Vincent Teixeira

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Vincent Teixeira
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Vincent Teixeira est un critique littéraire, essayiste et universitaire français[1], né à Saint-Flour (Cantal) en 1969.

Son père, Jean Teixeira, fut organiste titulaire de la Cathédrale Saint-Pierre de Saint-Flour et chef des chœurs Guillaume Boni.

Au terme de ses études de littérature et philosophie, Vincent Teixeira est titulaire d'un doctorat ès lettres de l'Université Paris-III. Après plusieurs voyages en Asie, notamment dans le cadre de bourses des Missions Stendhal, depuis 2003 il vit au Japon, où il est professeur de langue et littérature françaises à l'Université de Fukuoka. Son premier essai, paru en 1997 est consacré à Georges Bataille et l'esthétique (Georges Bataille, la part de l'art - la peinture du non-savoir). Il publie un premier recueil poétique en 2007, À l'encre des dérives, préfacé par Salah Stétié.

Selon une approche qui tente de concilier critique littéraire et critique sociale, son travail porte d'abord sur la poésie, l'écriture, les rapports entre littérature et pensée, littérature et expérience - notamment autour des œuvres de Georges Bataille, Maurice Blanchot[2], Ghérasim Luca[3] , Paul Celan, Michel Fardoulis-Lagrange[4], Arthur Rimbaud, Francis Giauque[5], Armel Guerne, le surréalisme, en particulier ses ancêtres (Arthur Cravan, Jacques Vaché, Jacques Rigaut)[6], ou ceux de la dernière génération (Stanislas Rodanski)[7].

À travers ces textes et articles, il tente de montrer comment la littérature, quand elle travaille la langue autant qu'elle bouleverse la vie et les êtres, au-delà d'une idée pétrifiée de l'art séparé de la vie, ne se départ pas de la pensée et constitue une manière de penser, sentir et vivre autrement. Dans Shakespeare et les boys band : culture jetable et marchandisation hédoniste (2014), il critique l'actuelle marchandisation de la culture, dominée par le « mainstream », le commerce d'« une culture sans estomac dont l'artifice va de pair avec la fuite en avant dans l'artificialisation de la vie, relevant essentiellement du divertissement, comme un baume adoucissant aux misères quotidiennes. Car à travers cette assuétude qu'on nous inocule à consommer indifféremment des produits culturels comme du coca light, nous sentons l'horizon se restreindre, et croître, parallèlement à celles de la planète, les pollutions et dégradations de l'esprit »[8]. Frédéric Aribit y voit « un virulent pamphlet qui épingle le navrant conformisme consumériste qu’on a de cesse de vendre en guise de culture, et qui, sous couvert d’“entertainment” généralisé, n’en finit pas de proliférer jusqu’à la nausée, bouchant désormais l’horizon qu’elle était supposée dégager au contraire[9]. »

Dans le prolongement de cet essai, De la colère en l'Occident fantôme (2014) stigmatise les désastres provoqués par un Occident « masquant sa volonté de puissance sous la bannière généreuse de la civilisation. » « Prise dans l'engrenage de nos horreurs économiques, la vie est ainsi gaspillée, au bénéfice du matérialisme qui gouverne le parc humain. Mais à mesure que, déroutés, nous sentons l'horizon se restreindre et croître le devenir fantôme de ce monde, la colère ne devrait-elle pas renouer avec les pouvoirs de la parole, comme refus de consommer le monde, tel qu'il nous y pousse, et comme contre-poison apte à le bousculer ? »[10]

Il publie de nombreux articles en France et au Japon, notamment dans les revues Europe, Mélusine (Éditions L'Âge d'Homme), Alkemie (Éditions Classiques Garnier), Apulée (Éditions Zulma), etc.

Il a été membre du comité de publication des Cahiers Bataille, dont le premier numéro, paru en 2011, a présenté un travail inédit en France autour des illustrations de deux récits de Bataille, Histoire de l'œil et Madame Edwarda, par le peintre japonais Kuniyoshi Kaneko. Il est également membre de la Société japonaise de langue et littérature françaises, de l'association Ars Industrialis, de l'Association pour la recherche et l’étude du surréalisme (APRES), dirigée par Henri Béhar, et des Amis du Blog de Paul Jorion sur lequel il publie parfois des billets, en lien avec l'actualité au Japon, qu'il s'agisse de l'accident nucléaire de Fukushima[11], de réformes menaçant l'avenir des sciences humaines et sociales[12], ou bien concernant l'actualité politique et culturelle en général, comme certaines critiques de Michel Onfray[13], dans la lignée de celle d'Alain Jugnon. En 2020, il s'oppose vivement au projet de « panthéonisation » de Rimbaud et Verlaine, dans un texte intitulé « La mascarade des embaumeurs. Rimbaud et les Panthéonades »[14].

Livres

  • Georges Bataille, la part de l'art : la peinture du non-savoir, Paris, L'Harmattan, coll. « L'Ouverture philosophique », 1997.
  • À l'encre des dérives, préface de Salah Stétié, Paris, L'Harmattan, coll. « Poètes des cinq continents », 2007.
  • Shakespeare et les boys band : culture jetable et marchandisation hédoniste, Paris, Éditions Kimé, coll. « Détours littéraires », 2014.
  • De la colère en l'Occident fantôme, Paris, L'Harmattan, hors-collection, 2014.
  • L'Ombre et la Nuit de Francis Giauque, co-écrit avec Véronique Gonzalez, Gollion-Paris/Bienne, éditions Infolio/ACEL, coll. « Le cippe », 2015.
  • Guerne, la marche à l’Étoile, Gollion (Suisse), coll. « Presto », 2025.

Ouvrages collectifs

  • « Maurice Blanchot et Paul Celan : voix sans visage, voix du silence », in Maurice Blanchot de proche en proche, dir. Éric Hoppenot, Paris, éditions Complicités, 2008.
  • « Outre-langue », in Études françaises au Japon / Tradition et renouveau, dir. Jean Klein et Francine Thyrion, Louvain-la-Neuve, Presses Universitaires de Louvain, 2010.
  • « La langue rêvée : le rêve(il) de l'écriture », in Traduire le rêve, actes de colloque sous la dir. de Marielle Anselmo et Mitsumasa Wada, Presses universitaires de Seinan Gakuin (Japon), 2010.
  • « L'œil à l'œuvre - Histoire de l'œil et ses peintres », in Cahiers Bataille, n°1, Meurcourt, éditions les Cahiers, 2011.
  • « Georges Bataille et les mangeurs de fromage », entretien avec Olivier Meunier in Georges Bataille en Auvergne : cinquantenaire de la mort de Georges Bataille, Mairie de Riom-ès-Montagnes et Drac d'Auvergne, 2012[15].
  • « Des trous dans le grand tout », in Qu’est-ce que le trou ?, dirigé par Lionel Rebout, Bruges, Éditions Phanères, 2022.
  • « La musique de Rashômon. Boléro japonais ou gagaku hybride », in Rashômon, histoire(s) du film, Paris, Potemkine Films, livre de l’édition collector du DVD, 2022.

Articles

Notes et références

Liens externes

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