Décrets de Coptos

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Fragment du décret d, publié par Pépi II, maintenant au Metropolitan Museum of Art

Les décrets de Coptos sont dix-huit décrets royaux égyptiens anciens complets ou fragmentaires allant de la VIe (2345-2180 av. J.-C.) à la fin de la VIIIe dynastie (vers 2170 av. J.-C.). Les décrets sont numérotés avec des lettres de l'alphabet latin, commençant par le décret de Coptos a et se terminant par le décret de Coptos r. Les premiers de la série ont été émis par Pépi Ier Méryrê et Pépi II Néferkarê pour favoriser le clergé du temple de Min[note 1], tandis que les autres sont datables du règne de divers rois de la fin de la VIIIe dynastie, et concernent diverses faveurs accordées à un important fonctionnaire de Coptos nommé Shemay et aux membres de sa famille[1],[2]. Les décrets reflètent le déclin du pouvoir du roi au début de la Première Période intermédiaire[3].

Les décrets de Coptos ne doivent pas être confondus avec le décret de Coptos (en) de Noubkheperrê Antef, un document unique datant de la XVIIe dynastie beaucoup plus tardif.

Décret e de Pépi II - Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Dix des décrets ont été découverts lors des fouilles de 1910-1911 du temple de Min à Coptos par Adolphe Reinach et Raymond Weill, travaillant pour la Société française des fouilles archéologiques[4]. Les décrets avaient été soigneusement rangés sous les ruines d'une structure romaine en brique crue[3]. Les décrets restants proviennent soit des mêmes fouilles, soit d'opérations illégales de la population locale qui ont été vendues à Louxor en 1914 au Metropolitan Museum of Art.

Les décrets sont inscrits sur des dalles de calcaire de sept à vingt centimètres d'épaisseur, un à deux mètres de long et 50–180 cm de haut, qui étaient destinés à être placés dans le mur en brique crue d'une passerelle ou d'un vestibule à l'intérieur du temple de Min[3]. Au fil du temps, l'espace disponible sur les murs du temple a diminué et les décrets de Coptos ont été démontés et rangés pour faire place à de nouveaux décrets, ce qui explique leur emplacement de découverte[3].

Implications politiques

Fragments des décrets de Coptos p et q datant du règne de Néferkaouhor, fin de la VIIIe dynastie.

Déclin de l'Ancien Empire

Les décrets sont symptomatiques des pouvoirs détenus par les nomarques à la toute fin de l'Ancien Empire et au début de la Première Période intermédiaire. Les décrets g à r sont adressés à Shemay, son fils Idy et l'un des frères d'Idy. Shemay, déjà nomarque de Coptos, est promu d'abord « directeur du Sud » puis vizir de Haute-Égypte, tandis que son fils Idy prend sa place après lui dans ces différentes fonctions[3],[2].

Alan Henderson Gardiner et William Christopher Hayes trouvent le décret r particulièrement remarquable car, s'il est émis par le roi, le décret concerne uniquement le bien-être et les propriétés du vizir Idy[3]. Pour Hayes, cela reflète le fait qu'à la fin de la VIIIe dynastie, le pouvoir royal avait tellement diminué qu'il devait sa survie à de puissants nomarques, auxquels il ne pouvait conférer que des titres et des honneurs[3]. Le nomarque de Coptos aurait été particulièrement choyé par les souverains memphites qui étaient menacés par les nomarques de Moyenne-Égypte, notamment ceux d'Héracléopolis Magna, qui allaient bientôt les renverser et fonder la IXe dynastie[3].

Dynastie de Coptos

La découverte des décrets a d'abord été utilisée par Kurt Sethe pour étayer l'hypothèse de l'existence d'une « dynastie de Coptos », une lignée locale de souverains plus ou moins indépendants durant la Première Période intermédiaire, à identifier avec les émetteurs des décrets postérieure à la VIe dynastie[5]. Cette hypothèse est aujourd'hui considérée comme invraisemblable comme l'ont montré Hayes et d'autres, en particulier il est hautement improbable qu'un roi régnant depuis Coptos nomme un vizir sur la même zone[6],[7].

Liste complète

Notes et références

Bibliographie

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