Victor Pavie
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Angers
Saint-Melaine-sur-Aubance
| Nom de naissance | Louis Victor Pavie |
|---|---|
| Naissance |
Angers |
| Décès |
(à 77 ans) Saint-Melaine-sur-Aubance |
| Activité principale |
Écrivain, imprimeur |

Victor Pavie, né à Angers le et mort à Saint-Melaine-sur-Aubance le , a été avocat, puis éditeur et imprimeur français ; il fut aussi écrivain, poète et historien d'art, grand ami de Victor Hugo et des romantiques.
Dans le Paris romantique
Il est issu d'une famille d'imprimeurs angevins : son grand-père fonda l'une des premières imprimeries d'Angers ; son père en fit l’imprimerie des pouvoirs publics et religieux.
Il fait des études de droit à Paris. Il plaide quelques affaires en tant qu'avocat, puis reprend l'imprimerie familiale durant une dizaine d'années avant de se retirer[1].
Il soutient le romantisme naissant et fut le premier éditeur du Gaspard de la nuit d'Aloysius Bertrand.
Il a un frère, Théodore, de trois ans son cadet, qui sera orientaliste et explorateur.
Dès sa jeunesse, il est attiré par Lamartine puis Hugo[2]. Il entame une correspondance avec Victor Hugo et signe quelques articles dans le journal familial Les Affiches d'Angers.
Lors de ses études, il fréquente les cénacles littéraires parisiens ; il devient l'ami de Sainte-Beuve et de Victor Hugo. Il rencontre Walter Scott et Goethe, par l'intermédiaire de David d'Angers en 1828 et 1829. Le sculpteur l'accueille dans son atelier et le protège durant ses études. Le jeune Pavie rencontre également Nodier, Alexandre Dumas, Lamartine, Delacroix…
A Angers
De retour à Angers, il anime, rue St Laud, un « petit cénacle » qui rassemble quelques noms de la jeunesse artistique et littéraire de l'Anjou. Il publie, en 1834, 1835 et 1836, un recueil, La Gerbe.
Il devient un notable. Il sera vice-président de la Société d’Agriculture des Arts et des Sciences d’Angers (fondée par son père Louis Pavie en 1828) durant de longues années, ainsi que président des Conférences d'Angers (St Vincent de Paul), et l’un des fondateurs des « Cercles catholiques ouvriers ».
Auteur
Il écrit des poèmes, des souvenirs littéraires et artistiques, des études historiques, des récits de voyage, dont celui fait avec David d’Angers à Weimar, où il rencontre Goethe.
Lien avec les Hugo
Les frères Pavie, Victor surtout, vont partager le quotidien des Hugo durant leur jeunesse. Une relation de maître et disciple se crée entre les deux Victor à cette époque. Il défendra chaque soir la pièce Hernani, à la tête d’un « bataillon » d’une trentaine d’étudiants.
Victor et Théodore Pavie sont reçus régulièrement chez les Hugo, d’ordinaire le lundi soir.
Hugo l'appelle « Victor d’Angers » et lui envoie ses ouvrages. Il lui confie des originaux (comme la Pente de la rêverie) et lui donne à copier certains de ses textes (comme le Journal des idées et des opinions d’un révolutionnaire de 1830, de Littérature et philosophie mêlées). Le poète s’est inspiré d’expressions employées par Pavie dans ses poèmes ou ses lettres : par exemple, une « feuille d’automne » ou des « contemplations ».
Pavie défend les idées et les œuvres de Hugo dans de nombreux articles de la presse angevine. Pavie lui suggère un ouvrage théorique sur le Romantisme juste avant que Victor Hugo ne rédige la Préface de Cromwell (Hugo lui avait demandé de l’écrire).
À Paris, la famille Hugo mange du poisson de Loire et boit du vin de Bonnezeaux que leur apportent ou envoient les Pavie. Madame Hugo et Léopoldine viennent au mariage de Victor Pavie et restent plusieurs jours. Pavie porte des bretelles brodées par Léopoldine et son épouse des manchettes faites par Adèle Hugo. Celle-ci est appelée « Madame Maine-et-Loire » par tous les convives. Les Hugo ayant projeté d’acheter une demeure en Anjou, Victor Pavie leur avait trouvé un petit château aux Ponts-de-Cé mais l’affaire ne se fit pas[3].

Environ cent vingt lettres sont échangées, entre 1826 et 1868, entre les deux familles. Les lettres de Hugo commencent parfois par « mon frère », « mon poète »… Les marques d’affection, les confidences, les épanchements sont nombreux.
Malgré des divergences, d'ordre moral et esthétique, Victor Pavie soutient le poète au moment de l’exil et lui rendra visite jusqu'à la fin de sa vie.
L’épouse du poète soutiendra Pavie à différents moments de sa vie. Lui-même lui apportera son aide dans les périodes difficiles.
Une reconnaissance tardive
En septembre 2007, la Bibliothèque municipale d’Angers a proposé une exposition intitulée Gaspard de la Nuit, un coup de cœur littéraire de David d’Angers. Les personnes présentes (responsables culturels, universitaires, descendants...) décident de commémorer le bicentenaire de la naissance des fils Pavie.
Une Association des Amis de Victor et Théodore Pavie a mené différentes actions : colloque international, soutien d'expositions historiques et artistiques, conférences, publications, actions auprès des pouvoirs publics menant au baptême de rues, à la mise en valeur de tableaux au musée des Beaux-arts, à la création d'une promenade littéraire touristique avec les services municipaux, etc.
Depuis , une allée de Saint-Melaine-sur-Aubance porte le nom de Victor Pavie. Son prénom a également été ajouté à la « rue Pavie » à Angers, ainsi que ceux de son frère et de son père.
Œuvres
- Bonchamps et sa statue (1846)
- Eloge de David d'Angers (1853)
- Un portrait par Watteau (1855)
- Lettre de David d’Angers à Sainte-Beuve sur la mort de Louis Bertrand (1857)
- Westminster et Fontevrault (1867)
- Quinze jours en Normandie (1868)
- Charles Dovalle (1870)
- Goëthe et David, souvenirs d'un voyage à Weimar (1874)
- Les Revenants : Alexandre Dumas père (1881)
- Les Revenants : Charles Nodier (1883)
- Œuvres choisies (1887)
