Vädersolstavlan

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Artiste
Urban målare ? (original)
Jacob Elbfas (copie)
Date
vers 1535 (original)
1636 (copie)
Dimensions(H × L)
163 × 110 cm
Vädersolstavlan
Artiste
Urban målare ? (original)
Jacob Elbfas (copie)
Date
vers 1535 (original)
1636 (copie)
Technique
Dimensions (H × L)
163 × 110 cm
Localisation

Le Vädersolstavlan est une peinture représentant un parhélie observé au-dessus de la ville de Stockholm le . Son nom signifie littéralement « la peinture du soleil du temps », vädersol soleil du temps ») étant le nom de ce phénomène optique en suédois. Il s'agit de la plus ancienne représentation en couleurs connue de Stockholm, et la plus ancienne représentation d'un parhélie dans l'art.

Le Vädersolstavlan original, réalisé peu après les faits, est traditionnellement attribué à Urban målare. Ce tableau est perdu, mais il en subsiste une copie réalisée en 1636 par Jacob Heinrich Elbfas, conservée à la Storkyrkan de Stockholm. On a longtemps cru que cette copie était l'original, et que le travail d'Elbfas s'était limité à le restaurer, mais cette hypothèse a été démentie par le travail de restauration et d'analyse effectué en 1998-1999.

Le tableau est issu d'une période cruciale de l'histoire de la Suède, qui se sépare de l'union de Kalmar et adopte la Réforme protestante sous le règne de Gustave Vasa (1523-1560). Commandé par le réformateur Olaus Petri, son sens est resté obscur pendant plusieurs siècles en raison de la censure des controverses ayant opposé Petri au roi. Il devient une icône de l'Histoire de Stockholm à partir du XXe siècle.

Description

Le Vädersolstavlan se compose de deux parties : la moitié supérieure représente le parhélie en vue verticale, tandis que la moitié inférieure représente Stockholm en vue plongeante, tel qu'on le voyait depuis les hauteurs de Södermalm à la fin du Moyen Âge. Les bâtiments de brique et de pierre sont resserrés autour de l'église et du château (en), qui apparaissent en perspective descriptive (leur taille ne correspond pas à leurs dimensions réelles, mais à leur importance sociale). Des cabanes en bois émaillent la campagne de part et d'autre et de la ville, dans ce qui constitue aujourd'hui le centre-ville de Stockholm. La scène prend place dans la soirée, avec des ombres à l'Est, bien que le parhélie soit censé avoir eu lieu dans la matinée[1].

Le panneau de bois mesure 163 × 110 cm. Il se compose de cinq planches verticales, renforcées par deux lattes horizontales en queue d'aronde. Grâce à ces lattes, ainsi qu'au riflardage du dos, la déformation du support au fil du temps est restée minime, et l'œuvre ne présente que quelques fissures et attaques mineures d'insectes[2]. L'étude dendrochronologique a permis de déterminer qu'il était constitué de planches de pin sylvestre, dont les anneaux concentriques remontent à diverses périodes entre les années 1480 et 1618 environ. Ce terminus post quem est cohérent avec la date de 1636 figurant sur le cadre et mentionnée dans les registres paroissiaux[3].

La couche inférieure, de couleur brique semi-transparente, est couverte d'une peinture mate contenant de l'huile de lin. Hormis des marques au centre des plus grands cercles, qui indiquent qu'ils ont été dessinés au compas, le tableau ne présente ni croquis préparatoires, ni couches intermédiaires, ce qui signifie que la composition a été réalisée directement élément par élément. C'est pour cette raison que l'horizon penche vers la droite. Des analyses aux rayons X ont montré que l'artiste a tenté de corriger cette inclinaison en ajoutant des montagnes sur l'horizon et en revoyant les flèches du château et de l'église. L'image est entourée d'une bordure qui n'a pas été peinte[4].

Prototypes ?

La Bataille d'Alexandre d'Albrecht Altdorfer.

Bien que ce tableau soit parfois associé à l'école du Danube, son histoire stylistique et iconographique reste à établir, d'autant qu'aucun pendant ne lui est connu en Suède. Une influence possible est celle de la Bible illustrée d'Erhard Altdorfer, commencée en 1530, qui s'inspire de Cranach et Dürer, avec des accents plus menaçants : ses gravures de l'Apocalypse sont porteuses d'un message évangélique rappelant celui du Vädersolstavlan. Il est possible que des copies des gravures d'Altdorfer soient arrivées en Suède via le commerçant allemand Gorius Holste, un proche d'Olaus Petri (le commanditaire du tableau) et Martin Luther qui vivait près de la place de Järntorget, à Stockholm[5].

Le tableau d'Albrecht Altdorfer La Bataille d'Alexandre (1529) présente une composition similaire à celle du Vädersolstavlan : un ciel réaliste, plein de symboles apocalyptiques aux sous-entendus politiques, surplombant un paysage détaillé, mais non réaliste (Altdorfer s'inspire de cartes et de l'armement de son époque, mais suit le récit des auteurs antiques). Le cadre surplombant la scène a pour équivalent une inscription ajoutée au Vädersolstavlan au XVIIe siècle[6].

Copie et restaurations

Le Vädersolstavlan avant…
… et après la restauration de 1998-1999.

Le tableau original, perdu, est traditionnellement attribué à Urban målare, mais il n'existe que peu de sources sur les œuvres d'art des premières années de la dynastie Vasa, et cette attribution reste incertaine. Le fait qu'il ne subsiste qu'une copie du tableau rend l'apparition d'une confirmation définitive peu probable[7].

La première mention du tableau dans les registres paroissiaux date de 1636, lorsqu'un certain « Jacob Conterfeyer » est dit avoir « rétabli le tableau accroché au mur nord ». Conterfeyer a été identifié à Jacob Heinrich Elbfas (1600-1664), maître de guilde à partir de 1628 et peintre à la cour de la reine Marie-Éléonore à partir de 1634[8]. À partir de cette mention, on a longtemps cru que le tableau était l'original de 1535, et qu'Elbfas l'avait simplement restauré, mais le travail de restauration et d'analyse réalisé en 1998-1999 a permis d'établir, notamment grâce à la dendrochronologie, que le tableau ne peut être qu'une copie, et en aucun cas l'original[9].

Avant cette restauration, le tableau était couvert de plusieurs couches de poussière et de vernis jauni, camouflant plusieurs détails du ciel et modifiant sa couleur : le bleu-gris original était recouvert par un bleu outremer mélangé à un agent fixant et appliqué à grands coups de pinceau. Le pigment bleu original était composé d'azurite, alors que celui des couches superficielles était du bleu de Prusse, un pigment utilisé à partir du XVIIIe siècle. Les registres paroissiaux mentionnent plusieurs retouches après 1636 : en 1885, le tableau est « vernis et restauré » par la peintre Aline Bernard (1841-1910), et à nouveau en 1907 par un certain Nils Janzon, qui s'est probablement contenté d'ajouter une couche de vernis[8].

Au moment de sa copie de 1636, le tableau est placé dans un cadre baroque avec un cartouche portant la légende suivante en latin, en suédois et en allemand : « Le vingtième jour du mois d'avril, ces signes furent visibles dans le ciel au-dessus de Stockholm d'un peu avant sept heures jusqu'à neuf heures du matin. » Leonard Lindh repeint le cadre en marron en 1885, modernise les textes suédois et allemand et ajoute sa signature en bas à droite. Le cadre est repeint en 1907, puis à nouveau vingt ans plus tard. Il retrouve alors sa couleur d'origine, et le texte original est également rétabli[10].

Histoire

Références

Bibliographie

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