Vol Québecair 255

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Le , un Fairchild F-27 effectuant le vol Québecair 255, un vol régional régulier entre Québec et Montréal, au Canada, s'écrase quelques minutes après son décollage de l'aéroport international Jean-Lesage de Québec, à la suite de l'explosion d'un des deux moteurs. Les trois membres d'équipage et quatorze des 21 passagers périssent dans l'accident, totalisant 17 morts. Il s'agit toujours aujourd'hui de l'accident d'avion le plus grave ayant eut lieu à l'aéroport international Jean-Lesage.

Date
TypePerte de contrôle en vol
CausesExplosion de la turbine à gaz du turbopropulseur n°2
PhaseMontée
Faits en bref Caractéristiques de l'accident, Date ...
Vol Québecair 255
Un Fairchild F-27 de Québecair, similaire à celui impliqué dans l'accident.
Un Fairchild F-27 de Québecair, similaire à celui impliqué dans l'accident.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypePerte de contrôle en vol
CausesExplosion de la turbine à gaz du turbopropulseur n°2
PhaseMontée
SitePrès de l'aéroport international Jean-Lesage de Québec, au Canada
Coordonnées 46° 47′ 14,1072″ nord, 71° 21′ 50,0112″ ouest
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilFairchild F-27
CompagnieQuébecair
No  d'identificationCF-QBL
Lieu d'origineAéroport international Jean-Lesage de Québec, au Canada
Lieu de destinationAéroport de Dorval, à Montréal, au Canada
Passagers21
Équipage3
Bilan
Morts17
Survivants7

Géolocalisation sur la carte : Québec (ville)
(Voir situation sur carte : Québec (ville))
Vol Québecair 255
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Accident

Il est environ 18h45[1] lorsque le F-27 vieux de 21 ans[2] décolle de l'aéroport international Jean Lesage (connu à cette époque sous le nom de Aéroport de l'Ancienne-Lorette ou Aéroport de Sainte-Foy). Presque immédiatement après le décollage, un des moteurs explose. Le pilote André Bessette alerte aussitôt la tour de contrôle que le moteur droit est en feu[3],[4]. Les flammes se propagent rapidement tout au long de l'aile et l'équipage n'a d'autre choix que de faire demi-tour pour tenter un atterrissage d'urgence à l'aéroport. L'avion vole à très basse altitude et frôle de près le toit de la Maison mère des frères du Sacré-Cœur (aujourd'hui le Collège Champigny)[5]. Quelques instants plus tard, l'appareil s'écrase dans ce qui était alors un champ agricole[a] à la pente relativement prononcée, à seulement 1,3 kilomètres de la piste d'atterrissage la plus proche[3],[7].

Selon des témoins, l'avion volait à une très basse altitude d'environ 200 pieds[b] (61 m) et tentait d'effectuer un virage en direction de l'aéroport lorsque l'extrémité de son aile droite entre en contact avec le sol, faisant en sorte que l'appareil se renverse sur son dos pour finalement tomber au sol « comme une brique »[2]. Le F-27 se brise en plusieurs pièces et ses débris prennent feu[2].

De nombreuses personnes assistèrent à l'écrasement, puisqu'il eut lieu à proximité de nombreuses résidences qui, dans certains cas, ne se trouvent qu'à 200 mètres du lieu de l'impact[2]. Ces résidents furent parmi les premiers à se rendre sur les lieux de l'accident, où arrivèrent bientôt aussi des policiers de la ville de Sainte-Foy et des frères de la maison mère du Sacré-Cœur, également située à proximité. Tous se mirent rapidement à l'ouvrage pour porter secours aux survivants, improvisant avec des outils provenant de leurs maisons et des canifs pour extirper certains passagers qui étaient toujours attachés à leur siège[2].

Trois survivants grièvement blessés — deux hommes et une femme — furent en mesure de se s'éloigner eux-mêmes de la carcasse du F-27 et de marcher en direction des maisons les plus proches. Ils rencontrèrent en chemin un résident qui se rendait porter secours aux blessés et furent promptement escortés à la maison d'un des témoins[5] où ils attendirent l'arrivée des secours[2].

Opérations d'urgence

À cette époque, l'ancienne ville de Sainte-Foy (maintenant fusionnée à la Ville de Québec) avait un plan d'urgence pour faire face à ce type d'accident[2]. Toutefois, plusieurs imprévus se sont présentés aux secouristes et aux membres des forces de l'ordre qui se rendait sur les lieux de l'écrasement. En outre, l'explosion du réservoir à carburant d'une des ailes qui était la proie des flammes, 10 minutes après l'arrivée des premiers répondants. La déflagration généra une boule de feu de 50 pieds (15 m) de hauteur, ce qui eut pour résultat de forcer l'arrêt des opérations pendant un certain temps[2]. Tous les survivants avaient cependant déjà été évacués et l'explosion avait été présentie par des secouristes qui ont su en détecter les signes avant-coureurs à temps[5].

Les opérations de secours furent également gênées par l'absence d'un chemin praticable qui aurait permis aux lourds véhicules d'urgence de se rendre rapidement et directement à proximité de l'incendie. Le fait que l'incident eut lieu à la fin mars signifiait que le sol était mou et gorgé d'eau, dû à la fonte des neiges. Une équipe de pompiers, par exemple, avait tenté de se rendre près des flammes en s'aventurant sur le sol ramolli du champ avec leur camion. Celui-ci s'embourba et dû être remorqué plus tard par une puissante niveleuse[2].

Les policiers n'eurent éventuellement d'autre choix que de faire amener sur place divers types de chenillettes[2] pour faciliter la circulation, la livraison d'outils et de matériel, le déplacement du personnel ambulancier et policier, de même que l'évacuation des corps des victimes.

Survivants et victimes

Malgré ces obstacles et l'intensité des flammes, 19 des 24 passagers furent rescapés des débris en moins de 10 minutes[5]. La plupart était grièvement blessés mais ils furent tous transportés à l'hôpital en l'espace d'une demi-heure[3]. Onze blessés ont été amenées au Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL), mais six d'entre eux succombèrent à leurs blessures en chemin ou peu après leur arrivée[2]. Les huit autres furent dirigés vers l'hôpital Laval, où seulement deux survécurent[2].

L'écrasement tua instantanément l'équipage au complet; comprenant le pilote André Bessette (un ex-pilote des forces armées Canadiennes), le copilote Alain Willaume et l'agente de bord Danielle Ouellette[8]. Les corps calcinés de Bessette et Willaume ont été les derniers à être extirpés des débris de l'appareil, le lendemain matin. Selon le témoignage d'une survivante,[c] un homme serait mort quelques moments avant l'impact, possiblement d'une crise cardiaque ou d'un autre problème de santé indéterminé[8].

Enquête

Les enquêteurs canadiens ont conclu que, peu de temps après le décollage du vol 255, la turbine à gaz du turbopropulseur n°2 (celui de droite) explose en vol, provoquant la séparation de la partie avant du moteur du reste de l'avion. Les pilotes n'ont pas pu sortir le train d'atterrissage parce que des débris émanant du moteur ont endommagé le circuit électronique contrôlant la sélection de vitesse de vol.

Ceci, combiné au moteur endommagé, a considérablement augmenté la traînée aérodynamique et l'avion n'a pas été en mesure de monter ou de maintenir son altitude lors du dernier virage effectué pour l'approche. Le centre de gravité s'est déplacé vers l'arrière au-delà de la limite opérationnelle de l'avion, en raison de la séparation des éléments du moteur droit et aux mouvements des passagers dans la cabine, ce qui a fait chuter la vitesse de l'appareil sous la vitesse minimale requise, provoquant la perte de contrôle et la collision avec le sol.

Notes et références

Notes

  1. Quinze ans après l'événement, en 1994, une partie des terres où eut lieu l'accident fut rachetée et convertie en terrain de golf[6]. L'endroit précis de l'impact ne semble pas avoir été noté par les sources consultées. Cette estimation est toutefois basée sur des informations fiables. Une photographie aérienne tirée de l'article du Journal de Québec[4] montre le lieu de la tragédie en relation avec la rue Champigny Est et les demeures qui sont mentionnées dans l'article du journal Le Soleil[2]. Ce même article mentionne aussi que l'impact eut lieu à environ 1500 pieds (457 m) au nord du boulevard Wilfrid-Hamel et environ à 1000 pieds (305 m) du terrain de la Maison mère des frères du Sacré-Cœur.
  2. L'utilisation des unités de mesure du système impérial étaient généralement toujours la norme au Québec à cette époque, comme on peut le constater dans les sources consultés et citées ici. En 1979, la transition du Canada vers le système métrique était une initiative en cours depuis peu, dont les effets allaient prendre encore quelques années avant d'être ressentis.
  3. Johanne de Montigny M.A.Ps., âgée de 29 ans en 1979. Une survivante de l'écrasement qui en est sortie grièvement blessée. Ses souvenirs de l'événement ont souvent été cités dans les médias québécois au fil des années. Cette tragédie et l'expérience de mort imminente qu'elle a vécue l'ont incitée à devenir psychologue spécialisée en soins palliatifs.

Références

Voir aussi

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