La même année, Vesna Medenica est élue juge du tribunal de Kolašin et commence à s'élever dans la hiérarchie. Elle devient l'adjointe du procureur d'État à Podgorica en 1993. Entre juillet 2003 et décembre 2007, elle est procureure générale du Monténégro. De 2008 à 2014, elle dirige également le Conseil de la magistrature du Monténégro pendant deux mandats[1].
Le , Vesna Medenica est élue présidente de la Cour suprême du Monténégro(en) par le Parlement du Monténégro, en remplacement de Ratko Vuković. 43 députés votent en sa faveur, tandis que 7 s'opposent à sa nomination. Plusieurs députés d'opposition quittent la salle en signe de protestation; ils accusent la magistrate de ne pas avoir terminé les investigations pour des affaires de crimes de guerre et de protéger les intérêts du pouvoir[2].
Elle est réélue en 2014 et 2019 à la tête de la Cour suprême, alors que les textes constitutionnels n'autorisent théoriquement que deux mandats consécutifs[3]. Tout au long de sa présidence, l'opposition et les organisations de la société civile se montrent très critiques, l'accusant d'entretenir des liens avec le président Milo Đukanović et le Parti démocratique des socialistes du Monténégro. Les médias révèlent en 2019 qu'elle a réalisé une transaction immobilière non déclarée à l'Agence anti-corruption du pays avec un homme d'affaires proche du président Đukanović. En 2020, un rapport de l'Union européenne critique sa réélection pour un troisième mandat consécutif à la tête de l'institution ainsi que le manque d'indépendance réelle du système judiciaire[4]. Le , elle décide de démissionner sous la pression, déclarant ne pas vouloir faire obstacle aux progrès du Monténégro vers l'adhésion à l'Union européenne[4].
Procédures judiciaires
En avril 2022, Vesna Medenica est arrêtée alors qu'elle s'apprête à embarquer dans un vol pour la Serbie[5]. Peu de temps auparavant, Europol a fourni à la justice monténégrine des extraits de ses conversations avec son fils Miloš Medenica et un officier de police via la messagerie cryptée Sky ECC, dans lesquelles ils organisent un trafic de cocaïne et de cigarettes dans le port de Bar. Les révélations montrent que la magistrate avait connaissance des activités illégales de son fils, auxquelles elle participait[6],[3] et qu'elle protégeait des poursuites[5]. Le , elle est inculpée dans cette affaire, de même que son fils et plusieurs autres personnes[3].
Le , elle est condamnée à 6 mois de prison pour abus de pouvoir. Il lui est reproché d'avoir autorisé un juge de niveau inférieur de Rožaje à continuer d'exercer ses fonctions et de recevoir un salaire malgré les procédures pénales pour violences physiques ouvertes contre lui. L'avocat de Vesna Medenica annonce qu'elle fait appel de cette décision[6]. En décembre 2025, elle est à nouveau condamnée à un an de prison pour avoir incité un autre juge à commettre des infractions pénales[7].
Fin janvier 2026, plus de trois ans après son inculpation[3], elle est condamnée en première instance par la Haute Cour de Podgorica à 10 ans de prison[7] et 50 000 euros d'amende pour plusieurs chefs d'accusation liés aux activités criminelles du groupe dirigé par son fils. Vesna Medenica est par exemple reconnue coupable d'avoir utilisé son influence pour protéger le réseau criminel [8] et d'avoir exercé des pressions illégales sur le système judiciaire[9]. Cependant, elle est acquittée par la justice d'un autre chef d'accusation, création d'un groupe criminel[3], par manque de preuves. Elle fait appel, de même que le parquet[9] qui réclamait une peine de 20 ans de détention[7].
À l'issue du procès, la justice condamne 15 autres personnes, dont son fils, et une entreprise pour des faits de trafic, contrebande, corruption, abus de pouvoir et des délits liés aux armes. Malgré son assignation à résidence, Miloš Medenica parvient à prendre la fuite et reste introuvable après son jugement, ce qui provoque le mécontentement du président Jakov Milatović[8] et du Premier ministre Milojko Spajić[7].
Sanctions américaines
En septembre 2025, elle est placée sous sanctions par les États-Unis en même temps que l'ancien maire de Budva Milo Božović en raison de leur implication dans le trafic de stupéfiants, le crime organisé et la corruption[10].
12345(sh) Zoran Glavonjić, «Zašto su bivša predsednica Vrhovnog suda Crne Gore i njen sin dobili po deset godina zatvora?», Radio Slobodna Evropa, (lire en ligne, consulté le )
↑(sh) «Bivša predsjednica Vrhovnog suda Crne Gore Vesna Medenica i nekadašnji čelnik Budve Milo Božović na listi sankcija SAD», Radio Slobodna Evropa, (lire en ligne, consulté le )