Turbidite

From Wikipedia, the free encyclopedia

Complexe turbiditique à l'embouchure d'un canyon sous-marin.
Turbidite dans un flysch miocène du sud de l'Italie (Gorgoglione)

Le terme de turbidite désigne à la fois une unité géologique structurée composée de roches sédimentaires mises en place à la suite d'un écoulement de sédiments le long d'une pente sous-marine ou sous-lacustre, ainsi que les roches qui composent cette unité. L'écoulement, gravitaire, forme un courant de turbidité, ce jusqu'à ce qu'il perde son énergie cinétique. Une sédimentation s'ensuit qui permet le dépôt des particules solides, fines ou grossières, entrainées par l'eau. Une fois consolidés, ces matériaux, souvent d'origine détritique, devenus roche sédimentaire, gardent des stigmates fossiles des phénomènes qui engendrent et accompagnent cette mise en place singulière. L'empilement de turbidites est fréquent, par récurrence des phénomènes qui les engendrent ; c'est le cas notamment des séquences répétitives caractéristiques des flyschs.

Sur le plateau continental

Schéma d'une marge océanique passive.

Le modèle le plus fréquemment reconstitué à partir d'observations de terrain, se situe dans le contexte d'une marge océanique passive. La morphologie générale de cette marge présente très généralement trois zones, qui sont, depuis la zone côtière vers le grand large, le plateau continental, le talus continental et les plaines abyssales.

Ces sédiments sont associés à une plate-forme continentale connaissant un intense apport de matériaux détritiques. Une cordillère active ferait très bien l'affaire si elle pouvait admettre la présence d'une plate-forme continentale[évasif]. La charge détritique dépasse fréquemment[Quand ?] le maximum possible[Quoi ?]. À l'occasion d'une tempête, d'un tremblement de terre ou autre phénomène perturbateur de l'équilibre instable de la pile sédimentaire, ces sédiments non consolidés se mélangent à de l'eau de mer et donnent un liquide plus dense qui commence à s'écouler sur la pente. Mécanisme alternatif, la couche de sédiments, non cohésive, est mise en mouvement (glissement) sur a pente (faible), ce qui provoque un mélange avec l'eau de mer, et de la même façon, le mécanisme éventuellement s'emballe : un courant gravitaire se met en place.

Sur le talus continental

Le mélange forme une masse fluide d'une densité très supérieure à celle de l'eau environnante. Il se met en mouvement et peut atteindre des dizaines de kilomètres à l'heure. Cette masse érode le fond de la mer et se charge de tous les sédiments non consolidés possibles. L'interface entre le courant de turbidité et le fond de la mer est une zone de forte traction. Des galets décimétriques peuvent être entraînés par une telle masse d'eau.

Généralement, ces courants turbiditiques sont canalisés par des canyons sous-marins ou des failles coupant le talus.

Dans la plaine abyssale

Arrivant au fond du talus, ces courants ne rencontrent plus le moindre relief. Comme ils sont constitués d'une masse de fluide plus dense, ils vont se répandre dans toutes les directions possibles et former un lobe sous-marin de sédiments détritiques.

Lorsque plusieurs lobes sont formés, le courant turbiditique ne peut que traverser du matériel non consolidé à très grande vitesse et donc à un moment où il est très érosif. Il va creuser des chenaux dans les lobes sous marins précédents.

Ces roches sont le produit d'un écoulement de sédiments détritiques du haut vers le bas d'un talus continental sous-marin.

Séquence de Bouma

Éléments d'un complexe turbiditique

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI