Vêtements anglo-saxons

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Les vêtements anglo-saxons sont les vêtements et accessoires portés par les Anglo-Saxons du milieu du Ve siècle au IXe siècle.

Au début du Ve siècle, les légions romaines quittent la Grande-Bretagne, mettant un terme à quatre siècles de présence impériale dans la région. L'île connaît à partir du milieu du siècle l'arrivée de peuples germaniques, les Anglo-Saxons. La période anglo-saxonne de l'histoire de l'Angleterre peut être divisée en trois phases : une première phase jusqu'au début du VIIe siècle, une deuxième phase du VIIe au IXe siècle, et une dernière phase comprenant les Xe et XIe siècles[1].

Durant cette période, vêtements et accessoires constituent des marqueurs de genre, d'âge, d'ethnie, de région, de métier et de statut social. Les premiers immigrants germaniques expriment leur identité à travers leur choix d'habits et d'accessoires. Par la suite, le costume anglo-saxon subit l'influence de la mode européenne, mais aussi de l'art continental et des emblèmes chrétiens. Le motif de la croix apparaît sur des broches dès la fin du VIe siècle dans le royaume de Kent, puis sur des fermoirs d'épaule et des boucles de ceinture à partir du VIIe siècle[2].

Les vêtements peuvent être classés en différentes catégories, de l'utilitaire à l'opulent en passant par le symbolique. En règle générale, les roturiers possèdent un habit principal qu'ils portent tous les jours. Cet habit provient généralement du recyclage d'habits plus anciens et d'objets hérités. Les individus de plus haut rang possèdent plusieurs habits, souvent fabriqués avec des matériaux plus coûteux et de meilleure qualité et décorés avec soin[3].

Les fouilles menées dans les cimetières anglo-saxons constituent la principale source d'information concernant les vêtements portés à l'époque. Les pratiques païennes d'inhumation consistent à enterrer le défunt tout habillé avec divers objets. Les tombes féminines des Ve et VIe siècles sont particulièrement riches en objets d'habillement. C'est moins le cas pour les tombes masculines, qui ne livrent généralement que des morceaux de ceintures et quelques épingles. Grâce à ces objets, ainsi qu'à l'analyse de la littérature et des autres productions artistiques, il est possible de reconstituer le costume anglo-saxon typique de cette période[2].

Les pratiques d'inhumation évoluent après la christianisation de l'Angleterre : à partir du VIIIe siècle, les tombes ne comprennent plus que de rares objets, comme des couteaux ou des ceintures. L'absence d'accessoires rend la reconstitution du costume anglo-saxon plus difficile à partir de cette période[4].

Le costume féminin

Ve et VIe siècles

Reconstitution d'un costume féminin au village anglo-saxon de West Stow.

Durant cette période, le costume féminin typique est constitué d'un vêtement long similaire au péplos grec relevé sous les aisselles. Le nom vieil-anglais de ce vêtement n'est pas connu[5]. Il est porté au-dessus d'un sous-vêtement, le plus souvent une autre robe. L'avant et l'arrière du costume sont attachés au niveau des épaules par deux broches[6]. La robe peut être attachée par une ceinture ou une gaine et s'ajuste facilement au poids de la femme qui la porte[5]. Ce vêtement peut être en lin comme en laine, un choix relevant soit d'effets de mode, soit de préférences régionales[2].

Il est possible que les vêtements soient doublés de fourrure, ou qu'il existe des vêtements en fourrure, mais ce matériau est très peu attesté dans les cimetières anglo-saxons, car il se conserve très mal. Néanmoins, les sources littéraires attestent de l'utilisation d'habits en fourrure, mais surtout durant la période anglo-saxonne tardive.

Ce n'est qu'à partir de la fin du VIe siècle que les chaussures commencent à être attestées dans les tombes[7]. Dans les manuscrits enluminés, les paysans sont figurés pieds nus, ce qui pourrait indiquer que le port des chaussures n'est devenu la norme qu'à partir de la période centrale[8]. Les attaches en matériau organique (bois, corne, os…) sont rares, bien que l'expertise anglo-saxonne dans le travail de ce type de matériau soit attestée par ailleurs dans les fouilles menées sur les sites urbains. De rares fragments de cuir subsistent, attachés à des boucles de ceinture ou à des bracelets. Ce matériau sert principalement à fabriquer des ceintures, des gaines et des manches, même si ces pièces peuvent aussi être fabriquées en tissu[9].

VIIe au IXe siècle

La christianisation de l'Angleterre s'accompagne d'une ouverture à l'art religieux et à la mode de l'Europe continentale, entraînant une évolution du costume féminin[10]. Elle débute dans la deuxième moitié du VIe siècle dans le royaume de Kent avant de se propager dans le reste de l'Angleterre au début du VIIe siècle. L'influence de l'Europe du Nord décroît au profit de celle des royaumes francs et de l'Empire byzantin, marquant un renouveau de la culture romaine. L'utilisation du lin pour la confection des vêtements et des sous-vêtements augmente[11].

L'utilisation des broches par paire disparaît, sauf pour de très petites broches annulaires ou penannulaires. Des broches rondes plus grandes et décorées sont parfois portées seules. Le VIIe siècle voit l'apparition de l'épingle. Les décorations à base de perles se font moins nombreuses à partir de la fin du VIIe siècle, tandis que des colliers en fil d'or et d'argent font leur apparition, ainsi que de petits crucifix d'orfèvrerie, symboles de foi pour les Anglo-Saxons convertis. Des perles en améthyste commencent à être attestées durant cette période, tandis que l'ambre cesse pratiquement d'être utilisé[12].

Xe et XIe siècles

La Vierge Marie sur une charte de 966.

Durant cette période, la croissance urbaine offre davantage de choix dans les textiles, les vêtements et les accessoires, tandis que la production en série diminue le prix de ces objets. Les femmes les plus aisées ont également accès à des tissus plus fins et des bijoux plus raffinés.

De nombreux termes apparaissent dans le lexique vieil-anglais pour désigner le manteau : basing, hacele, mentel, rift, entre autres. La mode est au manteau symétrique drapé autour des épaules et attaché à l'aide d'une broche, mais sa popularité décroît. Les textes décrivent des manteaux à capuche avec une broche circulaire en guise d'attache[13]. Sur les représentations picturales, les femmes portent des manteaux sans manches, avec ou sans capuche. Lorsqu'elles ont la tête couverte, c'est souvent avec une écharpe enroulée autour de la tête et du cou ou bien une pièce de tissu unique laissant le visage à l'air libre. Ces représentations reflètent peut-être une influence proche-orientale[14]. Les femmes sont illustrées portant des robes ajustées qui descendent jusqu'aux chevilles, avec des bords distincts, souvent d'une couleur différente. Au Xe siècle, les femmes ont généralement les bras couverts. Leurs manches sont droites, souvent décorées de galons ou de broderies[15].

En termes d'accessoires, les gaines et ceintures auxquelles on peut suspendre des outils ou des objets personnels, populaires aux Ve et VIe siècles, sont passées de mode au Xe siècle. D'après les représentations picturales, les femmes portent de simples chaussons ou des chaussures remontant jusqu'à la cheville. Elles sont généralement noires avec une bande de couleur au sommet. L'archéologie a permis d'identifier une grande variété dans les chaussures pour femmes[16].

Le costume masculin

Références

Bibliographie

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