Ulysse Chevalier
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Cyr Joseph Ulysse Chevalier, né à Rambouillet le et mort le , est un prêtre catholique, bibliographe et historien français, spécialiste du Moyen Âge, connu notamment pour son Répertoire des sources historiques du Moyen Âge, ses études sur le suaire de Turin et la Sainte Maison de Lorette.

Ulysse Chevalier est le fils du médecin militaire et historiographe de la ville de Romans Jean André Ulysse Chevalier (Romans, 1804 - Romans, 1893) et de Marie Sophie Roux ; il est le cousin de l'érudit Jules Chevalier (Romans, 1845 - Romans, 1922). Il a été ordonné prêtre en 1866 mais n'a exercé son sacerdoce que par intermittence et a choisi de faire de la recherche de documents. Il a été quelque temps professeur au Grand séminaire, puis à la faculté catholique de Lyon. Il a été protégé par Paul Émile Giraud, recommandé en 1866 à Léopold Delisle.
Il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire du Dauphiné, par exemple le Regeste Dauphinois[1],[2] et les cartulaires de l'église et de la ville de Die (1868), de l'abbaye de Saint-André-le-Bas à Vienne (1869), de l'abbaye de Notre-Dame à Bonnevaux dans le diocèse de Vienne (1889), de l'abbaye de Saint-Chaffre au Monastier (1884), les inventaires et plusieurs fonds d'archives du Viennais, et une Bibliothèque liturgique en six volumes (1893-1897), dont les troisième et quatrième volumes constituent le Repertorium hymnologicum et contiennent plus de 20 000 articles.
Il est élu le à l'académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, avec pour titre académique Agrégé[3]. Il entre en 1890 à l'académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon[4].
Son œuvre majeure est le Répertoire des sources historiques du Moyen Âge. La première partie, Bio-Bibliographie (1875-1886), contient le nom de tous les personnages historiques mentionnés dans les livres imprimés et ayant vécu entre l'année 1 et l'année 1500, avec des références précises. La seconde partie, Topo-Bibliographie (1894-1903), contient non seulement les noms de lieux mentionnés dans les livres sur l'histoire du Moyen Âge, mais aussi, d'une manière générale, tout ce qui n'est pas inclus dans la Bio-Bibliographie.
Le Répertoire dans son ensemble représente une mine d'informations utiles : c'est l'un des plus importants monuments bibliographiques jamais consacrés à l'étude de l'histoire médiévale. Tout en étant prêtre catholique et professeur d'histoire à l'université catholique de Lyon, l'abbé (et plus tard chanoine) Chevalier adopta une attitude critique sur les questions religieuses. Il fut élu membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres en 1912.
Dans la controverse sur l'authenticité du suaire de Turin, Chevalier a retracé les premiers documents sur l'histoire de cette relique, affirmant qu'elle ne pouvait être antérieure au XIVe siècle[5]. Son travail a été attaqué par des tenants de l'authenticité comme Emmanuel Poulle, l'accusant d'avoir manipulé la documentation[6]. Andrea Nicolotti a utilisé la correspondance du chanoine, décrivant les conditions dans lesquelles il avait travaillé sur ce dossier et les réprimandes de la hiérarchie ecclésiastique que lui valut cette position[7]. Pour lui, les attaques des défenseurs de l'authenticité sont fantaisistes et les conclusions du chanoine, confirmées par datation du suaire de l'époque médiévale par le carbone 14, sont toujours d'actualité[8].
Dans Notre-Dame-de-Lorette, étude critique sur l'authenticité de la Santa Casa (1906), Ulysse Chevalier a dissipé à l'aide de documents authentiques la légende de ce sanctuaire.
Au décès du chanoine Joseph-Hyacinthe Albanès (1822-1897) qui avait consacré sa vie à réunir des documents sur l'histoire ecclésiastique de la France méridionale et publié en 1895 le tome premier de Gallia christiana novissima, il a reçu tous ses documents pour continuer cette publication[9].