Un spectacle dans un fauteuil

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Un spectacle dans un fauteuil est un recueil d'œuvres poétiques et dramatiques écrites entre 1831 et 1832 par le poète romantique Alfred de Musset et publiées en par Renduel.

PaysDrapeau de la France France
GenreRecueil
ÉditeurRenduel
Faits en bref Auteur, Pays ...
Un spectacle dans un fauteuil
Image illustrative de l’article Un spectacle dans un fauteuil

Auteur Alfred de Musset
Pays Drapeau de la France France
Genre Recueil
Éditeur Renduel
Lieu de parution Paris
Date de parution 1832
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Historique

En 1830, Musset écrit La Nuit vénitienne, pièce en prose jouée pour la première fois le au théâtre de l'Odéon, à Paris[1]. La représentation est un échec cuisant, et la pièce est retirée après seulement deux représentations[2]. À la suite de cet échec, Musset écrit à Prosper Chalas « adieu à la ménagerie, et pour longtemps »[3].

Mais s'il renonce à la scène, Musset n'en garde pas moins le goût du théâtre. Il choisit dès lors de publier de nouvelles pièces dans la Revue des Deux Mondes, avant de les regrouper en volume sous le titre Un spectacle dans un fauteuil. Le recueil n'inclut au départ que La Coupe et les Lèvres et À quoi rêvent les jeunes filles, puis est complété par Namouna, que Musset n'écrit qu'après que l'éditeur Renduel a réclamé que le volume atteigne 300 pages[4]. La première livraison, datée de 1833, est publiée par Renduel à la fin du mois de .

La seconde livraison d'Un spectacle dans un fauteuil, publiée le en deux volumes, est augmentée de l'originale de Lorenzaccio, ainsi qu'André del Sarto, Les Caprices de Marianne, Fantasio, On ne badine pas avec l'amour et La Nuit vénitienne. En 1840, le recueil est inclus dans les Poésies complètes de Musset, publiées chez Charpentier[5].

Composition

En décembre 1832, la première livraison d'Un spectacle dans un fauteuil se compose de trois textes poétiques et dramatiques en vers : un poème dramatique, La Coupe et les Lèvres, une comédie de mœurs romantique, À quoi rêvent les jeunes filles, et un conte oriental, Namouna[6].

Le recueil est également ouvert par un avis "Au lecteur", qui éclaire l'intention de Musset quant à la réception de l'œuvre :

« Figure-toi, Lecteur, que ton mauvais génie
T'a fait prendre ce soir un billet d'Opéra.
Te voilà devenu parterre ou galerie,
Et tu ne sais pas trop ce qu'on te chantera. [...]

Mon livre, ami Lecteur, t'offre une chance égale.
Il te coûte à peu près ce que coûte une stalle ;
Ouvre-le sans colère, et lis-le d'un bon œil. »

Résumé

La Coupe et les Lèvres

La Coupe et les Lèvres est un poème dramatique en cinq actes et en vers, publié pour la première fois dans la Revue des Deux Mondes en 1831. Son titre reprend un proverbe déjà connu dans l'Antiquité, « Il y a loin de la coupe aux lèvres », qui souligne la distance entre un désir ou un projet et sa réalisation. La pièce illustre ainsi l’écart entre l’amour rêvé et l’échec de sa concrétisation, voire sa corruption.

Le drame s'ouvre sur une dédicace à Alfred Tattet, professeur au Collège de France et ami d'Alfred de Musset, suivie d'une invocation au Tyrol.

Illustration d'Eugène Lami pour l'acte I de La Coupe et les Lèvres.

L'intrigue met en scène Frank, un jeune homme désabusé et révolté, incarnation de la jeunesse romantique en proie au mal du siècle. Il brûle la maison de son père avant de partir en quête d'idéal. Sur sa route, il rencontre un couple à cheval, qui refuse de le laisser passer : il se bat avec le jeune homme et le tue, avant de partir avec sa compagne, la courtisane Monna Belcolore, auprès de laquelle il s'abandonne aux plaisirs de la chair et de la richesse. Devenu soldat célèbre, alors que sa déchéance morale s'oppose à sa gloire publique, Frank se déguise en moine et feint sa propre mort. Il est confronté à des témoignages devant le peuple et des moines et s'accuse lui-même. Dans le dernier acte, il retrouve Déidamia, jeune fille simple et fidèle, symbole de l'innocence qu'il a trahie. Mais Monna Belcolore, jalouse, tue Déidamia. Frank, survivant à la tragédie, reste seul face à sa faute et à la ruine de son idéal.

La pièce est représentée pour la première fois le 22 février 1849 à la Comédie-Française.

À quoi rêvent les jeunes filles

À quoi rêvent les jeunes filles est une comédie en deux actes et en vers, publiée pour la première fois dans la Revue des Deux Mondes en 1832. Elle raconte les aventures amoureuses de deux sœurs jumelles, Ninon et Ninette, filles de Laërte.

Dans l'acte I, un inconnu embrasse Ninette, tandis qu'une ballade d'amour attire Ninon. Elles reçoivent des billets mystérieux qui leur donnent rendez-vous au même endroit à la même heure, ce qui provoque confusion et quiproquos. Ceux-ci ont été écrits par Laërte, dans une stratégie visant à permettre à Silvio, venu pour épouser l'une des deux filles, de les séduire.

Dans l’acte II, les quiproquos se multiplient : Ninon et Ninette découvrent que le même homme est à l’origine de leurs billets, tandis que Silvio et Irus, un autre prétendant, se disputent et se cachent tour à tour. Les filles finissent par avouer qu’elles ne souhaitent plus épouser Silvio mais préfèrent Irus. Après quelques péripéties, Laërte décide du mariage : Ninon épouse Silvio et Ninette épouse Irus, résolvant les confusions amoureuses et offrant un dénouement heureux à la pièce..

À sa publication, la pièce est mal reçue par la critique : dans La France littéraire, Alfred Des Essarts écrit qu'il s'agit d'une « farce au gros sel, sans esprit d'observation »[7]. Des fragments de la pièce sont représentés pour la première fois le 29 novembre 1880 à la Comédie-Française, puis quelque deux cents fois supplémentaires au XXᵉ siècle[8].

Namouna

Namouna est un long poème narratif en trois chants en vers, publié pour la première fois en 1832. Son sous-titre, « conte oriental », ironise sur l'orientalisme à la mode à l'époque[9],[10], tandis que sa division en « chants » annonce un poème épique, parodié dans l'œuvre.

Le poème met en scène Hassan, un jeune dandy parisien vivant à l'orientale, entouré d’esclaves et de plaisirs sensuels. Le narrateur dresse son portrait dans le premier chant, qui compte 78 sizains, tandis que le second chant, composé de 55 sizains, est occupé par une longue digression illustrant le mythe de Don Juan. L'histoire de Namouna n'est racontée qu'au dernier chant : jeune esclave enlevée à Cadix, elle est achetée par Hassan et revendue après trois jours. Mais, s'étant éprise de son maître, elle transforme son apparence pour retrouver le marché des esclaves et être achetée à nouveau par Hassan, qui la garde alors auprès de lui.

Influences

Les œuvres d'Un spectacle dans un fauteuil s'inspirent de multiples auteurs, qui influencent leurs motifs et leur ton. La Coupe est les Lèvres est ainsi marquée par l'influence de Schiller, ou encore du Faust de Goethe[11]. Sainte-Beuve, quant à lui, distingue l'influence du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare dans À quoi rêvent les jeunes filles, ou encore celle de Byron dans les stances de Namouna. Il rapproche également le Don Juan de Namouna au modèle mozartien[12].

Réception

Le recueil paraît dans un contexte où la scène littéraire est encore marquée par la bataille d'Hernani (1830) et par les évolutions politiques et morales faisant suite aux Trois Glorieuses. La critique, désormais davantage habituée aux audaces romantiques, accueille donc sans éclat les provocations du Spectacle dans un fauteuil[11]. Seul Sainte-Beuve reconnaît l'importance de l'œuvre : « Le Spectacle dans un fauteuil, de de Musset, a de très belles et hautes parties (...) ; c'est l'œuvre d'un vrai et vigoureux poète. »[13]. Malgré cela, il y note tout de même « d'extrêmes incorrections faites à dessein et des sentiments parfois déplorables. »[13].

À l’inverse, certains critiques se montrent franchement hostiles, tel Alfred des Essarts, qui qualifie À quoi rêvent les jeunes filles de « farce au gros sel, sans esprit d'observation »[14].

Adaptations

Mises en scène

Bien que Un spectacle dans un fauteuil ne soit pas écrit pour la scène, ses pièces connaissent de nombreuses adaptations scéniques.

La Coupe et les Lèvres

À quoi rêvent les jeunes filles

Namouna

Opéra

Notes et références

Liens externes

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