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Télégramme de Panizzardi

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Le télégramme de Panizzardi est un télégramme envoyé au début de l'affaire Dreyfus, en , par le lieutenant-colonel Alessandro Panizzardi, alors attaché militaire de l'ambassade d'Italie à Paris. C'est une demande codée, déchiffrée par l'équipe du chiffre du Quai d'Orsay.

Panizzardi a indiqué à ses chefs (par une lettre dans la malle diplomatique) le qu'il ne connaissait pas du tout Alfred Dreyfus, puis, s'avisant qu'il pouvait avoir été court-circuité[Quoi ?], demande des instructions le lendemain. Ce dernier message, intercepté et décodé, ajoute au faisceau d'indices que l'accusé Dreyfus est innocent. La hiérarchie de l'armée française maintient son accusation.

Ce télégramme fut au centre d'un incident lors du procès de . Au lieu du vrai télégramme, qui innocentait complètement Dreyfus, le dossier militaire secret communiqué à la Cour de cassation contenait une fausse version, élaborée « de mémoire » en par le lieutenant-colonel Hubert Henry.

Au cours de son témoignage, le major Louis Cuignet a tenté de justifier cette version fausse et a accusé le ministère des Affaires étrangères de mauvaise foi. Une correspondance quelque peu animée a eu lieu entre les deux ministères à ce sujet. Le délégué du ministère des Affaires étrangères, Maurice Paléologue, n'a eu aucun mal à confondre son adversaire et, le , Cuignet et le général Jules Chanoine, au nom du ministère de la Guerre, ont signé une déclaration reconnaissant la justesse de l'interprétation officielle.

Cet incident a eu un écho parlementaire. Le , Charles de Freycinet a présenté sa démission du ministère de la Guerre de manière assez abrupte. Il a été remplacé par Camille Krantz, jusque-là ministre des Travaux publics.

Malgré de forts préjugés de la part de nombreux conseillers chargés de l'examen de l'affaire, l'enquête de la cour unie a confirmé de manière frappante les résultats de l'enquête de la Chambre criminelle. Le président de la Chambre civile, Alexis Ballot-Beaupré, a été chargé de rédiger un rapport, qu'il a lu en audience publique le . Visiblement affecté, il a déclaré que le bordereau était l'œuvre d'Esterhazy : ce fait étant prouvé, même s'il ne permettait pas de renverser[Quoi ?] l'acquittement d'Esterhazy, était suffisant pour démontrer l'innocence de Dreyfus. C'était, selon Ballot-Beaupré, le « fait nouveau » exigé par la loi pour une révision. Jean-Pierre Manau, le procureur général, dans son allocution devant la cour, a avancé un second « fait nouveau » — la falsification par Henry. Après un plaidoyer magistral de Mornard, au nom de la famille Dreyfus, la Cour de cassation s'est retirée pour délibérer.

Dans sa décision, rendue le , elle a écarté la « fin de non recevoir » inférée soit du dossier secret, soit des prétendues confessions de Dreyfus, jugées non prouvées et improbables. Elle a retenu deux « faits nouveaux » : l'un, reconnu par tous, la nouvelle attribution du bordereau ; l'autre, la communication secrète faite aux premiers juges de Dreyfus, du document contenant l'expression « cette canaille de D... », désormais considéré par tous comme inapplicable à Dreyfus. En conséquence, la Cour de cassation a annulé la sentence de et ordonné que Dreyfus soit rejugé devant un tribunal militaire, à Rennes.

La veille de cet arrêt mémorable, Esterhazy a déclaré à un journaliste du journal Le Matin qu'il était bien l'auteur du bordereau. Il a affirmé qu'il l'a écrit « sur ordre », pour fournir à son ami, le colonel Jean Sandherr (dont il prétendait avoir été l'agent secret), une preuve matérielle contre le traître Dreyfus.

Voir aussi

Bibliographie

  • (it) Pierre Milza, « L'affaire Dreyfus nelle relazioni franco-italiane », dans Pierre Milza (dir.), Dreyfus : L'affaire e la Parigi fin de siècle nelle carte di un diplomatico italiano (exposition pour le centenaire de l'affaire Dreyfus tenue à Rome du au puis à Forlì du au ), Rome, Edizioni Lavoro, , 429 p. (ISBN 88-7910-636-8), p. 23–36.

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