Vieux bazar de Skopje
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Le bazar se trouve au nord du centre-ville de Skopje, sur la rive nord du Vardar et en contrebas de la forteresse. Il est construit sur un terrain hétérogène, qui combine la plaine sédimentaire et des collines rocheuses.
Ses limites sont difficiles à définir, car les travaux de modernisation effectués au XXe siècle l'ont fait rétrécir et ont isolé certains monuments caractéristiques. Le cœur du quartier s'articule autour de la rue des orfèvres (Кујунџија en macédonien). Au nord, il est bordé par le Bit Pazar, un grand marché, à l'ouest par la forteresse, au sud, par le boulevard Goce-Delčev, qui isole le hammam Daout Pacha, et à l'est par le boulevard Misirkov, qui l'isole notamment de la mosquée du Sultan Murat.
Autrefois, le quartier était traversé par une rivière, la Serava. Cette dernière existe toujours, mais elle a été déviée vers l'ouest dans les années 1960, afin de rendre le bazar plus salubre. Après avoir traversé le quartier, elle se jetait dans le Vardar au niveau de l'Académie macédonienne des sciences et des arts.
Le vieux bazar se trouve entièrement dans la commune de Čair, qui compte 64 773 habitants, dont plus de la moitié sont albanais. Un quart des habitants sont macédoniens, 7 % sont turcs et le reste est composé de Roms et de Bosniaques[4].
- Une rue du bazar.
- Un magasin de tapis.
- Une rue en escaliers.
- Le bazar de nuit.
Histoire

Des fouilles archéologiques menées dans forteresse de Skopje, toute proche, suggèrent que le site du bazar a été occupé à partir de 4000 av. J.-C. La mention écrite la plus ancienne prouve quant à elle une occupation humaine à partir du VIe siècle av. J.-C., peut-être par une tribu péonienne[5].
Au VIe siècle, l'empereur byzantin Justinien fonde la forteresse sur la colline qui domine le quartier. L'emplacement du bazar devient un lieu de négoce portuaire entre le XIe siècle et le XIIe siècle[6], mais c'est après la conquête ottomane en 1392 que le bazar se met en place et que Skopje, rebaptisée Uskub, connaît son âge d'or. La ville devient majoritairement musulmane et sa physionomie est bouleversée par les nouvelles mosquées, les hammams et les caravansérails. Le développement du bazar est brusquement interrompu par un tremblement de terre en 1555, mais son activité reprend rapidement[5].

Au XXe siècle, le bazar est profondément modifié. Tout d'abord, la fin de la domination ottomane et le rattachement de la Macédoine à la Serbie en 1912 entraînent l'occidentalisation de la ville. Les maisons à pans de bois du bazar sont peu à peu remplacées par des constructions en brique et en stuc, typiques de l'Europe centrale.
Ensuite, le tremblement de terre de 1963 détruit la ville à 80 % et le bazar est très touché. Si les maisons à structure en bois ont généralement résisté à la secousse, les édifices en pierre et en brique, comme les mosquées et les hammams, sont souvent très touchés. Certains sont restaurés ou reconstruits, d'autres sont définitivement déblayés. La création de voies rapides entraîne par ailleurs le mitage et le rétrécissement du bazar. Celui-ci se trouve notamment coupé du Vardar et du centre-ville par le boulevard Goce-Delčev.
Après le tremblement de terre, la Serava, très polluée et insalubre, est dérivée vers l'ouest, et elle ne traverse donc plus le bazar[7].
Le vieux bazar a été déclaré « héritage culturel d’importance prioritaire » et c'est une des principales attractions touristiques de Skopje. Toutefois, l'artisanat local souffre, car les magasins préfèrent vendre aux visiteurs des produits bon marché plutôt que les objets fabriqués dans les ateliers traditionnels. Enfin, les commissions chargées du développement et de la conservation de l'endroit favorisent les implantations de restaurants au détriment des artisans. Le quartier compte surtout des restaurants macédoniens, des salons de thé à l'orientale et des magasins d'or, importé de Turquie[6].
