Héritier de l'ancienne dynastie des Tuʻi Haʻatakalaua, il est un chef important de l'île de Tongatapu au moment où le roi George Tupou Ier dote les Tonga d'une Constitution en 1875. La Constitution dispose que le roi crée une nouvelle noblesse tonguienne en créant vingt titres de noblesse, et que ces vingt nobles siègent automatiquement à la nouvelle Assemblée législative des Tonga aux côtés des élus roturiers. Le roi fait du nom de Viliami Tungi un titre, « Tungi », et le lui attribue[3]. Il nomme ensuite Tungi président de l'Assemblée, fonction qu'il exerce jusqu'en 1896[4]. Viliami Tungi renonce à sa fonction lorsqu'il devient progressivement aveugle et qu'un médecin allemand qu'il consulte aux Samoa lui confirme que la perte de sa vue est irrémédiable[5]. Durant cette période, son fils Siaosi Tukuʻaho est Premier ministre des Tonga de 1890 à 1893, avant de lui succéder brièvement comme président de l'Assemblée puis de mourir subitement d'une maladie cardiaque[4].
Retraité à Nukuʻalofa, Viliami Tungi vit des rentes des terres qu'il possède en tant que chef, jusqu'à ce que celles-ci lui soient confisquées par le gouvernement du Premier ministre Siosateki Veikune, « le réduisant à la pauvreté ». Il meurt peu après, en 1900[2]. Basil Thomson, dans son récit de voyage aux Tonga, le décrit comme « le plus courtois et imposant des chefs de la vieille époque, le dernier recueil des coutumes et des traditions anciennes »[2].
Son petit-fils Viliami Tungi épouse la princesse héritière Salote Tupou, qui hérite de la Couronne en 1918. Leur fils, arrière-petit-fils de Viliami Tungi Halatuituia, devient en 1965 le roi Taufaʻahau Tupou IV, et les rois tonguiens à ce jour sont ainsi ses descendants[6],[7].