Ville morte (grève africaine)
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Les villes mortes, ou journées villes mortes, sont une forme de grève générale mise en place dans certains pays d'Afrique.
Le mouvement est né au début des années 1990 au Cameroun, suivant le processus de démocratisation observé dans certains pays africains.
Les partis d'opposition entendaient au début affronter les pouvoirs en place, en dénonçant notamment le manque d'écoute par ces derniers. La seule solution invoquée par ces partis était d'appeler la population à la grève générale, ici caractérisée par la fermeture des commerces, des services et des entreprises. Lors d'une grève organisée en par le groupe CAP Liberté, des militants sont parvenus à paralyser toute la ville de Douala ainsi que des grandes agglomérations de l'ouest et du littoral du pays. Cependant, malgré l'importance de cette mobilisation et les répercussions économiques qu'elle a engendrées, le nouveau gouvernement de Sadou Hayatou est resté inflexible.
De nombreuses journées villes mortes se sont tenues depuis. C'est notamment le cas depuis 2017 au Cameroun, où le mouvement est régulièrement suivi dans ses régions anglophones à l'appel des séparatistes, dans le cadre d'un conflit armé[1],[2],[3],[4] pour faire pression sur le gouvernement, ou en République démocratique du Congo à l'initiative de l'opposition pour exiger le respect des règles démocratiques[5],[6].
En septembre , des journées villes mortes sont organisées à Goma, en République démocratique du Congo, à la suite d'une mobilisation de la société civile, exigeant une intervention de la part de l'armée régulière congolaise, dans l'objectif de libérer la petite ville de Bunagana contrôlée depuis le 13 juin par les rebelles du M23. Les autorités congolaises interdisent ces journées[7].
Notes et références
- ↑ « Cameroun : un lundi à Bamenda, ville morte où la colère est vive », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « « Villes mortes » au Cameroun – Rebecca Enonchong : « Notre hub à Buea fermera à l’approche des élections » - Jeune Afrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- ↑ « Ville morte dans les régions anglophone du Cameroun », sur BBC News Afrique, (consulté le )
- ↑ « Les villes fantômes du Cameroun – DW – 30/10/2023 », sur dw.com (consulté le )
- ↑ « Grève générale et «villes mortes» en RDC: une mobilisation en demi-teinte », sur RFI, (consulté le )
- ↑ « RDC : quel impact ont les journées villes mortes ? - Jeune Afrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- ↑ « RDC: des journées «ville-morte» à Goma à l'appel de la société civile », sur RFI, (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- (en) D. Malaquais , Blood Money: A Douala Chronicle, in « African Cities Reader», 2003 (lire en ligne) p. 137-149.