Victor Gruen

architecte états-unien From Wikipedia, the free encyclopedia

Victor David Gruen ( - ), né Viktor David Grünbaum en Autriche, est un architecte commercial autrichien. Il est mondialement connu comme étant le pionnier de la conception des centres commerciaux (shopping malls) aux États-Unis. Fervent défenseur d'un urbanisme donnant la priorité aux piétons sur les automobiles, il est également l'architecte du premier centre commercial fermé et climatisé des États-Unis (le Southdale Center) et de la première rue piétonne du pays (le Kalamazoo Mal).

Décès
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VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Victor David GrünbaumVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Victor Gruen
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Biographie
Naissance
Décès
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VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Victor David GrünbaumVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Conjoint
Elsie Caroline Krummeck (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Gruen naît à Vienne et étudie l’architecture à l’Académie des beaux-arts de Vienne. Juif, socialiste, il émigre aux États-Unis en 1938 au moment de l’Anschluss[1]. À son arrivée à New York, il change son nom pour Gruen et devient dessinateur. En 1941, il déménage à Los Angeles et y fonde, en 1951, Victor Gruen Associates qui deviendra un important bureau d’architecture et d’urbanisme dans l’après-guerre.

En 1954, il dessine le premier centre commercial de banlieue, le Northland Center près de Détroit. Le succès de ce premier projet entraîne la commande des plans du Southdale Center, le premier centre commercial indoor. Parce qu’il a inventé le centre commercial moderne, Malcolm Gladwell écrit dans The New Yorker, que « Victor Gruen est sans doute l’architecte le plus influent du XXe siècle[2]. »

La bourgeoisie blanche qui habite la banlieue des grandes villes américaines trouve dans le centre commercial de banlieue le miroir consumériste de sa prospérité[réf. nécessaire]. Comme l'écrit The Economist, dans un article sur la naissance et la mort des malls[3], « Gruen réussit du premier coup un nombre impressionnant d'innovations. Il construit une voie d'accès tout autour du bâtiment pour permettre à la moitié des visiteurs d’entrer par le premier étage et à l'autre moitié par le rez-de-chaussée — une idée qui deviendra un standard du centre commercial. Les balcons des galeries sont bas pour permettre de voir les boutiques au-dessus ou au-dessous de là où l'on fait son shopping. Le parking est doté d'une signalétique qui permet de mémoriser où la voiture est garée. »

Gruen conçoit le South Coast Plaza, le plus grand centre commercial de la côte ouest des États-Unis, inauguré en mars 1967 par Henry J. Segerstrom, le propriétaire de l'entreprise C.J. Segerstrom & Sons.

Désillusion et retour en Autriche

En 1968, Gruen retourne vivre à Vienne. Il s'y engage dans la transformation progressive du centre-ville historique en zone piétonne (dont les rues Kärntner Strasse et Graben)[4].

À la fin de sa vie Gruen est profondémment déçu par la tournure qu'a pris son invention. Il constate que les centres commerciaux géants ont aspiré la vie des centres-villes, s'éloignant totalement de sa vision humaniste initiale[réf. nécessaire] d'espaces communautaires mixtes[réf. nécessaire].

Lors d'un discours à Londres en 1978, il rejette fermement l'héritage de ces structures : « Je refuse de payer une pension alimentaire pour ces construction bâtardes. Elles ont détruit nos villes » estimant que les promoteurs immobiliers ont dévoyé son idée[5].

Il meurt le à Vienne.

L'affaire Gruen v. Gruen

À la suite de sa mort, une importante bataille juridique, qui fera jurisprudence devant la Cour d'appel de New York, oppose son fils, l'avocat Michael S.Gruen, à sa veuve (et quatrième épouse), Kemija.

Le litige porte sur la propriété d'un tableau de Gustav Klimt (Schloss Kammer am Attersee II), que Victor Gruen a offert à son fils pour ses vingt-et-un ans, accompagné d'une lettre, tout en conservant l'oeuvre chez lui jusqu'à sa mort. La justice donne finalement raison au fils, validant le don du vivant (don inter vivos) malgré la conservation du tableau par le père[6].

Influence

Les écrits de Victor Gruen, en particulier son ouvrage The Heart of our Cities : The Urban Crisis, Diagnosis and Cure (1965), ont eu une influence déterminante sur les ambitions d'urbanisme de Walt Disney et sur la conception initiale du projet EPCOT (Experimental Prototype Community of Tommorow)[7].

Dans le monde anglo-saxon, le terme « Transfert de Gruen » (Gruen transfer) désigne l'effet psychologique par lequel la conception d'un centre commercial fermé, sans fenêtre, à la luminosité fixe, désoriente délibérément le consommateur, lui faisant perdre ses intentions d'achat initiales pour le pousser à l'achat compulsif. Une émission de télévision australienne analysant la publicité porte le nom de Gruen.

Références

Liens externes

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