Union bulgare des femmes progressistes
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L'Union bulgare des femmes progressistes est une organisation politique féministe fondée en Bulgarie en 1908. Elle est créée par des féministes bulgares, dont Anna Karima, Maria Dzhidrova et Sanda Iovcheva. Ces femmes sont initialement membres fondatrices de l'Union des femmes bulgares, mais leur insatisfaction vis-à-vis de cette dernière les amene à fonder l'Union des femmes progressistes. Cette union est un mouvement progressiste dont l'objectif est l'obtention du droit de vote pour les femmes bulgares.
En 1878, la Bulgarie se libère du joug Ottoman et devient un État indépendant doté d'une monarchie constitutionnelle. Dès le début de la construction de cet État-nation, les droits des femmes et leur éducation deviennent une préoccupation majeure[1]. Cet intérêt et les débats autour des droits des femmes mènent à la création de nombreux syndicats. Cependant, ce n'est qu'en 1901 qu'une coalition de 27 syndicats crée l'Union des femmes bulgares[2]. Cette dernière est rapidement la cible d'attaques de la part des femmes de la classe ouvrière, influencées par les idéaux socialistes introduits en Bulgarie par August Bebel et Clara Zetkin. Elles reprochent à l'Union de ne défendre que les intérêts des femmes bourgeoises, sans tenir compte du fait que les femmes ouvrières n'ont pas les mêmes conditions de vie que les femmes bourgeoises, même si elles obtiennent le droit de vote. Ce constat, ajouté au fait que toutes les femmes de l'Union des femmes bulgares ne militent pas activement pour le suffrage féminin, conduit à la création d'une organisation concurrente. En 1908, un autre groupe de femmes bulgares progressistes décide de former une organisation distincte, connue sous le nom d'Union Ravnopravie ou Union bulgare des femmes progressistes[3]. Plusieurs des fondatrices de l'Union bulgare des femmes progressistes, telles qu'Anna Karima, Maria Dzhidrova et Sanda Iovchena, sont également fondatrices de l'Union des femmes bulgares. L'Union bulgare des femmes progressistes suscite initialement une vive controverse, car l'un des facteurs ayant motivé sa création est le mécontentement général face à l'orientation que prenait l'Union des femmes bulgares[4].
Fondements idéologiques et objectifs
L'Union bulgare des femmes progressistes défend les droits des femmes et l'action politique directe. Historiquement, l'Union des femmes bulgares concentre ses efforts sur des actions caritatives et philanthropiques, avec peu de succès en matière de changements législatifs. Anna Karima et ses collègues dirigeantes insistent sur le fait qu'elles ne se séparent pas de l'Union des femmes bulgares . Elles cherchent plutôt à compléter et à renforcer les efforts de l'Union en se concentrant sur les droits des femmes et l'action politique[1]. L'Union bulgare des femmes progressistes est fondée sur les principes d'égalité des droits pour les femmes, de la liberté d'expression et de participation aux affaires publiques[1]. Anna Karima déclare que, selon la loi bulgare, les femmes sont « assimilées aux pires criminels, aux personnes handicapées mentales et aux mineures »[1]. En 1909, l'Union bulgare des femmes progressistes adresse une pétition au Parlement pour modifier la loi électorale et accorder le droit de vote à toutes les femmes[1]. À cette époque, la loi bulgare stipulait que tous les citoyens bulgares pouvaient voter. Cependant, la citoyenneté étant considérée, par tradition et coutume, comme masculine, cette tradition empêchait les femmes de voter. De ce fait, l'Union militait pour une émancipation culturelle et non juridique. Un objectif fondamental de l'Union est l'obtention du changement au sein de la société dans laquelle elle opère, plutôt que la création d'une société nouvelle. Ses membres insistent sur le fait que l'Union n'a aucune intention de détruire la famille. Au contraire, l'objectif de leur mouvement est de faciliter la coopération entre époux en instaurant l'égalité. L'égalité au sein du foyer constite la première étape vers l'égalité des droits pour tous.