Universitas (Italie méridionale)
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Les universitates (pluriel du latin universitas), connues aussi en italien comme università del Regno (universités du Royaume) ou simplement università, étaient les entités administratives de l'Italie méridionale, apparues sous la domination lombarde, puis inféodées par la conquête normande de l'Italie du Sud au XIe siècle. Elles contrastent avec les communes libres établies dans le Nord de l'Italie à partir du Moyen Âge.
Les universitas durèrent jusqu'au quand un décret de Joseph Bonaparte abolit le régime féodal du royaume de Naples[N 1],[1].

À l'arrivée des Lombards, de nombreuses communautés du Mezzogiorno conservèrent leurs us et coutumes, certains remontant à l'époque romaine. Aux XIe et XIIe siècle, les Normands donnèrent des terres en fief à des vassaux, les feudataires, en récompense pour leurs services, enlevant ainsi leur autonomie aux communautés, tout en en respectant souvent les usages en place. Frédéric II limita ensuite les privilèges des vassaux et reconnut un statut juridique aux communautés.
À la suite de la conquête des Angevins, le terme universitas remplaça celui de commune et Charles Ier d'Anjou ordonna la destruction des sceaux communaux. Sous les Angevins, le nombre et le pouvoir des vassaux augmenta, affaiblissant le pouvoir royal et influençant les élections des magistrats à la tête des universitates.
Les universitates, sur lesquelles pesaient de lourdes obligations, réagirent de différentes manières. Certaines cédèrent aux pressions féodales, d'autres demandèrent à être rattachées au domaine royal, ce qui entraîna de longues et coûteuses démarches inutiles auprès du Sacro regio consiglio (it) (conseil royal de Naples). D'autres encore s'efforcèrent de négocier avec les vassaux pour la création de statuts communaux qui définissaient les devoirs et droits de chaque partie et établissaient les normes en matière de droit civil, pénal, commercial et administratif des communes[2].
La tension entre vassaux et universitates fut particulièrement élevée à partir du règne d'Alphonse V d'Aragon quand celui-ci donna à ses barons le mero et mixto imperio (it), c'est-à-dire entière juridiction en matière civile et pénale.
Alphonse V leur accorda le même statut que celui des Quattro lettere arbitrali[3] de Robert Ier de Naples avaient octroyé aux représentants royaux. Ces lettres leur donnaient les prérogatives de commuter les peines, d'en imposer de plus lourdes que celles prévues par la loi, de juger d'office pour certains délits, de torturer le coupable sans limite de temps. En échange, les vassaux payaient au roi un relevio (it) (tribut), l'adoa (it) (aide financière militaire) et devaient lui rendre hommage[4].