Walter Haefner
From Wikipedia, the free encyclopedia
Walter Haefner (né le 13 septembre 1910 à Zurich et mort le 19 juin 2012[1] dans la même ville) est un entrepreneur suisse. La fortune qu’il a constituée dans les secteurs du commerce automobile et du développement de logiciels était, selon le magazine Forbes, estimée à 4,3 milliards de dollars américains, ce qui en faisait en 2012 la troisième plus grande fortune de Suisse[2]. Haefner fut également un éleveur de Pur-sang anglais et un propriétaire de haras. La Walter Haefner Stiftung, fondation qu'il a créée, soutient chaque année diverses institutions d’utilité publique. En 1995, il fit don d’une partie de sa remarquable collection d’art au Kunsthaus Zürich.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Enfants |
Martin Haefner Eva Maria Bucher-Haefner (en) |
Biographie
Walter Haefner évitait toute exposition médiatique. Il grandit à Zurich-Wollishofen. Il est le fils d’August Wilhelm Häfner, missionnaire, et d’Elise Meta Häfner, née Zuppinger. Après une formation commerciale, il étudie les sciences économiques à l’Université de Lyon puis à l’Université de Zurich. Il commence sa carrière comme vendeur d'huile pour Shell, avant de rejoindre la succursale biennoise de General Motors.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il met à profit ses connaissances du secteur automobile pour fonder la société Autark AG, spécialisée dans les générateurs au charbon de bois destinés aux véhicules, dans un contexte de pénurie d’importations pétrolières. En 1945, il fonde la société d’importation automobile Neue Automobil- und Motoren AG (AMAG), qui deviendra l'un des principaux importateurs suisses des marques Volkswagen, Seat, Škoda, Audi et Porsche. De 1951 à 1974, il siège au conseil de surveillance de Volkswagen AG.
En 1950, Haefner crée Novelectric, une entreprise d’électroménager[3], et en 1958 la société de construction Mobag AG, dont il se sépare dans les années 1970[4]. Il fonde en 1960 la société Automation Center AG à Wettingen, initialement destinée à la gestion informatique de ses propres entreprises, dont la Walter Haefner Holding AG fondée en 1952.
En 1978, il fusionne la Walter Haefner Holding AG avec l’Autark AG pour créer la Careal Holding AG. En cédant progressivement l’Automation Center AG aux États-Unis, Haefner acquiert en 1987 une participation de 20,5 % dans Computer Associates International, alors deuxième plus grande société mondiale de logiciels. Cette participation atteint temporairement 24,5 %. En 2001, AMAG investit 200 millions de francs suisses pour contribuer au sauvetage de la Swissair[5].
Haefner se retire de la vie professionnelle à l’âge de 95 ans. Marié, il est père de deux enfants. Son fils Martin Haefner dirige actuellement la Careal Holding. Selon Forbes, sa fortune s’élevait à 4 milliards de dollars en 2011, ce qui le plaçait au 268e rang mondial et parmi les dix personnes les plus riches de Suisse[2].
Walter Haefner meurt le 19 juin 2012 à Zurich, à l’âge de 101 ans.
Élevage de chevaux
Amateur d’équitation, Haefner acquiert en 1962 une ancienne exploitation laitière près de Maynooth dans le Comté de Kildare en Irlande. Il en fait le haras Moyglare Stud Farm, qui s’étend aujourd’hui sur 182 hectares et peut accueillir environ 100 chevaux. Le vétérinaire Stan Cosgrove en assure la direction depuis 1971, tandis que la gestion générale est confiée à sa fille Eva Maria Bucher-Haefner. Le haras compte 35 poulinières, tandis qu’une dizaine d’autres se trouvent au Ashford Stud dans le Kentucky.
En 1988, Haefner reçoit le titre de docteur honoris causa du Trinity College de Dublin pour ses contributions à l’élevage. Le haras a donné son nom aux Moyglare Stud Stakes, course annuelle de Groupe I en Irlande. Ses chevaux remportent vingt-quatre courses de Groupe I entre 1977 et 2002, dont les Irish Oaks (1996) et la Melbourne Cup (2002).
Collectionneur d’art et mécène
Par l’intermédiaire du monde hippique, Haefner rencontre le marchand d’art Daniel Wildenstein. Dans les années 1960, il acquiert ses premières œuvres dans la galerie new-yorkaise de Wildenstein, dont Le Palais des Doges vu de San Giorgio Maggiore de Claude Monet, Aux courses d’Edgar Degas, Le Jardinier de Georges Seurat, Maisons blanches à Saintes-Maries de Vincent van Gogh et Nature morte avec fleurs et idole de Paul Gauguin. Ces œuvres sont déposées en prêt permanent au Kunsthaus Zürich dès 1974.
En 1966, Haefner participe à la fondation de la Fondation Alberto Giacometti et finance en 1973 le nouveau hall consacré à Marc Chagall au Kunsthaus, pour lequel il offre l’œuvre Au-dessus. Il contribue régulièrement au fonds d’acquisition du musée et siège à son conseil de fondation dès 1965. De 1975 à 1978, il est membre du comité de la Zürcher Kunstgesellschaft.
En 1995, Haefner fait don de douze peintures majeures au Kunsthaus Zürich. Outre les œuvres déjà en dépôt, la donation inclut les tableaux Waterloo Bridge et Le Parlement au coucher du soleil de Claude Monet, Fillette au bois de Kees van Dongen ainsi que plusieurs œuvres de René Magritte dont À la suite de l’eau, les nuages, Le Seize septembre, La Chambre d’écoute et Les Grâces naturelles[6].
Haefner fonde la « Walter Haefner Stiftung », dédiée au soutien d’initiatives à caractère scientifique, culturel ou humanitaire, avec un engagement particulier en faveur de l'amélioration des conditions de vie des enfants en Suisse et à l’étranger. La fondation distribue annuellement entre 15 et 20 millions de francs suisses[7]. Parmi les bénéficiaires figurent notamment en 1999 l’organisation « The Smile Train », financée à hauteur de dix millions de dollars, ou encore l’École polytechnique fédérale de Zurich, bénéficiaire en 2007 d’un don de trois millions de francs[8].
