Vedovamazzei
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A crime is a crime is a crime (2006) Two half pallets (2007) Love is Theft (2015) |
Vedovamazzei est un duo d'artistes italiens formé en 1991 par Stella Scala (née en 1964 à Naples, Italie) et Simeone Crispino (né en 1962 à Frattaminore, Italie)[1]. Le nom du duo provient d'une plaque de porte trouvée à Naples, signifiant littéralement « Veuve Mazzei », en référence à la tradition napolitaine où la veuve accole ce terme à son nom d'épouse[2]. Installés à Milan, ils explorent à travers une pratique multidisciplinaire les contradictions du quotidien, utilisant l'ironie pour questionner les fondements de la société contemporaine.
Le duo Vedovamazzei est fondé en 1991 à Naples par Stella Scala et Simeone Crispino[3],[4].
Leur pratique artistique, associée au courant du postmodernisme italien, interroge les hiérarchies esthétiques traditionnelles par l'usage de l'ironie et la décontextualisation d'objets quotidiens[5].
Dès les années 1990, le duo participe à des expositions de référence sur la scène internationale, notamment Fatto in Italia / Made in Italy au Centre d'art contemporain de Genève en 1997, exposition organisée par Paolo Colombo[3].
Leur production se caractérise par une diversité de supports (installation, sculpture, photographie) explorant les thématiques de la fragilité humaine et des contradictions sociales.
En 2006, le Musée d'art contemporain Donnaregina (MADRE) de Naples présente la rétrospective monographique Greatest Hits[6].
En France, leurs œuvres sont régulièrement exposées à la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois à Paris, notamment lors de l'exposition collective Exquisite Corpse en 2013[7],[8].
Leurs œuvres figurent dans plusieurs collections publiques internationales, dont celle du Fonds national d'art contemporain (FNAC) géré par le Centre national des arts plastiques en France[4].
Œuvre
La pratique artistique de Vedovamazzei se caractérise par l'usage de l'ironie pour interroger des thématiques récurrentes telles que la mort, le pouvoir et la condition humaine[9]. Le duo transforme des objets ordinaires en dispositifs questionnant l'authenticité de l'objet d'art et les hiérarchies traditionnelles, dans une approche proche de la déconstruction des taxonomies de l'histoire naturelle[10],[11].
Parmi leurs œuvres figurent :
- A crime is a crime is a crime (2008) : sculpture en marbre blanc faisant référence au poème de Gertrude Stein, explorant les notions de répétition et d'absurdité[12],[4].
- Two half pallets (2011) : installation associant une palette en bois et sa reproduction en bronze peint, interrogeant l'authenticité et la valeur de l'objet quotidien[13],[14].
- Floating human shit searching for the perfect storm in the Mediterranean Sea (2017) : installation picturale sur les crises migratoires, composée de paysages marins perturbés par un élément scatologique récurrent[13],[15].
- Love is theft (2019) : œuvre en néon détournant la signalétique urbaine et s'appropriant le titre d'un album de Bob Dylan pour interroger les rapports entre amour, art et économie[16].
Expositions
Expositions collectives
- 1997 : Fatto in Italia, Centre d'art contemporain de Genève[18].
- 2013 : Exquisite corpse, Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris[19].
- 2023 : Pittura italiana oggi, Triennale de Milan, Milan[20].
Expositions personnelles
- 2006 : Greatest hits, Musée d'art contemporain Donnaregina (MADRE), Naples[1].
- 2018 : War is over, MAR, Ravenne[21].
- 2024 : LRVM - Libera Repubblica Vedova Mazzei, San Marino[21].
- 2025 : Timeline: 1993-2025, Cittadella degli Archivi, Milan.
Réception critique
La réception de l'œuvre de Vedovamazzei est marquée par la reconnaissance de leur approche conceptuelle et des interrogations sur leur langage artistique.
Dès 1997, lors de l'exposition Fatto in Italia à Genève, la critique souligne leur positionnement par rapport à l'Arte Povera. Le Journal des Arts analyse cette génération d'artistes italiens[22], tandis qu'Angela Vettese examine les conditions structurelles de la scène artistique italienne contemporaine[23].
Leur approche, qualifiée de néo-surréaliste, repose sur l'usage de dispositifs perceptifs. Cette méthode est notamment présente dans le portrait de Diana Vreeland présenté à Paris en 2013[24]. Leur travail a fait l'objet de diverses interprétations critiques concernant la lisibilité de leur démarche artistique.
Leur intégration dans les collections publiques (notamment au Centre national des arts plastiques et au Frac Occitanie Montpellier) témoigne de leur reconnaissance institutionnelle. En 2023, la revue Critique d'art publie la recension de Fanny Drugeon sur leur inclusion dans les panoramas de la peinture italienne actuelle, soulignant la diversité générationnelle de cette scène artistique[25].