Villa Rodah

maison particulière conçue pour le collectionneur Jean-André Périchon-Bey, à Bessines-sur-Gartempe From Wikipedia, the free encyclopedia

La villa Rodah (également connue sous le nom de « château Périchon-Bey ») est une maison construite à Bessines-sur-Gartempe au début du XXe siècle pour l’ingénieur et collectionneur d’antiquités égyptiennes Jean-André Périchon-Bey.

Type
Architecte
Louis Joly (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Villa Rodah
Présentation
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Histoire

La villa Rodah est imaginée par Jean-André Périchon-Bey à partir de 1895[1]. Travaillant alors en Égypte, Périchon prépare son retour en Limousin. Il envisage la construction d’une importante maison à Bessines-sur-Gartempes, sa commune natale. Le bâtiment devra rappeler sa vie en Égypte et affirmer sa réussite sociale.

Pour l’édification de sa villa, Périchon choisit l’architecte limousin Louis Joly[2]. Les premiers plans sont dessinés en 1901, et le bâti extérieur est achevé en 1904. Les travaux d’aménagement se poursuivent jusqu’en 1907, année durant laquelle les Périchon quittent définitivement l’Égypte pour le Limousin. Le nom donné à leur maison, « villa Rodah », est une référence à leur lieu de vie en Moyenne-Égypte. Les habitants de Bessines-sur-Gartempe appellent plus volontiers l’édifice « château Périchon-Bey »[3].

Architecture

Architecture extérieure

La villa Rodah est une maison de campagne dont certains détails architecturaux rappellent la vie en Égypte de ses propriétaires[4]. La façade arrière comprend une véranda de style mauresque, décorée de 5 fenêtres aux arcs outrepassés et de créneaux ajourés d’étoiles.

De plus, au sommet de la tour de la façade principale se trouve un alem, une flèche comprenant un croissant[5]. Ce motif décoratif était présent à l’époque en Égypte sur des minarets et des dômes de mosquée, mais également sur des bâtiments publics comme la sucrerie de Rodah.

La véranda et le salon mauresque

Tour principale surmontée d'un alem.

A l’intérieur de la villa Rodah, la véranda et le salon mauresque sont inspirés de l’architecture islamique[6]. Les plafonds en bois, peints de motifs géométriques et végétaux, reprennent ceux des palais de l’époque mamelouke (XIIIe - XIVe siècle). Le salon est également décoré de muqarnas, typiques de l’art islamique, et d’une frise avec un texte en arabe, sur toute la partie supérieure des murs.

La pièce est complétée par du mobilier rapporté de la maison égyptienne de Périchon, comme des guéridons, des banquettes ou encore des tables basses[7]. Une lampe de mosquée du XIIIe siècle sert également de décor.

Certains objets égyptisants ont été achetés en Europe par Périchon[8]. C’est le cas de cadres en forme de faucon et de scarabée, ou d’une pendule décorée de faux hiéroglyphes. Ils illustrent le goût de l’égyptomanie française à la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

La véranda et le salon mauresque sont des pièces centrales de la villa Rodah, par lesquelles tous les visiteurs sont invités à passer. L’utilisation d’un décor orientalisant dans les maisons bourgeoises est d’ailleurs très en vogue au XIXe siècle[9]. Il existe ainsi d’autres exemples de salons mauresques, notamment dans le château du Landeix de Jules-Ferdinand Gay-Lussac.

Le musée égyptien de la villa Rodah

Lors de la conception de la villa, Périchon dédie l’une des pièces à l’exposition de sa collection d’antiquités égyptiennes[6]. Il l’appelle lui-même « le musée ». Cette pièce se trouve au premier étage de la maison, accessible par l’escalier de la tour principale. Elle répond à l’intérêt scientifique de Périchon, contrairement au salon mauresque qui illustre plutôt son égyptophilie.

La collection d’antiquités de Périchon est présentée dans 8 vitrines sur-mesure, tapissées de tissu rouge[10]. Les objets sont disposés assez densément, regroupés en fonction de leur typologie, mais aussi de leur taille. Tous sont numérotés et inventoriés, et certains présentent même des socles.

Le musée reçoit parfois des visites d’amateurs et d’amis de Périchon[11]. Ainsi, en 1909, les membres du Dolmen Club (la Société archéologique de Bellac et des Deux-Marches, dont fait partie Périchon) sont invités à découvrir la collection. Après la visite, le président du club écrit dans son Bulletin : « C’est le musée de Boulacq transporté en Limousin ».

La villa Rodah aujourd’hui

La villa est vendue par le fils de Périchon-Bey, Pierre Gabriel Saïd Périchon, quelque temps avant sa mort le 24 juin 1937[12] à son cousin, André Couturier. En plus de la villa, Couturier achète les objets égyptiens encore présents dans la maison.

Notes et références

Annexes

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