi de la période médio-assyrienne ; en tout cas c'est le plus étudié. La situation ne s'arrange pas pour les Hittites, bien que le roi de ces derniers, Tudhaliya IV, écrive au nouveau roi assyrien pour le féliciter lorsqu'il monte sur le trône, ce qui constitue un progrès dans les relations entre les deux cours. Mais cela ne va pas plus loin, au contraire c'est probablement du début du règne de Tukulti-Ninurta qu'il faut dater la sévère défaite infligée par les troupes assyriennes aux Hittite à Nihriya ; elle est le fait d'un roi assyrien qui la rapporte dans une lettre adressée au roi d'Ugarit et retrouvée dans cette ville, vassale des Hittites, derrière lequel on voit généralement ce roi (mais pour certains ce serait Salmanazar[1]).

Les inscriptions de Tukulti-Ninurta ne sont pas vraiment prolixes sur ses affrontements avec les Hittites, mais elles évoquent tout de même leur défaite en Syrie et la déportation de 28 800 d'entre eux. Des brouillons de lettres adressées à la cour assyrienne par le roi hittite Tudhaliya IV et des missives de ce dernier à Ugarit indiquent clairement qu'il voit dans l'Assyrie une menace majeure, contre laquelle il tente d'imposer un blocus[2].

Tukulti-Ninurta porte ensuite ses efforts au sud du Zab inférieur à l'est du Tigre, où il conquiert plusieurs territoires, apparemment sans susciter de réaction babylonienne dans un premier temps. Il revendique restituer à l'Assyrie des territoires qui lui reviennent en raison des accords passés avec les rois babyloniens. Puis survient le conflit entre les deux puissances, dont on suppose généralement qu'il s'agit d'une initiative de l'impétueux roi assyrien, qui en sort vainqueur. Il capture le roi ennemi Kashtiliash IV et l'emmène à Assur. Son triomphe et sa justification idéologique sont développés dans un document remarquable, surnommé l'« Épopée de Tukulti-Ninurta ». Le roi assyrien se proclame « roi de Sumer et d'Akkad », donc de la Babylonie, mais la souveraineté assyrienne ne s'y installe pas durablement. Cette campagne s'accompagne d'une conquête de la région du moyen Euphrate[3].

La quête de gloire du roi assyrien se voit également dans ses travaux de restauration de temples à Assur, et surtout la fondation non loin de la capitale d'une nouvelle ville à son nom, Kar-Tukulti-Ninurta, c'est-à-dire « Port Tukulti-Ninurta »[4].

Les victoires assyriennes n'assurent pas la paix au royaume, et au contraire tout semble indiquer que les troubles s'aggravent avec le temps. Dans la région du Khabur, la documentation administrative de l'époque indique qu'une menace pèse sur plusieurs centres administratifs assyriens, peut-être des attaques de groupes nomades. Surtout la situation de la Babylonie est particulièrement houleuse : selon ce qui peut être déduit de différentes sources, les Élamites y font une incursion, provoquant un changement de règne, et il semblerait que cela motive une nouvelle campagne assyrienne qui résulte en l'installation d'un nouveau roi babylonien, Adad-shuma-iddina, à peine trois ans (et autant de rois babyloniens) après la précédente. Tukulti-Ninurta semble alors être retourné personnellement en Babylonie, cette fois dans un but pacifique, pour faire des offrandes aux dieux babyloniens. La situation de cette région ne s'apaise pas, et une nouvelle campagne assyrienne y est menée, se soldant cette fois-ci par la prise de Babylone et la capture de la statue de son dieu Marduk, emportée en Assyrie[5].

Les Assyriens s'avèrent cependant incapables de consolider leur triomphe sur la Babylonie, qui est sans doute au-delà de leur capacité militaire. Celle-ci retrouve son indépendance avec Adad-shuma-usur, qui se présente comme un fils de Kashtiliash IV. Cette fois-ci l'Assyrie n'est plus en mesure de reprendre la région[6].

Ce revers provoque peut-être une perte de confiance en l'autorité de Tukulti-Ninurta. En tout cas celui-ci est assassiné quelques années plus tard, après 37 années de règne. La Chronique P indique que l'acte a été commis dans son palais de Kar-Tukulti-Ninurta, et que le coupable est son fils Assur-nadin-apli, appuyé par des hauts dignitaires assyriens[7].

Réalisations

Parmi ses activités de bâtisseur figure la construction d'une nouvelle capitale, Kar-Tukulti-Ninurta, située sur le Tigre en face d'Assur, approvisionnée en eau par un canal. Il y élève un temple à Assur et s'y fait construire un palais.

La civilisation assyrienne de cette période est connue par des écrits très importants, comme le recueil des Lois assyriennes, conservé sur plusieurs tablettes. L'une d'elles est en particulier consacrée au statut des femmes et de leurs biens. On possède également une compilation de décrets royaux qui nous donne une idée très précise de la vie à la cour et du harem royal. On y trouve aussi décrit le rituel du couronnement qui définit le Dieu Assur comme le véritable Roi, le souverain étant chargé sur terre de le servir, d'agrandir et d'enrichir le royaume. Dans cet empire la langue assyrienne remplace les dialectes hourrites.

Références

Bibliographie

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