Utu (tikanga maori)

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Pour Rod Barnett, l'utu est une réciprocité sociale qui s'exprime dans des espaces participatifs tels les marae (ici à Koriniti (en))[1].

L'utu est un concept de la tikanga très polysémique, pour lequel l'équipe de rédaction du dictionnaire de maori juridique, à l'aboutissement d'une longue réflexion, a proposé l'introduction suivante : « L'utu détermine les droits et obligations qui existent entre les individus et les groupes sociaux. L'utu désigne l'établissement et le maintien d'un équilibre dans les relations. Cela peut se traduire par le droit de demander vengeance ou une indemnisation auprès d'une autre partie. L'exigence d'utu peut aussi passer par des voies pacifiques ou bénignes[2]. »

Dans les traductions du Nouveau Testament en maori au XIXe siècle, le sacrifice de Jésus de Nazareth est pensé comme un utu compensant les péchés de l'humanité[3].

Lors de la colonisation de la Nouvelle-Zélande, les Européens portent un jugement négatif sur la pratique de l'utu, qu'ils traduisent généralement par « vengeance ». Dans la vision stéréotypée de la culture maorie héritée de cette époque, les expéditions guerrières taua (en) que se livrent les groupes autochtones n'auraient pas d'autre sens qu'une vengeance immodérée, et les captifs de guerre seraient forcément des « esclaves ». Vers la fin du XXe siècle, l'historienne Angela Ballara (en) argumente que ces préjugés empêchent de comprendre les nuances des conflits maoris, et en particulier le rôle qu'y jouent les concepts de mana et de tapu[4].

Politique

Selon Kassie Hartendorp, le principe d'équilibre de l'utu est le contraire de l'inégalité qui caractérisent les échanges sous le capitalisme[5].

Anthropologie

Jurisprudence

Références

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