Vieille Forêt (Écologie)
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Une vieille forêt est une forêt à la fois ancienne et mature.
Une forêt ancienne est définie en France comme une forêt dont l’état boisé date d’avant le minimum forestier aux alentours de 1830[1]. La distinction avec une vieille forêt est due au fait que les forêts, même anciennes, ont tendance à conserver un caractère juvénile lorsqu’elles sont exploitées : absence d’arbre d’âge supérieur aux critères optimums d’exploitation, absence de bois mort et de dendromicrohabitat…
Une forêt mature, au contraire est constituée d’un peuplement ayant eu le temps de vieillir. Elle est caractérisée par la présence d’un certain nombre de vieux arbres vivants de diamètre important, une abondance de gros arbres morts au sol (chablis) ou sur pieds (chandelles), et la présence de dendromicrohabitats nombreux et variés[1].
Les vieilles forêts présentent une biodiversité particulièrement riche, avec de nombreuses espèces inféodées.
Sylvigenèse et cycle sylvigénétique
La sylvigenèse est le processus de formation des forêts qui se produit dans la plupart des milieux naturels livrés à eux-même. En effet, en absence de perturbations extérieures (intervention de l’homme, broutage, incendies…), la prairie n’est qu’un état transitoire. La végétation de milieux ouverts (plantes basses annuelles, comme les pâquerettes ou les pissenlits) va petit à petit laisser place à une végétation plus haute, puis aux premiers ligneux bas (ronces, bruyères…), qui eux-même vont finir par perdre la course à la lumière face au premiers arbustes (genêts…). La fermeture du milieux s’achève avec l’apparition des premiers vrais arbres et la prairie est alors remplacée par une forêt juvénile.
Cependant, la sylvigenèse n’est pas encore terminée. Les premiers arbres sont généralement des espèces dites « pionnières » ou « post-pionnières », caractérisées, entre autres, par une croissance rapide, nécessitant des besoins élevés en lumière (pin maritime, chêne pédonculé). Les générations suivantes ne bénéficiant pas de tels apport en lumière, elles se feront petit à petit concurrencer par des espèces plus adaptées à des milieux déjà colonisés : les espèces dites « dryades », comme le hêtre ou le chêne sessile, caractérisées par des cycles de vies plus lents et par leur capacité à pousser directement sous la canopée (plantes dites « sciaphile »).
Le milieu atteint alors son stade climacique : il s’agit d’un état plus stable que les précédents, dans laquelle les espèces présentes se renouvellent d’une génération sur l’autre sans être remplacées par de nouvelles (bien que de nouvelles espèces, en particulier à migration lente, continuent de coloniser le milieux).
Ce fonctionnement linéaire théorique est confronté dans la réalité à l’occurrence de perturbations qui peuvent intervenir à n’importe quel stade de la sylvigenèse et vont à chaque fois la ramener ou la maintenir à un stade plus précoce, fermant ainsi le cycle sylvigénétique. Par exemple, un incendie ou une coupe à blanc peuvent rouvrir le milieu et le ramener à la phase d’embroussaillement.
Ces perturbations peuvent aussi maintenir le milieu à un stade spécifique de la sylvigenèse. On parlera de « blocages anthropiques » lorsque ces perturbations sont d’origines humaine (maintient du stade « prairie » par les activités de pâturage, coupes d’éclaircissement par un sylviculteur pour maintenir des espèces pionnières à croissances plus rapides et donc plus productives…), ou de « blocage stationnel » lorsqu’il est dû à la situation du site (fortes pentes et sol peu profonds empêchant l’ancrage des racines et entraînant des chutes prématurées, sols pauvres empêchant la croissance des arbres, aridités…).
Notion d’ancienneté : historique forestier
En Europe
Notion de maturité
Une forêt est dite « mature » si elle a atteint un stade avancé dans la sylvigenèse. Il est donc nécessaire pour cela qu’elle n’ait pas subit de perturbation majeure ou de blocage depuis suffisamment longtemps pour permettre au peuplement de vieillir. Les stades de maturité avancée s’évaluent à partir de caractéristiques structurelles particulières :
- Un peuplement dominé par des dryades autochtones ;
- Une futaie irrégulière (c’est-à-dire dont les individus ont des âges différents) incluant la présence de vieux arbres de diamètres importants, parfois de plusieurs mètres ;
- La présence d’une mosaïque de milieux : les vieux arbres, une fois morts laissent des trouées permettant une reprise locale du cycle sylvigénétique. On y verra se côtoyer des clairières, des arbres murs, des arbres dépérissant, de jeunes futaies… Contrairement à une images populaire, les vieilles forêts ne sont donc pas forcément sombres, et peuvent au contraire être plus ouvertes que des forêts juvéniles.
- Une nécromasse (la quantité de matière organique morte) importante : contrairement à une forêt exploitée, où les arbres sont coupés et exportés dès qu’ils dépassent un certain diamètre, les arbres des vieilles forêts ont le temps de terminer leur cycle de vie et de mourir sur place, engendrant la présence de nombreux chablis et chandelles favorables à la présence d’un cortège saproxylique largement inféodé à ces milieux.
- Une forte densité de dendromicrohabitats, permettant là encore la colonisation par une faune spécifique à ces forêts.
Ces caractéristiques font que les vieilles forêts ont une capacité d’accueil de certaines espèces qui leur sont propres.


