Vanuíre
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Interprète, conteuse, chanteuse traditionnelle |
Vanuíre, morte en 1918, est une chanteuse-conteuse et interprète diplomatique kaingang. Ses chants lors des derniers affrontements entre Kaingang et Serviço de Proteção ao Índio (pt) (SPI) ont été compris par les fonctionnaires brésiliens comme des formes de médiation. Plusieurs infrastructures locales la commémorent en tant qu'héroïne de la colonisation, mais sa légende est critiquée par quelques historiens, voire aussi revendiquée par la résistance autochtone.

Dans les années 1900, les expéditions dirigées par Cândido Rondon mènent des incursions dans la zone à la frontière actuelle entre l'État de São Paulo et le Paraná pour tenter de s'inféoder les communautés autochtones libres qui y résident et ainsi pouvoir construire un chemin de fer sur leurs terres. Le cacique kaingang Iacri (ou Vauhin) y résiste. Dans les années 1910, le SPI nouvellement créé décide alors de faire appel à Vanuíre, une conteuse et chanteuse traditionnelle âgée dont le kaingang est la langue maternelle, et qui parle aussi le portugais à un niveau rudimentaire. À cette époque, selon les récits des fonctionnaires de la SPI, Vanuíre est esclavagée dans une ferme de Campos-Novos do Paranapanema tenue par un bugreiro (pt) (chasseur d'autochtones)[1]. En 1912, enrôlée par Manuel Rabelo (pt) pour le compte de la SPI, Vanuíre serait montée au tronc d'un jequitibá (pt) d'une dizaine de mètres, proche d'une clairière où les fonctionnaires avaient déposé des cadeaux. Du haut de l'arbre, selon la légende rapportée par l'inspecteur Luís Bueno Horta Barbosa dans son discours du 19 novembre 1913, Vanuíre aurait chanté pendant plusieurs mois, jusqu'à ce qu'Iacri signe un accord avec le SPI[2].

Vanuíre meurt en 1918 dans la Terre autochtone Icatu[1].
Politique mémorielle

Vanuíre est considérée comme une héroïne de la soumission des Kaingang, appelée à l'époque « pacification ». De nombreux endroits portent le nom de Vanuíre[3]:
- Terra Indígena Vanuíre,
- Escola Estadual Indígena india Vanuíre,
- Museu Histórico e Pedagógico Índia Vanuíre (pt),
- Postos de Combustível Vanuire,
- Rede Vanuire,
- Ótica Vanuíre,
- Rede Pão Vanuire,
- Vanuire Veículo,
- Instituto india Vanuire,
- Núcleo Residencial índia Vanuire, etc.
Après sa mort, ses restes sont inhumés dans un mausolée en face de l'école qui porte son nom. L'administration indigéniste la commémore comme une héroïne pacifiste et utilise son souvenir pour postuler un soutien général de la part des autochtones[3]. Cette présentation de Vanuíre sert à masquer les violences des politiques assimilationnistes et les résistances qu'elles rencontrent[4]. Dans une note biographique publiée le 10 juin 2019, le musée Índia Vanuíre annonce respecter le symbolisme associé à elle, mais aussi souhaiter démystifier et déconstruire sa réputation de grande pacificatrice[5].
Selon un article de G1 paru en 2025, Vanuíre est un « symbole de résistance et d'identité pour les communautés autochtones de la région »[6].