Tunnel Jenner
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le tunnel Jenner est un tunnel routier à double tube de 684 mètres, situé en centre-ville du Havre dans le prolongement du Cours de la République. Il relie la ville basse (centre-ville) et la ville haute.
| Tunnel Jenner | ||
Le tunnel en 2010. | ||
| Type | Tunnel routier et tramway | |
|---|---|---|
| Géographie | ||
| Pays | ||
| Coordonnées | 49° 30′ 20″ nord, 0° 08′ 03″ est | |
| Exploitation | ||
| Exploitant | Le Havre Seine Métropole | |
| Mode de transport | Voitures, tramway | |
| Trafic | 10 000 véhicules/jour | |
| Caractéristiques techniques | ||
| Gabarit | 2,70 m | |
| Diamètre | 9,15 m (routier) | |
| Longueur du tunnel | 684 m (routier) 575 m (tramway) |
|
| Nombre de tubes | 3 (2 routiers et un pour le tramway) | |
| Nombre de voies par tube | 1 (voiture) 1 de secours 1 bance cyclable 2 (tube tramway) |
|
| Construction | ||
| Début des travaux | 1941 | |
| Fin des travaux | 1956 | |
| Ouverture à la circulation | (piétons et vélos) (voitures) (tramway) |
|
| Géolocalisation sur la carte : Le Havre
| ||
| modifier |
||
Il est constitué de deux tubes de 684 mètres de long complétés depuis 2012 par un 3e tube destiné au tramway long de 575 mètres.
Toponymie
Le tunnel porte le nom d'Edward Jenner, médecin britannique inventeur du vaccin contre la variole par usage de la population et non de façon officielle[1].
Initialement, il était dénommé tunnel routier de la Côte ou tunnel routier de la Côte Sainte-Marie et débouchait sur la rue Jenner, tracée dans les années 1930 puis transformée en place Jenner ; c'est cette situation qui conduit la population à nommer le tunnel par ce nom[1]. En 1999, une rue nouvellement tracée non loin de là a repris l'appellation Rue Jenner[1].
Histoire
En 1912, l'idée de relier la ville haute à la ville basse est évoquée pour la première fois, la dénivellation rend toutefois le projet compliqué[2]. Le seul tunnel existant alors est celui du tramway funiculaire de la Côte Sainte-Marie ouvert en 1895 et définitivement arrêté après les bombardements de 1944. En 1922, l'Escalier mécanique du Havre voit le jour (il fermera en 1984).
L'idée de relier les villes basse et haute par un tunnel remonte à 1933 lorsque le maire Léon Meyer présente le projet situé dans l'alignement du cours de la République[3]. L'idée est notamment d'accompagner le développement de la ville haute et de doter la ville de nouveaux axes routiers pour y accéder[4].
Le projet est approuvé par l'État en 1938, un an avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, empêchant l'ouvrage d'être déclaré d'utilité publique[4].
En 1940 et 1941, les bombardements (allemands puis anglais) poussent le conseil municipal à lancer le creusement de la galerie est (longue de 620 mètres) pour l'aménager en abri antiaérien ce que le préfet valide le , avec le tracé d'origine du projet d'avant-guerre[4]. La galerie est est creusée durant l'année 1942 et est achevée en , avant que les allemands en réquisitionne l'entrée sud cinq de la galerie ouest, inachevée, mois plus tard[4].
Le , d'importants bombardements frappent la cité portuaire et les habitants des quartiers de la ville haute affluent sur l'abri qui se retrouve saturé et forcent l'entrée nord de la galerie ouest ; à 19 heures une bombe explose à proximité de l'entrée et provoque l'effondrement de la voute tandis que 325 personnes se retrouvent emmurées et meurent majoritairement d'asphyxie[4]. Il n'y a que six survivants[4].
Après la libération de la ville, la poursuite du chantier est décidée le en tant qu'abri anti-aérien[4]. Le , le maire écrit au préfet pour demander à l'État de poursuivre le chantier car la ville ne pouvait en assurer le financement tandis que le besoin de relier la ville haute, où de nombreux sinistrés ont été relogés et en vue de la reconstruction du centre avec une moindre densité, rend le tunnel indispensable[5].
Une galerie était achevée à la libération, tandis qu'il manquait 15 mètres à l'autre[2].
Le tunnel est déclaré d'utilité publique le et les plans sont présentés en 1950 ; les abords des entrées sont aménagés en 1955 et l'ouvrage est ouvert aux piétons et aux cyclistes le puis aux voitures le [2],[5]. Toutefois l'entrée sud bute sur d'étroites rues le séparant du cours de la République et il faudra près d'une décennie d'expropriations et de démolitions d'immeubles pour acever le raccordement routier[6].
Une stèle commémorative est posée à l'entrée du tunnel depuis le [5].
Des plaques de béton fissurées sont changées en 1980 puis entre 1993 et 1994, le tunnel voit sa première rénovation d'envergure durant 15 mois avec une réouverture le [2]. Les habillages intérieurs, les chaussées et les différents équipements de sécurité ont ainsi été rénovés[2].
Le tunnel fait l'objet d'une restauration en 1994. En 2010 les travaux du nouveau tramway du Havre débutent ; en une 3e galerie de 575 mètres de long à l'est des deux autres est percée en 11 mois[7] et le réseau est mis en service le .
Le tunnel a été percé à la fraiseuse à raison de 400 mètres depuis le sud et 135 mètres depuis le nord[8].
Une profonde rénovation, dont une mise aux normes anti-incendie, est effectuée pendant toute l'année 2018. Après une année de travaux, le tunnel fermé le [9] rouvre à la circulation automobile et cyclable le vendredi [10]. Les voies de circulation sont réorganisées : une voie réservée aux véhicules de secours sépare désormais les vélos et les voitures dans chaque tube[10]. Les piétons sont désormais interdits dans le tunnel, en application des normes d'évacuation suite à l'incendie du tunnel du Mont-Blanc et doivent emprunter un itinéraire alternatif ou le tramway entre les stations Jenner et Rond-point[10]. Les poids lourds et plus largement tous les véhicules de plus de 2,7 mètres (contre 3,50 jusqu'en 2016) de haut sont également interdits[10],[11].
Si un ticket spécifique à 50 centimes d'euros est d'abord mis en place pour emprunter le tramway entre les deux stations encadrant le tunnel, il est remplacé par un titre gratuit à obtenir à l'agence commerciale du réseau le [12]. Une pétition signée par plus de 300 personnes demande la réouverture du tunnel aux piétons[12].
Caractéristiques

Le tunnel initial est constitué de deux tubes de 584,26 mètres de long et 9,75 mètres de large, espacés de 16 mètres présentant une pente de 3,8 %, complétés à chaque extrémité par des voutes translucides (via des panneaux de verre) de 50,30 mètres chacun, soit une longueur totale des galeries de 684,26 mètres[2].
Initialement configuré avec deux voies de circulation par sens, une bande cyclable latérale et un trottoir[11], chaque tube dispose depuis 2018 d'une bande cyclable côté gauche, d'une voie de secours centrale et d'une unique voie de circulation à droite[10].
Il est à 40 mètres sous terre au point le plus profond[2]. Depuis 2018 et son interdiction aux piétons, des caméras permettent de surveiller toute intrusion en tunnel, qui ferme à la circulation dans ce cas, bien que la réglementation ait été assouplie en pour limiter ces fermetures[10],[12].
Propriété initiale de la ville du Havre, il est transféré en 2019 à la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole[13].
Son trafic routier a significativement diminué depuis la mise en service du tramway, passant de 20 000 à 10 000 véhicules par jour[9].
Le tunnel dédié au tramway est situé à l'est de l'ouvrage initial et est plus court avec 535 mètres de long, prolongée par une tranchée couverte de 40 mètres côté nord, soit une longueur totale de 575 mètres[14].