Université nationale d'ingénierie
université publique péruvienne
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La Universidad Nacional de Ingeniería (UNI ; en français, Université nationale d’ingénierie) de Lima (Pérou) est un établissement polytechnique public d'enseignement supérieur péruvien spécialisé dans le domaine de l'ingénierie, des sciences et de l'architecture. Fondée en 1876 sous le nom de Escuela de Ingenieros Civiles y de Minas (en français, École d'ingénieurs civils et de mines) par l'ingénieur polonais Édouard Habich, elle est la première école d'ingénieurs du Pérou et a acquis le statut d'université en 1955. Elle est aujourd'hui considérée comme la principale institution péruvienne de formation des ingénieurs, des scientifiques et des architectes au Pérou.
| Fondation |
18 mars 1876 |
|---|
| Type |
Université publique |
|---|---|
| Nom officiel |
Universidad Nacional de Ingeniería (depuis 1955) |
| Fondateur |
Edouard Habich (en) |
| Recteur |
Arturo Fernando Talledo Coronado |
| Devise | |
| Site web |
| Étudiants |
13 131 (2019) |
|---|---|
| Enseignants |
1 339 |
| Pays | |
|---|---|
| Localisation |
Réputée pour la rigueur exceptionnelle de son concours d'admission, largement considéré comme le plus exigeant du Pérou et l'un des plus sélectifs d'Amérique latine en mathématiques et en sciences, elle accueille plus de 13 000 étudiants sur son campus principal situé dans le district du Rímac, à Lima. Son offre de formation se répartit entre onze facultés et comprend 31 formations de premier cycle, 57 programmes de master et dix programmes de doctorat.
Historique
Antécédents

Au milieu du XIXe siècle, le Pérou éprouvait un besoin croissant de former des ingénieurs nationaux capables de mener à bien les grands projets de développement du pays, tels que l'exploitation minière, la conception et la construction de lignes ferroviaires, le développement du réseau routier ou encore les ouvrages hydrauliques. À cette époque, il n'existait toutefois ni enseignement supérieur structuré en ingénierie ni corps d'ingénieurs péruviens suffisamment nombreux pour diriger ces travaux. Les autorités faisaient donc largement appel à des ingénieurs étrangers, tandis que les rares ingénieurs péruviens avaient été formés à l'étranger. Bien que plusieurs initiatives aient vu le jour, notamment l'École des mines de Huánuco fondée en 1828 par le scientifique péruvien Mariano Eduardo de Rivero y Ustáriz, elles ne connurent pas de véritable développement. En 1852, l'État péruvien chargea les ingénieurs français Charles Faraguet et Émile Chevalier, ainsi que l'ingénieur polonais Ernest Malinowski, de créer une école d'ingénieurs civils, projet qui ne fut finalement jamais mis en œuvre. En 1860, le règlement du Corps des ingéniers et architectes de l'État fut adopté. Cet organisme était chargé de superviser les travaux publics, de réglementer l'exercice des professions d'ingénieur et d'architecte, ainsi que d'en reconnaître l'exercice sur la base de l'expérience professionnelle. En 1872, sous la présidence de Manuel Pardo, le Corps des ingénieurs et architectes fut réformé afin de définir également les conditions et les procédures d'accès aux professions d'ingénieur et d'architecture.
Au cours des années suivantes, le projet de créer une école des mines prit forme. En 1875, le président Manuel Pardo envoya en Europe l'ingénieur polonais Édouard Habich, au service de l'État péruvien depuis 1869, afin d'y acquérir du matériel pédagogique, de recruter des professeurs et d'élaborer un programme d'études. Bien que cette école des mines ne voie jamais le jour, cette initiative conduisit à une réforme plus ambitieuse de l'enseignement public. La préparation de la première loi républicaine sur l'instruction publique fut alors enteprise. Édouard Habich participa à la rédaction du « Reglamento General de Instrucción pública » (en français, Règlement général de l'instruction publique), texte dans lequel fut prévue la création de l'École d'ingénieurs civils et de mines. Cette nouvelle institution avait pour mission de former les ingénieurs appelés à diriger les grands travaux du pays et de favoriser le développement industriel du Pérou.
Fondation et premières années

La promulgation du « Règlement général de l'instruction publique » le 18 mars 1876 constitue l'acte de naissance juridique de l'actuelle Université nationale d'ingénierie et marque le début de l'enseignement supérieur structuré de l'ingénierie au Pérou. La cérémonie officielle d'inauguration de l'École des ingénieurs eut lieu le 23 juillet 1876 à 15 heures dans les locaux de l'ancienne Université nationale principale de San Marcos, bien que les cours aient commencé dès le 11 juillet. À ses débuts, l'établissement comprenait deux sections d'ingénierie, consacrées respectivement aux constructions civiles et aux mines, et assurait également la formation de géomètres-experts. Il mit en outre en place un réseau d'écoles destinées à la formation des contremaîtres et chefs d'équipe des mines dans plusieurs centres miniers du pays.
Édouard Habich en fut le premier directeur et occupa cette fonction jusqu'à son décès en 1909. Le corps enseignant était composé de membres du Corps des ingénieurs et architectes de l'État — parmi lesquels les ingénieurs polonais Ksawery Wakulski, Władysław Folkierski, Władysław Kluger et Aleksander Babiński — ainsi que de professeurs de la faculté des sciences de l'Université nationale principale de San Marcos. Les candidats, qu'ils proviennent de l'enseignement secondaire ou de la faculté des sciences de San Marcos, devaient suivre une section préparatoire d'une durée d'un à deux ans avant d'intégrer un cycle de spécialisation de trois ans. En 1901, une section d'ingénierie industrielle fut créée afin de répondre au développement croissant de l'industrie manufacturière.
À l'origine, l'École était installée dans le « Patio de Chicos » (en français, cours des élèves) de l'ancienne université de San Marcos, aujourd'hui connue sous le nom de « Casona de San Marcos » (en français, littéralement la grande maison de San Marcos, l'ancien bâtiment historique de l'université). Lors de l'occupation de Lima pendant la guerre du Pacifique, l'armée chilienne s'empara des locaux et les transforma en caserne. Les cours durent alors être dispensés dans des locaux provisoires, notamment à l'Institut scientifique de José Granda ainsi que dans des salles louées au couvent Santo Domingo. Après le retrait des troupes chiliennes en 1883, l'École entreprit sa reconstruction tout en recherchant un siège permanent. En 1889, l'État lui attribua un bâtiment situé dans le centre de Lima, connu sous le nom d'« Espíritu Santo » (en français, Saint-Esprit), à l'angle de l'actuel rue Callao et de l'avenue Tacna, où elle demeura jusqu'en 1946.
Jusqu'en 1897, les principales ressources financières de l'École provenaient de l'impôt sur les exploitations minières. À partir de cette date, elle fut placée sous la tutelle financière du ministère du Développement. Durant cette première période de son histoire, l'établissement publia régulièrement deux revues scientifiques, les « Anales de Construcciones Civiles y de Minas del Perú » (en français, Annales des constructions civiles et des mines du Pérou) et le « Boletín de Minas, Industria y Construcción » (en français, Bulletin des mines, de l'industrie et de la construction), qui acquirent une renommée internationale.
Croissance et modernisation
En 1910, l'École d'ingénieurs entreprit une réforme destinée à adapter son enseignement aux évolutions techniques et aux nouvelles technologies de l'époque. Dans ce cadre, deux nouvelles sections furent créées : la mécanique électrique et l'architecture.
Le 19 juillet 1955, l'École d'ingénieurs fut érigée en université et prit le nom d'Université nationale d'ingénierie. À cette occasion, ses départements de spécialité furent transformés en facultés.
Études
Admission
L'admission à l'université s'effectue par concours public, organisé deux fois par an, en février et en août. Parmi les différentes voies d'accès destinées aux titulaires du diplôme de fin d'études secondaires, le concours ordinaire est la plus courante. Afin de sélectionner les candidats les plus aptes à suivre des études d'ingénierie, d'architecture et de sciences réputées particulièrement exigeantes, l'UNI organise l'un des concours d'admission les plus difficiles du Pérou et de l'Amérique Latine.
Le concours comprend trois épreuves, organisées sur trois journées distinctes (lundi, mercredi et vendredi), d'une durée de trois heures chacune. La première porte sur les aptitudes académiques et les sciences humaines, la deuxième sur les mathématiques, et la troisième sur la physique et la chimie. Les candidats à la filière d'architecture doivent également passer une épreuve d'aptitude spécifique.
En raison du niveau élevé de difficulté et de la forte sélectivité du concours, des milliers de candidats suivent une préparation intensive dans des centres préuniversitaires spécialisés pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, avant de se présenter à l'examen.
Domaines de formation
L'UNI est spécialisée dans les domaines de l'ingénierie, des sciences et de l'architecture. Ses onze facultés proposent 32 formations de premier cycle, 59 programmes de master et 14 programmes de doctorat. La majorité de ses écoles professionnelles d'ingénierie et de sciences sont accréditées par l'ABET (acronyme de Accreditation Board for Engineering and Technology), tandis que la formation en architecture bénéficie de l'accréditation du Royal Institute of British Architects.
Les études de premier cycle ont une durée de cinq ans : la première année est consacrée aux enseignements généraux, tandis que les quatre années suivantes correspondent aux études de spécialisation. Les formations de master se déroulent sur une durée de deux ans, et les études doctorales sur trois ans.
| Faculté | Premier cycle | Master | Doctorat |
|---|---|---|---|
| Faculté d'architecture, d'urbanisme et des arts | Architecture |
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| Urbanisme | |||
| Facultés des sciences | Physique |
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| Mathématiques | |||
| Chimie | |||
| Génie Physique | |||
| Informatique | |||
| Faculté de génie environnemental | Génie sanitaire |
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|
| Génie de l'hygiène et de la sécurité industrielle | |||
| Génie environnemental | |||
| Faculté de génie civil | Génie civil |
| |
| Faculté de génie économique, de statistique et des sciences sociales | Génie économique |
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|
| Génie statistique | |||
| Faculté de génie électrique et électronique | Génie électrique |
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|
| Génie électronique | |||
| Génie des télécommunications | |||
| Génie de la cybersécurité | |||
| Faculté de génie géologique, minier et métallurgique | Génie géologique |
| |
| Génie métallurgique | |||
| Génie minier | |||
| Faculté de génie industriel et des sytèmes | Génie industriel |
|
|
| Génie des sytèmes | |||
| Génie logiciel | |||
| Faculté de génie mécanique | Génie mécanique |
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| Génie électromécanique | |||
| Génie naval | |||
| Génie mécatronique | |||
| Génie aérospatial | |||
| Faculté de génie pétrolier, du gaz naturel et de la pétrochimie | Génie pétrolier et gazier |
|
|
| Génie pétrochimique | |||
| Faculté de génie chimique et textile | Génie chimque |
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|
| Génie textile |
Nombre d'étudiants
En 2018, le nombre d'étudiants de premier cycle est de 11 790[1].
