Valérie Dittli
personnalité politique suisse
From Wikipedia, the free encyclopedia
Valérie Dittli, née le à Oberägeri (originaire de Gurtnellen), est une personnalité politique suisse, membre du Centre, puis du Mouvement Libéral à partir d'.
| Valérie Dittli | |
En 2022. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Conseillère d'État du canton de Vaud | |
| En fonction depuis le | |
| Élection | 10 avril 2022 |
| Législature | 2022-2027 |
| Département | agriculture (ainsi que les finances jusqu’en mars 2025) |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Oberägeri |
| Nationalité | suisse |
| Parti politique | Mouvement Libéral (à partir de 2026) PDC / Le Centre |
| Fratrie | Laura Dittli |
| Diplômée de | Université de Lucerne Université de Lausanne |
| Profession | Juriste |
| modifier |
|
Elle est conseillère d'État du canton de Vaud depuis . Sa gestion du département des finances puis plusieurs controverses et scandales liés à son exercice de la fonction ministérielle ont marqué son mandat et suscité de nombreux débats politiques et institutionnels[1].
Biographie
Origines et famille
Valérie Dittli naît le [2] à Oberägeri, dans le canton de Zoug[3]. Elle est originaire de Gurtnellen, dans le canton d'Uri[4].
Son père est agriculteur biologique[5], sa mère éducatrice sociale[6]. Son grand-père est une personnalité démocrate-chrétienne du canton de Zoug et le président du Centre, Gerhard Pfister, est un ami de la famille[5].
Elle grandit à Oberägeri avec sa sœur aînée, Laura, future présidente de la section zougoise du Centre et membre du Conseil d'État du canton de Zoug[7], et son frère cadet[8], Dario[9].
Études
Après l'école secondaire et le gymnase dans le canton de Zoug[2], Valérie Dittli obtient un bachelor en droit à l'Université de Lucerne en 2015 et un master en droit à l'Université de Lucerne en 2016[10], puis poursuit ses études à l'Université de Lausanne, où elle occupe un poste d'assistante à la Faculté de droit depuis 2017 et soutient en [11] une thèse portant sur le droit des successions[3], paru en 2023 chez Stämpfli[12].
Elle fait ensuite son stage d'avocate pour obtenir son brevet (non obtenu), d'abord à l'Administration cantonale des impôts du canton de Berne, puis dans une étude bernoise[2].
Parcours politique
Débuts
Valérie Dittli adhère aux Jeunes démocrates-chrétiens du canton de Zoug au milieu des années 2010[2]. Elle préside les Jeunes démocrates-chrétiens du canton de Vaud, puis la section vaudoise du Centre à partir de septembre 2020[5].
Elle se fait connaître en 2021, lors de l'assemblée générale de son parti qui entérine la fusion avec la section vaudoise du Parti bourgeois-démocratique, en annonçant la retraite politique de Jacques Neirynck et Claude Béglé, dont la rivalité « empoisonne la vie du parti »[13],[14].
Elle est candidate en 2021 au Conseil communal (législatif) de Lausanne[15] et à la Municipalité (exécutif)[16], mais n'est pas élue (5,7 % des voix à l'élection à la Municipalité[17]), son parti disparaissant même du parlement communal[18].
Conseil d'État
Candidate au Conseil d'État vaudois sur une liste unique de la droite, rassemblant dans une alliance inédite trois candidats du Parti libéral-radical et un candidat de l'UDC en plus de sa propre candidature[19], elle crée la surprise en terminant au septième rang à l'issue du premier tour le alors qu'elle n'a aucune expérience dans un organe politique et que son parti ne décroche aucun siège au Grand Conseil, où elle était également candidate[5],[20],[17]. Elle est élue au deuxième tour, le , avec 49 % des voix (80 431 suffrages), devant la sortante socialiste Cesla Amarelle, qui en récolte 46 % (76 060 suffrages)[21].

Son élection est qualifiée dans Le Temps de « l’une des plus grandes surprises de l’histoire politique romande »[22] et fait basculer la majorité du gouvernement à droite. C'est la première fois que le Centre (et son prédécesseur le Parti démocrate-chrétien) accède au Conseil d'État vaudois[21]. Elle est l'une des plus jeunes conseillères d'État de l'histoire suisse[23], la plus jeune de Suisse romande depuis Pierre Kohler[24]. Depuis l'accession de sa sœur aînée Laura Dittli au Conseil d'État du canton de Zoug le , c'est aussi la première fois dans l'histoire suisse que deux frères et sœurs siègent simultanément dans un gouvernement cantonal[25].
Elle prend ses fonctions à la tête du Département des finances et de l'agriculture le [26].
Le , elle annonce son départ du parti Le Centre Vaud pour créer son propre parti, Mouvement Libéral[27]. Cette décision survient après des mois de fortes tensions internes dans le parti[28].
Affaires, dysfonctionnements et analyses externes
Domiciliation fiscale
En 2023, les médias révèlent sa domiciliation fiscale dans le canton de Zoug, entre 2016 et 2021, alors qu'elle est active dans le canton de Vaud[29],[30],[31]. L'expertise externe commandée par le Conseil d'État[32] conclut qu'elle « avait le choix », les célibataires de moins de 30 ans pouvant être domiciliés chez leurs parents ou dans leur lieu d'activité effectif[33].
Audit Studer, première enquête pénale et rapport du Grand Conseil
En 2024, le Conseil d’État commande une analyse externe auprès de Jean Studer sur des dysfonctionnements organisationnels, institutionnels et professionnels à la Direction générale de la fiscalité[34],[35]. Cet audit conclut que le gouvernement doit prendre des mesures pour assurer « le bon fonctionnement » de l’État. Le Conseil d’État décide, le , de retirer à Valérie Dittli la gestion des finances avec effet immédiat. Une nouvelle répartition décidée début avril donne à partir du l'agriculture, la durabilité et le climat, et le numérique au département de Valérie Dittli, tandis que les finances passent au département de Christelle Luisier[36],[37]. Ces changements sont également en lien avec un problème d'application du bouclier fiscal vaudois par l'administration cantonale. Dans ce contexte, Valérie Dittli est soupçonnée d'avoir annulé des taxations de certains contribuables fortunés ; une instruction est ouverte par le ministère public pour abus d'autorité. Valérie Dittli conteste les faits[38].
En , une délégation des commissions de surveillance du Grand Conseil publie un rapport sur la conduite de Valérie Dittli à la tête de son département. Celui-ci met en évidence des « lacunes managériales », « une défiance envers l’administration », « une forte souffrance persistante du personnel », « des demandes inadéquates voire illégales », « une difficulté à assumer pleinement certaines décisions » et « une prise en compte inadéquate des conflits d’intérêt ». Il décrit la ministre comme « insuffisamment préparée à la complexité des responsabilités exercées »[39],[40].
Rapport Meylan et deuxième enquête pénale
Le , le Conseil d’État publie le rapport Meylan[41]. Celui-ci conclut notamment qu’une convention écrite avait été conclue entre Valérie Dittli et Jean-Claude Mathey, prévoyant le retrait d’une plainte pénale déposée contre elle contre une rémunération de 10 000 francs par le département, correspondant à une disponibilité de six mois et à la réalisation d’un rapport sur la Commission foncière rurale I ; l’enquêteur qualifie cette rémunération de disproportionnée[42]. Le rapport mentionne en outre un autre mandat confié à Jean-Claude Mathey, relatif à un ouvrage commandé par l’administration, dont le coût devait avoisiner 30 000 francs[43]. L'enquête souligne par ailleurs que la ministre n’avait pas informé le gouvernement cantonal de ces mandats avant le rapport de la DelSurv, conduisant l’exécutif à déclarer que la confiance avec elle est « entamée »[44]. Réagissant à ce rapport, le PLR fait savoir qu’il ne fera probablement pas campagne avec Valérie Dittli en 2027 et l'UDC qu'elle ne se voit plus collaborer avec elle ; les autres partis appellent tous à sa démission[45]. Valérie Dittli, également contestée au sein de son parti, exclut de démissionner, maintenant que « le mandat de 10 000 francs ne constitue pas la contrepartie du retrait d'une plainte pénale »[46],[47]. Le , le Grand Conseil vaudois adopte par 72 voix contre 5 et 58 abstentions (abstentions venant de l'UDC et du PLR) une résolution appelant la ministre à démissionner de ses fonctions[48]. Le , un comité cantonal (comité stratégique consultatif) du Centre Vaud réitère sa confiance, tout en demandant de clarifier sa situation d'ici l'été[49]. Plusieurs sources firent état à la presse de fortes pressions de la présidence cantonale, mais aussi du niveau fédéral pour que les membres de ce comité se rangent derrière la ministre[50]. Les jeunes du Centre Vaud demandant publiquement des comptes à Valerie Dittli, cette dernière ira jusqu’à tenter de faire exclure du parti le président des jeunes du Centre vaudois, Jean-Robert Terrier [51]. Une action qui suscitera une réaction indignée de la plupart des jeunesses de parti vaudoises, y voyant une forme de représailles pour faire taire les voix critiques et un procédé anti-démocratique et aux effets délétères sur la participation des jeunes en politique[52]. Face à la pression, le Centre Vaud abandonnera la procédure d’exclusion à l’encontre du président de sa jeunesse[53], mais par une manoeuvre interne l’écartera de fait de son poste de président[54].
Le 18 juin 2026, le Ministère public vaudois ouvre une deuxième enquête pénale visant Valérie Dittli[55] concernant des mandats attribués en 2025 à l’ancien président de la Commission foncière rurale[56]. Cette procédure intervient à la suite du rapport d’enquête dirigé par Jean-François Meylan[56]. L’autorisation de poursuivre la conseillère d’État, protégée par son immunité liée à sa fonction[57], est accordée le 18 juin 2026[58].
Positionnement politique
Valérie Dittli se dit « centriste pure et dure » et proche des Vert'libéraux[7].
Au début de son mandat au gouvernement vaudois, elle assiste à toutes les séances du groupe UDC au Grand Conseil et semble très à droite, notamment en raison de sa décision de procéder à des tirs de régulation du loup[59].
Après son élection au Conseil d’État avec le soutien de l’Alliance vaudoise en 2022, composée du Centre, du PLR et de l’UDC, ses relations avec cette coalition se sont progressivement dégradées à la suite de plusieurs affaires et controverses[60]. La question de son éventuelle candidature pour un nouveau mandat s’inscrit ainsi dans un contexte où le soutien des partis qui avaient contribué à son élection est devenu très incertain, voire contesté[61], alimentant les interrogations sur son positionnement politique et ses alliances[62].
Publication
- (de) Valérie Dittli, Der Vertrag zugunsten Dritter auf den Todesfall : unter besonderer Berücksichtigung des Valutaverhältnisses, Stämpfli, , 296 p. (ISBN 9783727264276).