Uruapan
ville mexicaine
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Uruapan (officiellement Uruapan del Progreso) est une localité et le chef-lieu de la municipalité d'Uruapan, dans l'État du Michoacán, au Mexique. En 2020, elle compte 299 523 habitants[1].
| Uruapan | |
Héraldique |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| État | Michoacán |
| Maire | Grecia Quiroz |
| Démographie | |
| Population | 299 523 hab. (2020) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 19° 24′ 44″ nord, 102° 03′ 09″ ouest |
| Divers | |
| Fondation | |
| Fondateur | Fray Juan de San Miguel |
| Localisation | |
| modifier |
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Toponymie
Climat
Uruapan, comme une grande partie du centre du Michoacán, dispose d'un climat tempéré particulièrement propice à la végétation et à la culture de l'avocat.
Histoire
Histoire préhispanique
Uruapan est un établissement préhispanique, habité principalement par des Purépechas. Une grande partie de son histoire est inconnue et de nombreux sites archéologiques ne sont pas fouillés. Le plus ancien document concernant la région est le Lienzo de Jucutacato, trouvé dans la communauté de Jicalán. On sait que la région est conquise en 1400 par une alliance des seigneurs de Pátzcuaro, Tzintzuntzan et Ihuatzio[5],[6].
Époque coloniale
Lorsque les Espagnols envahissent l'Empire purépecha, le dernier souverain s'enfuit à Uruapan, conduisant les Espagnols ici en 1522. C'est pour cette raison que les Espagnols arrivent ici en 1522. En 1524, la région devient une encomienda sous la direction de Francisco de Villegas, et est évangélisée par les Franciscains[5],[6],[7].
Le frère franciscain Juan de San Miguel est considéré comme le fondateur de la ville moderne. En 1534, il la divise en neuf quartiers, chacun ayant sa propre chapelle et son saint patron, et désigne les habitants de chacun d'eux. En 1540, la région est devenue une république indienne[5],[7].
Pendant la période coloniale, la ville était un lieu stratégique, notamment pour le commerce, entre les hautes terres de Purépecha et la Tierra Caliente qui descend vers la côte[7].
En 1577, une peste décime la population[5].
En 1754, la paroisse d'Uruapan est composée de la ville d'Uruapan, de trois villages (San Francisco Xicalán, San Francisco Jucutacato et San Lorenzo), de deux ranchs (Tiamba et San Marcos) et de l'hacienda Carasa. La population était un mélange de Purépecha, d'Européens, d'Africains et de métis[5],[6]. En 1766, la population se révolte contre les efforts des Espagnols pour recruter la population dans le service militaire. Cette révolte est suivie d'une répression et de l'exécution de plusieurs personnes en 1767, à la fois pour la résistance de l'année précédente et pour les protestations contre l'expulsion des jésuites[5].
De 1795 à 1798, l'insurgé José María Morelos y vit. Pendant la guerre, la ville sert de refuge à plusieurs reprises à des insurgés, dont le local José María Izazaga[5].
XIXe siècle
En 1806, un tremblement de terre a détruit l'hôpital, et en 1817, la ville est incendiée. Uruapan est officiellement devenue une municipalité en 1831. Pour son rôle dans la guerre d'indépendance, elle est nommée Ciudad del Progreso (ville du progrès) en 1858[5],[6]. En 1842, la ville soutient le gouvernement d'Antonio López de Santa Anna[5].
En raison de l'intervention française, Uruapan est la capitale temporaire du Michoacan de 1863 à 1867. En 1864, les troupes françaises entrent dans la ville et la soumette. En 1865, le général José María Arteaga, chef de l'armée républicaine, et quatre autres officiers sont exécutés par un peloton d'exécution, et sont connus comme les martyrs d'Uruapan. En 1866, les républicains tentent de libérer la ville des Français lors de la bataille de Magdalena, mais ils sont vaincus[5].
La première usine textile s'est installée dans la ville en 1874, et le premier journal local, El Precursor Uruapense, est fondé en 1880. La première ligne de chemin de fer atteint la ville en 1899, et une ligne de trolley est construite entre la gare ferroviaire et la place principale en 1900[5].
XXe et XXIe siècles
En 1910, un incendie détruit plusieurs usines de la ville[5]. La ville est attaquée à plusieurs reprises pendant la révolution mexicaine, dont les plus notables sont menées par Joaquín Amaro. Dans les années 1930, des efforts de redistribution des terres agricoles commencent. En 1947, la Commission Tepalcatepec est créée pour moderniser l'économie et les infrastructures de la région[5].
Depuis la fin du XXe siècle, la ville est touchée par le crime organisé, comme une grande partie du reste de l'État[8]. Deux organisations criminelles, Los Zetas et La Familia Michoacana, se sont battues pour le contrôle de cette région, en raison de sa situation géographique sur les routes de la drogue[9],[10]. En 2014, la ville est brièvement reprise par les groupes d'autodéfense communautaire ou « autodefensas », un mouvement civil armé qui tente de contrer le pouvoir des cartels, sans le soutien du gouvernement local et de l'État[8].
Début , des centaines de personnes manifestent pour les funérailles du maire Carlos Manzo, tué par balle lors d'un événement public le . Son assassinat a lieu quelques jours après celui de Bernardo Bravo, un grand producteur de citrons du Michoacan, également tué par balle[11].
Économie

Depuis la suspension, en 1997, de l'interdiction d'importer aux États-Unis des avocats mexicains, qui est en vigueur depuis 1914, et surtout depuis 2005, quand les producteurs d'avocats mexicains peuvent librement exporter à presque tous les États nord-américains (hormis la Californie, la Floride et Hawaï), toute l'année[12], Uruapan est appelée « la capitale mondiale de l'avocat' » car elle est longtemps la commune qui produisait la part la plus importante des avocats du Michoacán[13],[14], qui produit lui-même plus des trois quarts des avocats du pays (1,477 million de tonnes sur 1,889 million de tonnes en 2016)[15] et plus d'un quart de la production mondiale (qui s'élève à 5,788 millions de tonnes en 2016)[16]. Ce titre honorifique traditionnel est cependant contesté par les producteurs de la commune de Tancítaro, qui déclarent produire désormais davantage d'avocats (200 000 tonnes en 2016)[17]. En 2016, les 14 300 hectares de plantations d'avocatiers d'Uruapan ont permis de commercialiser une récolte de 144 610 tonnes d'avocats[18], dont la vente est estimée à plus de 2 millions de pesos[19].
En raison de l'importance économique de la production d'avocats, surnommée « l'or vert du Michoacán », les cartels de drogue mexicains investissent le secteur, dont La Familia Michoacana, les Chevaliers Templiers et, plus récemment[Quand ?], le cartel de Jalisco Nouvelle Génération[20]. À cause de la présence accrue des cartels, une étude du Conseil Citoyen pour la Sécurité Publique et la Justice Pénale classe Uruapan comme la troisième ville la plus dangereuse au monde en 2019, avec 85 homicides pour 100 000 habitants, c'est-à-dire le troisième plus haut taux d'homicide relevé dans le monde cette année là derrière deux autres villes mexicaines, Tijuana et Ciudad Juárez[21].