Uloboridae
famille d'araignées
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Les Uloboridae sont une famille d'araignées aranéomorphes[1] non-venimeuses, comptant environ 300 espèces de petites araignées mesurant généralement entre 3 et 10 mm. Cryptiques, elles adoptent fréquemment une posture rappelant une brindille et se fondent dans la végétation.
Distribution

Les espèces de cette famille se rencontrent sur presque toutes les terres émergées sauf dans les zones polaires[1].
Description


Ce sont des araignées cribellates non-venimeuse. Elles sont hautement cryptiques : leurs pattes sont allongées et serrées les unes contre les autres, la couleur se confond avec des feuilles mortes, et elles peuvent s'immobiliser pendant des journées entières.
La toile peut être complète (chez Uloborus par exemple) ou segmentées (Hyptiotes), horizontale ou peu inclinée.
Toiles
Les Uloboridae construisent des toiles en soie cribellée, une soie composée de de fibrilles extrêmement fines (1/5000 de l’épaisseur d’un cheveu humain), produites par une structure spécialisée appelée cribellum. Contrairement à la soie collante des autres araignées orbiculaires, cette soie n’utilise pas de gouttelettes adhésives : les innombrables fibrilles s’accrochent efficacement aux irrégularités de la cuticule des proies[2].
La plupart des Uloboridae construisent de petites toiles orbiculaires, mesurant entre 5 et 20 cm de diamètre. Chez certaines espèces du genre Philoponella, plusieurs individus peuvent édifier des réseaux communautaires formant de vastes barrières capables d’intercepter les insectes volants[3].

Le genre Hyptiotes présente une stratégie de chasse particulière. Sa toile triangulaire est maintenue sous tension par un fil que l’araignée retient avec ses griffes tarsales. L’animal se tient entre la toile et le point d’ancrage, formant un « pont vivant »[3]. Lorsqu’une proie touche la toile, l’araignée relâche brusquement la tension en laissant filer le fil de retenue derrière elle, ce qui assouplit simultanément la toile, piégeant ainsi la proie[2].

Chez les espèces du genre Miagrammopes, la toile est fortement réduite et peut se limiter à une ou deux lignes de capture servant de piège pour les insectes de passage[3].
Chez de nombreux Uloboridae, en particulier dans le genre Uloborus, un stabilimentum, (bande de soie plus dense visible au centre de la toile) est également présent[4].
Prédation
Une fois la proie prise dans la toile, l'araignée l’emmaillote dans une grande quantité de soie cribellée, pouvant représenter plusieurs centaines de mètres de fil. Cette opération est relativement longue comparé aux autres araignées orbitèles[3].
L’araignée manipule ensuite l’amas de soie successivement avec ses pattes, ses pédipalpes puis ses chélicères. Puis elle maintient ses pattes antérieures écartées tout en faisant tourner l'amas afin de l’imbiber de sucs digestifs. Sous l’effet de ces enzymes, la soie devient progressivement translucide et les zones les plus fines de la cuticule se liquéfient[3].
Les Uloboridae évitent d’adhérer à leur propre soie cribellée en manipulant leur proie avec les griffes tarsales et les soies épaisses sur leurs pédipalpes[3].
Paléontologie
Cette famille est connue depuis le Jurassique[5].
Liste des genres
Selon World Spider Catalog (version 26, 24/05/2025)[1] :
- Anatoborus Milledge, 2025
- Ariston O. Pickard-Cambridge, 1896
- Astavakra Lehtinen, 1967
- Conifaber Opell, 1982
- Daramulunia Lehtinen, 1967
- Hyptiotes Walckenaer, 1837
- Lehtineniana Sherwood, 2022
- Lubinella Opell, 1984
- Miagrammopes O. Pickard-Cambridge, 1870
- Octonoba Opell, 1979
- Orinomana Strand, 1934
- Philoponella Mello-Leitão, 1917
- Polenecia Lehtinen, 1967
- Purumitra Lehtinen, 1967
- Siratoba Opell, 1979
- Sybota Simon, 1892
- Uaitemuri Santos & Gonzaga, 2017
- Uloborus Latreille, 1806
- Waitkera Opell, 1979
- Zosis Walckenaer, 1841
Selon World Spider Catalog (version 23.5, 2023)[5] :
- † Bicalamistrum Wunderlich, 2015
- † Boavista Wunderlich, 2021
- † Burmasuccinus Wunderlich, 2018
- † Burmuloborus Wunderlich, 2008
- † Eomiagrammopes Wunderlich, 2004
- † Hyptiomopes Wunderlich, 2004
- † Jerseyuloborus Wunderlich, 2011
- † Kachin Wunderlich, 2017
- † Microuloborus Wunderlich, 2015
- † Ocululoborus Wunderlich, 2012
- † Opellianus Wunderlich, 2004
- † Palaeouloborus Selden, 1990
- † Paramiagrammopes Wunderlich, 2008
- † Planibulbus Wunderlich, 2018
- † Propterkachin Wunderlich, 2017
- † Pseudokachin Wunderlich, 2021
- † Spiniuloborus Wunderlich, 2021
- † Talbragaraneus Selden & Beattie, 2013
- † Ulobomopes Wunderlich, 2004
Systématique et taxinomie
Publication originale
- Thorell, 1869 : « On European spiders. Part I. Review of the European genera of spiders, preceded by some observations on zoological nomenclature. » Nova Acta regiae Societatis Scientiarum upsaliensis, sér. 3, vol. 7, p. 1-108 (texte intégral).
Liens externes
- (en) Myers, P. et al., Animal Diversity Web : Uloboridae, 2025 (consulté le )
- (en) BioLib : Uloboridae Thorell, 1869 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Uloboridae Thorell, 1869 (consulté le )
- (fr + en) EOL : Uloboridae (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Uloboridae (consulté le )
- (fr) INPN : Uloboridae Thorell, 1869 (TAXREF) (consulté le )
- (en) IRMNG : Uloboridae (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Uloboridae Thorell, 1869 (consulté le )
- (en) NCBI : Uloboridae (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Uloboridae (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Uloboridae Thorell, 1869 (consulté le )
- (en) WoRMS : espèce Uloboridae Thorell, 1869 (consulté le )
- (en) World Spider Catalog : Uloboridae Thorell, 186 +base de données (consulté le )