Vol Thai Airways International 311
accident aérien survenu en 1992 au Népal
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Le , l'Airbus A310 effectuant le vol Thai Airways International 311, un vol international régulier reliant l'aéroport international Don Muang de Bangkok, en Thaïlande, à l'aéroport international Tribhuvan de Katmandou, au Népal, s'écrase à 12 h 45, heure locale (7 h 0 UTC), contre le flanc d’une montagne, située à 37 kilomètres au nord de Katmandou et à une altitude de 11 500 pieds (3 505 mètres), lors de son approche finale, tuant sur le coup les 113 passagers et membres d'équipage présents à bord[1],[2],[3]. Il s’agissait à la fois de la première perte et du premier accident aérien mortel impliquant l’A310.
| Vol Thai Airways International 311 | |||
L'Airbus A310 impliqué (HS-TID), photographié trois mois avant l'accident. | |||
| Caractéristiques de l'accident | |||
|---|---|---|---|
| Date | |||
| Type | Impact sans perte de contrôle | ||
| Causes | Erreur de navigation, perte de conscience de la situation, erreurs du contrôleur aérien, erreur de pilotage, mauvaise coordination de l'équipage dans le cockpit | ||
| Phase | Approche | ||
| Site | Parc national de Langtang, Népal | ||
| Coordonnées | 28° 03′ 09″ nord, 85° 27′ 03″ est | ||
| Caractéristiques de l'appareil | |||
| Type d'appareil | Airbus A310-304 | ||
| Compagnie | Thai Airways International | ||
| No d'identification | HS-TID | ||
| Lieu d'origine | Aéroport international Don Muang, Bangkok, Thaïlande | ||
| Lieu de destination | Aéroport international Tribhuvan, Katmandou, Népal | ||
| Passagers | 99 | ||
| Équipage | 14 | ||
| Bilan | |||
| Morts | 113 (tous) | ||
| Survivants | 0 | ||
| Géolocalisation sur la carte : Népal
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Avion et équipage
L'appareil assurant ce vol est un Airbus A310-304 fabriqué par Airbus Industrie, qui a effectué son premier vol le et immatriculé HS-TID (numéro de série 438). Propulsé par deux turboréacteurs à double flux General Electric CF6-80C2A2[4], il totalise 13 127 heures de vol, effectuées en 4 768 cycles (décollage/atterrissage), au moment de l'accident.
Il est d'abord entré en service auprès de la compagnie aérienne canadienne Wardair, sous le numéro d'immatriculation C-FGWD. Puis, lorsque Canadian Airlines International a fait l'acquisition de Wardair en 1989, il est officiellement entré en service auprès de Canadian Airlines International à compter du , avec la même immatriculation[4]. Peu de temps après, il a été vendu à Thai Airways International, qui en a pris livraison le et l’a fait ré-enregistrer sous l'immatriculation HS-TID[4],[5].
Au moment de l'accident, cet avion de ligne long-courrier était en exploitation commerciale depuis moins de cinq ans[6]. Il était piloté par le commandant de bord Preeda Suttimai (41 ans), qui totalisait 13 200 heures de vol, dont 4 400 heures sur A310 et 1 700 heures en tant que commandant de bord, et l'officier pilote de ligne Phunthat Boonyayej (52 ans), qui cumulait 14 600 heures de vol, dont 4 200 heures sur A310. L'équipage de cabine, composé de 12 agents de bord (PNC), s’occupaient des 99 passagers présents à bord.
Déroulement des faits
Le vol 311 a décollé de Bangkok à 10 h 30, heure locale[2] (3 h 30 UTC). Son arrivée à Katmandou est alors prévue à 12 h 55 heure normale du Népal (7 h 10 UTC). Après avoir traversé l'espace aérien népalais, les pilotes ont pris contact avec le contrôle de la circulation aérienne et ont été autorisés à effectuer une approche aux instruments en provenance du sud, appelée « approche indirecte Sierra VOR » pour la piste 20. À cette époque, le contrôle aérien népalais n'était pas équipé d'un radar[7]. Le commandant de bord était visiblement réticent à cette approche, car il ne souhaitait pas voler si près des montagnes au nord de l'aéroport et faire demi-tour par faible visibilité.
Peu de temps après s'être signalé au point Sierra, à environ 10 kilomètres au sud du VOR de Katmandou, les pilotes appellent le contrôleur aérien en demandant un déroutement vers Calcutta, en Inde, en raison d'un « problème technique »[8] (lors d'une tentative de déploiement des volets, ceux-ci sont restés bloqués, rendant la descente abrupte vers Katmandou dangereuse). Avant que le contrôleur ne puisse répondre, ils ont annulé leur transmission précédente ; les volets ont été rentrés puis déployés correctement.
L'équipage a ensuite été autorisé à effectuer une approche directe vers la piste 02, depuis le point Sierra, et les pilotes ont signalé qu'ils quittaient l'altitude de 9 500 pieds (2 896 mètres). Le commandant de bord a demandé à plusieurs reprises des informations sur les vents et la visibilité à l'aéroport, mais le contrôleur lui a simplement annoncé que la piste 02 était disponible[6].
Un certain nombre de communications frustrantes et trompeuses (dues en partie à des problèmes de langue et également au manque d'expérience du contrôleur aérien, stagiaire et n'étant en service que depuis neuf mois) se suivent entre le contrôleur et les pilotes en ce qui concerne l'altitude et la distance du vol 311 par rapport à l'aéroport[9]. Le commandant de bord a demandé à quatre reprises l'autorisation de virer à gauche, mais après ne pas avoir reçu de réponse ferme, il a annoncé qu'il tournait à droite et montait au niveau de vol 200 (20 000 pieds - 6 100 mètres), avec l'intention de retourner à Point Romeo et de tenter une nouvelle approche directe.
Le contrôleur responsable du vol 311 a supposé qu'il avait interrompu l'approche et tournait vers le sud. Il a donc autorisé l'avion à descendre à 11 500 pieds (3 505 mètres), une altitude qui aurait été sûre dans la zone sud de l'aéroport. Le vol 311 est donc redescendu à 11 500 pieds, puis a involontairement effectué un virage à près de 360 degrés (au lieu d'un virage de 180 degrés pour retourner au sud, en direction du point Romeo) et a survolé l’aéroport en direction du nord[6],[10].
Quelques secondes avant l’impact, l'avertisseur de proximité du sol (GPWS) s’est activé et plusieurs alarmes ont été émises pour alerter l’équipage de la collision imminente avec le relief[6]. Le copilote Boonyayej a averti le commandant Suttimai et l'a exhorté à faire demi-tour mais, probablement frustré par les communications avec le contrôleur, le commandant a déclaré à tort que le GPWS était en train de donner de fausses indications. L'A310 s’écrase quelques instants plus tard sur une paroi rocheuse abrupte, dans une zone reculée du parc national de Langtang, avec une vitesse sol de 300 nœuds (560 km/h), ne laissant aucun survivant parmi les 113 personnes à bord[8],[11],[12].
Victimes
| Nationalité | Passagers | Équipage | Total |
|---|---|---|---|
| 21 | 14 | 35 | |
| 23 | 0 | 23 | |
| 17 | 0 | 17 | |
| 11 | 0 | 11 | |
| 5 | 0 | 5 | |
| 5 | 0 | 5 | |
| 4 | 0 | 4 | |
| 3 | 0 | 3 | |
| 2 | 0 | 2 | |
| 2 | 0 | 2 | |
| 2 | 0 | 2 | |
| 2 | 0 | 2 | |
| 1 | 0 | 1 | |
| 1 | 0 | 1 | |
| Total | 99 | 14 | 113 |
Enquête
Des enquêteurs de l'autorité de l'aviation civile du Népal (en), d'Airbus Industrie, et du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), qui ont fourni des détails techniques, ont déterminé que l'avion avait subi une défaillance mineure dans le fonctionnement des volets intérieurs juste après que l'avion a atteint le point Sierra[13].
Préoccupé par le fait que l'approche complexe à Katmandou dans des conditions de vol aux instruments serait difficile avec des volets défectueux et frustré par le contrôleur et les réponses peu concluantes de son copilote à ses questions, le commandant de bord a décidé de se dérouter vers Calcutta[14].
Cependant, quelques secondes plus tard, les volets ont soudainement commencé à fonctionner correctement, mais le commandant de bord a été contraint de résoudre lui-même plusieurs aspects de la difficile approche en raison du manque d'initiative de son copilote. Après de nombreux échanges extrêmement frustrants avec le contrôleur népalais, le commandant de bord a pu obtenir des informations météorologiques suffisantes pour l'aéroport, mais à ce moment-là, il avait survolé Katmandou et l'avion se dirigeait vers l'Himalaya[14].
Les autorités népalaises ont constaté que les causes probables de l'accident étaient la perte de conscience de la situation par le commandant de bord et par le contrôleur ; un niveau d'anglais insuffisant et des problèmes techniques ont provoqué la frustration et une charge de travail importante du commandant de bord[14] ; le manque d'initiative du copilote et des réponses peu concluantes aux questions du commandant de bord ; l'inexpérience du contrôleur aérien, sa mauvaise maîtrise de l'anglais et sa réticence à s'immiscer dans ce qu'il considérait comme une question de pilotage, telle que la séparation avec le terrain ; une mauvaise supervision du contrôleur inexpérimenté ; l'incapacité de Thaï Airways International à fournir une formation sur simulateur pour l'approche complexe sur Katmandou pour ses pilotes; et une mauvaise utilisation du système de gestion de vol de l'avion (FMS)[7].
Alors qu'il travaillait à haute altitude sur les lieux du crash, un membre britannique de l'équipe d'enquête d'Airbus, Gordon Corps (62 ans), est décédé des suites d'une hypoxie. Il avait plus de 11 500 heures de vol à son actif, et était un pilote d'essai expérimenté chez Airbus[15],[16].
Conséquences

22 recommandations de sécurité ont été émises à la suite de l'accident et de l'enquête qui a suivi[6].
À la suite de cet accident, Thai Airways a retiré le numéro de vol 311, ainsi que le numéro de vol 312, qui avait été utilisé pour le vol retour Katmandou - Bangkok. Ceux-ci ont été remplacés par les numéros de vol 319 et 320. Ces vols ont continué à être exploités par des Airbus A310, jusqu'à ce que ce type d'appareil soit abandonné par la compagnie aérienne et remplacé par des Boeing 777 en 2001. Les restes de l'avion sont toujours visibles dans le parc national de Langtang lors du trekking entre Ghopte et le col de Tharepati.
Médias
L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série télévisée Air Crash nommé « L'avion perdu » (saison 17 - épisode 10).