Erica Wagner de The Guardian juge que le roman n'est pas à la hauteur de son potentiel : « C'est un roman captivant, plein de rebondissements inattendus qui font, de ce qui pourrait être un traité politique, un page-turner. Et c'est aussi honnête que son auteur peut le faire, ou du moins c'est ce que le lecteur doit croire ; mais c'est une honnêteté qui ne va pas plus loin[1]. »
Pour le New York Times, Ayana Mathis décrit : « Le kaléidoscope changeant des voix est à la fois éclairant et vertigineux. Oates parie peut-être que la multitude de perspectives nous aidera à voir autour de nos œillères et de nos préjugés sur l'Autre. La question est, qui est l'Autre, et selon qui ? À certains égards, le pari d'Oates est payant. » Pourtant, poursuit Mathis, « il y a beaucoup de suffisance dans tout cela, et pire, un paternalisme dangereux. L'Autre, en l'occurrence le travailleur blanc pauvre, avec toute sa religion et ses pathologies, a été sommairement rejeté comme une horde d'ignorants ayant besoin de conseils (libéraux). La longue tentative d'Oates de comprendre ces vies se transforme en une caricature déshumanisante[2].»
Ron Charles du Washington Post fait l'éloge du roman : « entrer dans ce chef-d'œuvre, c'est être captivé par le paradoxe de ce courage tragique et s'investir dans la recherche d'Oates d'un semblant d'expiation, laïque ou divine. Indépendamment de votre propre foi ou de votre politique, le vrai miracle ici est de savoir comment, même après 700 pages, nous pouvons encore courir, nous armer pour la toute dernière ligne, une ligne que nous désespérons d'atteindre - mais pas trop tôt[3].»
En France, Lola Lafon évoque pour Le Monde « un splendide roman où l’écrivaine brosse un portrait saisissant de ces Etats-Unis épuisés de rancœur » et coupe court aux critiques « C’est mal connaître Joyce Carol Oates que d’imaginer trouver dans Un livre de martyrs américains un face-à-face simpliste et douteux entre partisans du droit à l’avortement et anti[4]. »
Sur France Culture, François Angelier le qualifie quant à lui ainsi : « Une vue globale de l’Amérique qui passe par l’histoire de l’avortement [5].»