Van Gogh (film, 1991)
film de Maurice Pialat sorti en 1991
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Van Gogh est un film français de Maurice Pialat sorti en 1991. Il s'agit d'un film biographique « romancé » sur les 67 derniers jours[Note 1] de la vie du peintre postimpressionniste Vincent van Gogh[1].
Alexandra London
Bernard Le Coq
Gérard Séty
Elsa Zylberstein
| Réalisation | Maurice Pialat |
|---|---|
| Scénario | Maurice Pialat |
| Acteurs principaux |
Jacques Dutronc Alexandra London Bernard Le Coq Gérard Séty Elsa Zylberstein |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame biographique |
| Durée | 158 minutes |
| Sortie | 1991 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le film est présenté en compétition officielle au festival de Cannes 1991.
Synopsis

En 1890, Vincent van Gogh, arrive en chemin de fer à la gare d'Auvers-sur-Oise. Il loge à l'auberge Ravoux face à la mairie et est soigné et protégé par le docteur Gachet. Pourtant au sommet de son art[Note 3], le peintre va très mal : son état mental est en pleine détérioration. Il est souvent sous l'emprise de l'absinthe et ses rapports avec les femmes sont très compliqués. Il imagine une histoire d'amour avec Marguerite (en), la fille du docteur Gachet. Il réalise plusieurs tableaux mettant en scène la jeune femme, Marguerite Gachet au piano ou encore Mademoiselle Gachet dans son jardin à Auvers-sur-Oise.
Le film se distingue par son approche peu sensationnaliste[2] de la vie de Van Gogh. Très peu de temps est consacré à l'art et à l'œuvre de Van Gogh, la majeure partie du film étant occupée par les relations personnelles souvent difficiles de l'artiste et son état mental déclinant. Déjeuner chez les Gachet, promenade le long de l'Oise avec sa belle-sœur, ponctuée par un saut dans la rivière, bal dans un cabaret de Paris ou au bord de l'Oise, prostituées, relation avec Marguerite, puis suicide[3]. Le matin qui suit cette mort, l'aubergiste Ravoux remontant de la cave fait tomber trop vite la trappe, accidentellement[3]. Sa femme la reçoit sur son pied[3]. Elle hurle, on la soigne, une façon pour Pialat de montrer la vie qui continue après ce suicide, avec pudeur, sans être mélodramatique[3].
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
- Titre original : Van Gogh
- Réalisation et scénario : Maurice Pialat
- Assistant réalisateur : Alain Olivieri
- Décors : Philippe Pallut et Katia Wyszkop
- Costumes : Édith Vesperini
- Photographie : Gilles Henry et Emmanuel Machuel
- Montage : Yann Dedet, Nathalie Hubert et Hélène Viard[4]
- Son : Jean-Pierre Duret et François Groult
- Producteur délégué : Daniel Toscan du Plantier
- Sociétés de production françaises : Erato Films, CNC, Cofimages 2, Films A2, Studiocanal, Sofica Investimage 3, Sofica Investimage 2
- Distribution : Gaumont (France)
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Genre : drame, biopic « romancé »
- Durée : 158 min
- Dates de sortie :
- France : (festival de Cannes - compétition officielle)
- France :
Distribution
- Jacques Dutronc : Vincent van Gogh
- Alexandra London : Marguerite (en)
- Bernard Le Coq : Théo van Gogh
- Gérard Séty : le Dr Paul Gachet
- Corinne Bourdon : Jo
- Elsa Zylberstein : Cathy
- Leslie Azoulai : Adeline Ravoux
- Jacques Vidal : M. Ravoux
- Chantal Barbarit : Mme Chevalier
- Claudine Ducret : la professeure de piano
- Frédéric Bonpart : La Mouche
- Maurice Coussonneau : Chaponval
- Didier Barbier : L'Idiot
- Gilbert Pignol : Gilbert
- Lise Lamétrie (comédienne non professionnelle à l'époque, concierge de Pialat) : Mme Ravoux
- Christian Maes : l'accordéoniste (non crédité)
Production
Genèse et développement
Van Gogh est un projet de longue date de Maurice Pialat, qui fut peintre avant d'être réalisateur de films[3] et évoquait déjà le peintre dans les années 1960[5].
Choix des interprètes
Avant Jacques Dutronc, Nino Ferrer, Lambert Wilson, Jean-Hugues Anglade et Daniel Auteuil[6] ont failli tenir le rôle-titre. Sandrine Bonnaire est initialement envisagée pour incarner Gachet (en). L'actrice refuse le rôle, trouvant le personnage trop âgé pour elle. Alors que le nom d'Emmanuelle Béart sera évoqué, c'est finalement Alexandra London qui est choisie[1].
Comme souvent, Maurice Pialat a choisi à la fois des acteurs professionnels et des acteurs non professionnels. Par exemple, pour le rôle de Madame Ravoux, il a choisi la gardienne de son immeuble, Lise Lamétrie[7].
Tournage
Le tournage a lieu dans la Vienne (à Saint-Rémy-sur-Creuse) ou en Indre-et-Loire (gare de Richelieu, Marigny-Marmande) en [8],[9].
Comme souvent chez Maurice Pialat, le tournage est émaillé d'incidents et de brouilles. Ainsi, le directeur de la photographie Jacques Loiseleux quitte le film après trois semaines, tout comme le directeur de production quelques jours avant lui. Le réalisateur est également en conflit avec le producteur Daniel Toscan du Plantier. Il ne suit pas le plan de tournage établi et décide de multiples changements à sa guise, ce qui rallonge considérablement le budget[5].
Bande originale
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par le générique de fin de l'œuvre audiovisuelle présentée ici, ainsi que par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
- Symphonie nº 2 d'Arthur Honegger de .
- Musiques non mentionnées dans le générique
- Air des clochettes de Lakmé de Léo Delibes de .
- Je suis Monsieur Lautrec de Bernard Le Coq et Maurice Pialat.
- Le Temps des cerises de Jean Baptiste Clément et Antoine Renard.
Accueil
Critique
Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film récolte 67 % d'opinions favorables pour 9 critiques[10].
À la sortie du film, le cinéaste et critique Olivier Assayas envoie une lettre à Maurice Pialat dans laquelle il parle d'un film d'une « immense beauté »[11]. Les Cahiers du cinéma le classe à la 1re place du Top 10 de 1991.
Louis Skorecki est plus ironique et lorsque le film passe à la télévision en 2000, il parle d'un « remords naturaliste de peintre raté »[12].
Box-office
Le film connait un joli succès en France avec 1 307 437 entrées[1],[13]. Il s'agit du 21e meilleur résultat au box-office annuel français.
Distinctions principales
Récompenses
- César 1992 : meilleur acteur pour Jacques Dutronc
- Prix Michel Simon de la meilleure actrice pour Elsa Zylberstein
- Prix des auditeurs 1991 du Masque et la Plume
Nominations
Sélection
- Festival de Cannes 1991 : sélection officielle
Commentaires
- Il s'agit d'une biographie romancée. Ainsi l'aventure avec Marguerite (en), fille du docteur Gachet ne s'appuie sur aucun document historique. Quoique, pour Maurice Pialat : « J'ai eu envie de montrer cette fille Gachet dont on ne possède qu'une photo à la quarantaine, qui semble assez ingrate, à moins qu'elle ait très mal vieilli... C'est pas le coeur du film, mais... Il n'y a aucune raison de penser qu'il y ait eu quelque chose, quoique... »[14].
- Il y a quelques anachronismes dans le film, par exemple :
- La chanson La Butte rouge utilisée dans le film a été composée en 1919 ;
- Les wagons des trains datent de 1900 plutôt que de 1890[15] ;
- Autre anachronisme : le médecin dit qu'il est plutôt appelé pour des suicides au Véronal alors que ce médicament n'a été mis au point qu'en 1903[16].
- Pour les gros plans où l'on voit Vincent van Gogh peindre, il s'agit en réalité du réalisateur Maurice Pialat, peintre à ses heures perdues[1].