Téti (fils de Minhotep)
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Téti, fils de Minhotep, est un fonctionnaire égyptien à Coptos sous le règne du roi Noubkheperrê Antef de la XVIIe dynastie. Sa seule mention claire figure dans le décret de Coptos, qui le démet de ses fonctions et le prive de son traitement pour un acte de sacrilège. La nature exacte de ce crime est sujette à débat, notamment en raison du langage idiomatique et euphémistique employé dans le texte. Certains l'ont identifié comme étant le même Téti qui s'opposa au roi Ouadjkheperrê Kames, ce qui indiquerait que les rois entre Noubkheperrê Antef et Ouadjkheperrê Kames ont eu des règnes très courts, mais cette identification reste problématique.
| Téti, fils de Minhotep | ||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||
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| Transcription | Ttj | |||
| Période | Deuxième Période intermédiaire | |||
| Dynastie | XVIIe dynastie | |||
| Famille | ||||
| Père | Minhotep | |||
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Rang
La position de Téti à Coptos a été diversement définie : tantôt comme haty-â, tantôt comme simple fonctionnaire du temple. James Henry Breasted a soutenu que le décret de Coptos devait être interprété comme ordonnant la destitution d'un gouverneur et la nomination de son remplaçant[1]. Katja Goebs avance par ailleurs que Téti n'a probablement jamais été haty-â, car les titres dont le décret de Coptos l'a dépouillé étaient des fonctions purement ecclésiastiques[2].
Crime
L'inscription, qui mentionnent plusieurs témoins dont le gouverneur Minemhat, décrit le crime ainsi :
« L'ennemi fut dérobé par – que son nom soit maudit – Téti, fils de Minhotep... Son nom ne sera plus mentionné dans ce temple, comme il est réservé à celui qui lui ressemble, hostile aux ennemis de son dieu[3]. »
On a longtemps supposé que Téti avait commis une forme de révolte[1]. Harry Hall a soutenu qu'une mention d'« ennemis » indiquait que Téti avait invité une délégation hyksôs dans le temple[4]. Cependant, une étude de Georges Posener a conduit à une réévaluation de cette hypothèse. Posener a démontré que le mot égyptien désignant les ennemis, kheftiou, pouvait être utilisé comme euphémisme pour éviter d'aborder des sujets tabous[5]. Ainsi, lorsque le texte dit « l'ennemi a été volé », Posener a estimé qu'il s'agissait du vol du dieu, de l'idole du temple[6]. Partant de ce constat, des exégètes de la Bible hébraïque ont avancé l'hypothèse qu'une construction similaire se retrouve dans le Deuxième Livre de Samuel, expliquant ainsi pourquoi le texte dit : « Tu as méprisé les ennemis de l'Éternel », alors que l'offense est clairement dirigée contre Yahvé[7].
Bien qu'un tel usage puisse être établi dans des textes plus tardifs, Katja Goebs a démontré dans un article de 2003 qu'il est impossible de punir le vol de l'idole du temple par la simple déchéance des titres du coupable. Le châtiment habituel pour un tel sacrilège était la mort par le feu[8]. Goebs a plutôt soutenu que le terme « ennemi » désigne également un sacrifice, car dans le rituel égyptien, l'animal immolé symbolise Seth, l'ennemi du dieu pharaonique Horus, dont la mort lui est imputée. Téti aurait donc volé une partie du troupeau pour fournir des animaux sacrificiels, un crime plus cohérent avec ce qu'il a reçu[9].
Synchronisme chronologique
Claude Vandersleyen a identifié un rebelle, nommé Téti, fils de Pépi, du règne du roi Ouadjkheperrê Kames, comme étant la même personne que Téti, fils de Minhotep, en arguant que Pépi est un diminutif de Minhotep. Si ces deux individus étaient une seule et même personne, les règnes de Noubkheperrê Antef et d'Ouadjkheperrê Kames ne pourraient être séparés par un intervalle de temps trop long. Cependant, Wolfgang Helck a avancé que la fréquence de ces noms s'explique plutôt par l'existence d'une famille importante de la région de Coptos, liée à la VIe dynastie, puisque Téti et Pépi étaient les noms de rois importants de cette dynastie[10].