Vivente rege

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Vivente rege (en latin « du vivant du roi ») est un terme latin désignant une élection royale et un couronnement organisés du vivant du roi précédent. Dans le cas d'une élection au trône impérial, on parle parfois d'élection vivente imperatore du vivant de l'empereur »). L'élection Vivente rege avait généralement lieu à la demande du souverain lui-même, soucieux d'assurer la succession de ses descendants.

En France

En France après 987, l'emploi systématique de l'élection vivente rege a conduit à la transformation de la monarchie élective en monarchie héréditaire : la succession du fils du roi régnant est devenue tout simplement évidente[1].

Dans le Saint-Empire romain germanique

Dans le Saint-Empire, les empereurs des dynasties saxonne, salienne, de Hohenstaufen, luxembourgeoise et de Habsbourg eurent recours à plusieurs reprises à l'élection de l'Empereur par succession héréditaire vivente rege. Cette pratique renforçant la position de la dynastie au sein du système politique du Reich et pouvant mener à l'instauration d'une monarchie héréditaire, elle fut interdite par la Bulle d'or de Charles IV[2] et le traité de Westphalie. Bien que l'interdiction ne fût pas respectée, les princes allemands s'opposèrent fermement à tout projet d'instaurer une succession héréditaire au trône.

En République des Deux Nations

En Pologne, après la mort de Ladislas III de Varna, les rois étaient élus par des assemblées nobiliaires. Il fut décidé que l'élection se déroulerait après le décès du souverain précédent, lors d'une assemblée ouverte à tous les nobles. Le 18 décembre 1529, lors de la Diète générale de Piotrków, le roi Sigismond Ier l'Ancien et la reine Bona Sforza persuadèrent les députés et les sénateurs d'élire leur fils, Sigismond Auguste, roi de Pologne, du vivant de son père. Le 20 février 1530, Sigismond Auguste fut couronné au château de Wawel par le primat de Pologne Jan Łaski, et corégna officiellement avec son père. Cette méthode de succession suscita une vive opposition de la part d'une partie importante de la noblesse ; aussi, lors de la Diète du couronnement, Sigismond l'Ancien dut veiller à ce que l'élection du successeur de Sigismond Auguste se déroule selon les règles traditionnelles[3].

Les Articles Henriciens, au point 1, interdisaient au souverain élu de nommer, élire ou procéder à toute élection, de quelque manière ou sous quelque forme que ce soit, d'un roi qui lui succéderait.

Vers la fin du règne de Jean Casimir, une proposition d'élection du successeur vivente rege fut présentée par son épouse, la reine Louise-Marie de Gonzague. Cependant, des querelles concernant le candidat à la succession (malgré la liberté de choix proclamée, la cour persuada secrètement des magnats de signer des clauses excluant les candidats nationaux)[4] menèrent au déclenchement de la rébellion de Lubomirski et au rejet définitif de la réforme en 1666.

En novembre 1790, les assemblées régionales, élisant de nouveaux députés à la Grande Diète, approuvèrent majoritairement l'élection de Frédéric Auguste au trône selon le principe du vivante rege, tout en rejetant généralement l'idée d'un trône héréditaire[5]. La Constitution du 3 mai instaura une monarchie élective dynastique. En l'absence de descendants mâles de l'électeur, le successeur devait être son gendre, « avec le consentement des États réunis, ou sa fille choisie (...) , tout en préservant le droit de la nation, sans prescription, d'élire une seconde maison au trône après l'extinction de la première » (article VII). Des amendements à la Constitution devaient être examinés tous les 25 ans (article VI). En février 1792, les assemblées régionales approuvèrent massivement la Constitution[6].

Bibliographie

Références

Voir aussi

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