Piégé dans Madrid à l’éclatement de la Guerre civile, il se retrouva en raison de son passé, et quoique demeuré fidèle à la République, dans le collimateur des miliciens de gauche, et dut chercher refuge dans l’ambassade du Mexique. Exfiltré début 1939, il s’exila en Amérique latine et devint à Mexico secrétaire général à la Presse du gouvernement républicain en exil.
Sous la Seconde République : Garde civile et ministère de l'Intérieur
En 1931, après la proclamation de la Seconde République, il fut promu au rang de capitaine, puis reçut une affectation à la Direction générale de la Garde civile. L’historien Paul Preston rappelle qu’à cette époque le portefeuille de l'Intérieur était détenu par Rafael Salazar Alonso, homme réputé réactionnaire, et qualifie Santiago Hodsson d’adversaire rabique de la gauche[3]. En février de 1932, au lendemain des événements de Castilblanco, il effectua pour le compte de la Revista Técnica de la Guardia Civil un reportage sur place, intitulé «Visita a Castilblanco», où il relatait ses expériences dans le village et ses entrevues avec de proches parents des gardes civils assassinés[4].
Il fut désigné à la tête de l’Oficina de Información y Enlace (littér. Bureau d’information et de liaison, c’est-à-dire des services secrets de la République), sitôt après la mise sur pied de cette officine en septembre 1933, et occupa ce poste de façon intermittente jusqu’en 1947. Homme méthodique, capable de brasser de grandes quantités d’informations, avant d’en distiller de copieux et exhaustifs rapports, il eut d’emblée de très bonnes relations avec son ministre de tutelle, le ministre de l’Intérieur Manuel Portela. C’est du reste Santiago Hodsson qui élabora le fascicule statistique et informatif dénommé Al servicio de la República, où étaient recensés les chiffres officiels de l’insurrection d’octobre 1934. La mise au point de ce rapport ainsi que la nécessité d’analyser plus avant les suites de cette grève insurrectionnelle faisaient que Santiago Hoddson eut à faire de fréquents voyages dans les derniers mois de 1934 et les premiers mois de 1935, la ville de Barcelone étant alors l’une de ses destinations habituelles[5].
Vers la fin de 1935, il fut nommé directeur général de la Sûreté[6], et c’est à ce titre qu’en , devant les rumeurs insistantes sur la préparation d’un putsch militaire et sur la supposée participation du général Franco à celui-ci, il fut missionné par le président du Conseil provisoire Manuel Portela d’avoir un entretien avec Franco, à ce moment-là toujours chef d’état-major, qui lui déclara alors, quoiqu’en des termes évasifs, qu’il ne conspirerait pas tant que n’existerait pas un «danger communiste en Espagne»[7],[6].
Guerre civile et exil
Lorsqu’éclata la Guerre civile, Santiago Hodsson demeura fidèle au gouvernement républicain, mais son passé et le rôle qu’il avait joué dans la répression pendant le dénommé biennat noir lui valurent d’être la cible des milices de gauche à Madrid. Pendant presque toute la durée du conflit, Santiago Hodsson dut se tenir caché dans l’ambassade du Mexique, d’où il ne réussit à s’échapper qu’au début de 1939 sous protection diplomatique[1].
À l’instar d’autres républicains, il partit en exil pour Cuba et arriva en à La Havane, où il élut domicile. Membre de la franc-maçonnerie, il cofonda en 1941 une loge maçonnique espagnole en exil[8]. Lorsque Cuba eut déclaré la guerre au Japon en , Hodsson se plaça sous les ordres de l’armée cubaine[9].
↑Dans l’historiographie espagnole, le patronyme apparaît occasionnellement sous la graphie Hodson, avec un seul s. À noter que Vicente est le prénom et Santiago Hodsson, composé du patronyme du père et de la mère respectivement, le nom de famille.
↑(es) Francisco Javier García Carrero, «Guardia Civil y conflictividad sociopolítica durante la Segunda República en la provincia de Cáceres», Revista de Estudios Extremeños, Badajoz, vol.LXXI, noNúmero Extraordinario, , p.219 (ISSN0210-2854, lire en ligne).
Jorge Domingo Cuadriello, Españoles en Cuba en el siglo XX, Séville, Renacimiento, , 360p. (ISBN978-8484721888).
Jorge Domingo Cuadriello, El exilio republicano español en Cuba, Madrid, Siglo XXI de España, , 672p. (ISBN978-8432313875).
Paul Preston, El Holocausto Español. Odio y Exterminio en la Guerra Civil y después [«The Spanish Holocaust: Hate and Extermination in the Civil War and After»], Barcelone, Debolsillo, 2013 (original anglais 2011), 768p. (ISBN978-8483068526).