Wang Yu (peintre)

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Naissance
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Wang Yu
Biographie
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Wang Yu, surnom: Richu, nom de pinceau : Dongzhuang est un peintre chinois des XVIIe et XVIIIe siècles, originaire de Taicang (ville de la province du Jiangsu en Chine). Ses dates de naissance et de décès ne sont pas connues, mais sa période d'activité se situe vers 1680-1729[1].

Peintre de paysages, Wang YU est l'élève de son oncle Wang Yuanqi. Il est aussi l'auteur d'un court ouvrage, le Dongzhuang Lun Hua (vers 1730) in Meishu, vol. 2, pp. 57-64, et in Congkan, pp. 258-261), qui, à la manière habituelle, se contente de rassembler sans aucun ordre une série d'une trentaine de notations discontinues (propos). Bien qu'en principe il se veuille le scrupuleux disciple de Wang Yuanqi, comme auteur il fait montre d'une pensée originale, nettement supérieure à celle de son maître: tandis que celui-ci prône avant tout l'imitation des Anciens, Wang Yu, au contraire, insiste sur la création individuelle; son traité s'attache aux problèmes théoriques plus qu'à ceux de technique; on y trouve des notations d'ordre critique et esthétique extrêmement pénétrantes, ainsi qu'une réflexion sur les conditions spirituelles de la création artistique. C'est un ouvrage important. Biographie: vol. 8 (in Congkan, p. 12). Analyse: Jieti (in Congkan, p. 262); Huashi, vol. II, pp. 271-272; Siren (avec traduction), pp. 208-211[2].

Peintre de paysages

L'époque Qing est en peinture une époque académique et dogmatique, ce qui produit par réaction la manifestation continuelle de personnalités individualistes, qui s'interrogent constamment sur la nature des règles et tâchent d'en retrouver l'esprit, pour mieux remettre en question l'appareillage formel de la lettre. Ainsi, Wang Yu, auteur légèrement postérieur à Shitao parle de « la règle sans règles » dont les achèvements picturaux déconcertants et incompréhensibles pour le vulgaire vont bien au-delà de tout ce que peut atteindre la pondération académique: « il y a une sorte de peinture qui, à première vue, semble n'offrir qu'un chaos brutal et incohérent[3].; mais à y regarder de plus près, on s'aperçoit qu'elle est tout emplie du “rythme spirituel" et du “mouvement de la vie", et l'on y retrouve une saveur inépuisable: telle est l'œuvre de la règle-sans-règles ». Seul l'artiste doué d'un génie naturel de haute envergure et armé d'une culture intellectuelle pénétrante peut métamorphoser la peinture jusqu'à ce point (...) auquel des esprits plus superficiels ne peuvent rêver de parvenir (Wang Yu: in Congkan, p. 260)[4].

Bibliographie commentée par Wang Yu et autres peintres historiens

  • Délimitations.
Les divisions, lorsqu'elles se font selon la méthode des trois plans successifs ou des deux sections, semblent devoir vouer le paysage au gâchis: les seules divisions qui ne sont pas néfastes sont celles tracées par la Nature elle-même, comme celles auxquelles fait allusion le poème: « Le pays de Wu s'achève au bord du Fleuve, sur l'autre rive se dressent les nombreuses montagnes de Yue[n 1] ». Si, pour chaque paysage, on se livre à une sorte de défrichage et de découpage en morceaux, le résultat ne peut être vivant, car l'œil découvre aussitôt la fabrication[5].
La division en trois plans consiste en un avant-plan pour le sol, un deuxième plan pour les arbres, et un troisième plan pour la montagne. Mais là-devant, comment le spectateur peut-il éprouver une sensation de profondeur? Si l'on peint selon cette méthode des trois plans, en quoi le résultat se différencie-t-il encore d'une planche gravée[n 2]? La division en deux sections consiste à placer la scène en bas, la montagne en haut et, conventionnellement, on ajoute encore les nuages au milieu pour accuser plus clairement la séparation des deux sections[5].
Ce qu'il faut, c'est que les trois éléments de la composition[n 3] soient tous traversés d'un même souffle; ne pas rester enlisé dans ces conventions pédantes de trois plans et de deux sections; au contraire, attaquer avec impétuosité de manière que toute la force des coups de pinceau puisse se manifester; et quand bien même on s'engage dans une succession de mille cimes et de dix mille vallées, le tout est sans la moindre banalité vulgaire[n 4]. Du moment que les trois éléments de la composition sont habités par l'esprit, même s'il y a encore çà et là quelques faiblesses de détail, celles-ci ne peuvent nuire à l'ensemble[5].
  • Loin de la poussière[n 5].
Quand l'homme se laisse aveugler par les choses, il se commet avec la poussière. Quand l'homme se laisse dominer par les choses, son cœur se trouble[n 6]. Un cœur troublé ne peut produire qu'une peinture laborieuse et raide, et conduit à sa propre destruction. Quand ténèbres et poussières contaminent le pinceau et l'encre, c'est la paralysie[n 7]; dans pareille impasse, l'homme a tout à perdre, et finalement rien ne peut plus réjouir son cœur. Aussi je laisse suivre les ténèbres des choses, et la poussière se commettre avec la poussière; ainsi, mon cœur est sans trouble, et quand le cœur est sans trouble, la peinture peut naître[6].
N'importe qui peut faire de la peinture, mais nul ne possède l'Unique Trait de Pinceau, car l'essentiel de la peinture réside dans la pensée[n 8], et il faut d'abord que la pensée étreigne l'Un[n 9] pour que le cœur puisse créer et se trouver dans l'allégresse; alors, dans ces conditions, la peinture peut pénétrer l'essence des choses jusqu'à l'impondérable. Songeant que les Anciens ne parlent pas nécessairement de cet aspect, c'est spécialement nécessaire de le développer en profondeur[n 10],[6].
  • Se dépouiller de la vulgarité[n 11].
Pour la stupidité et la vulgarité, la connaissance se présente de même[n 12]: Ôter les œillères de la stupidité, et on a l'intelligence; empêcher les éclaboussures de la vulgarité, et on trouve la limpidité. À l'origine de la vulgarité se trouve la stupidité; à l'origine de la stupidité se trouve l'aveuglement des ténèbres. C'est pourquoi l'homme parfait est nécessairement capable de pénétration et de compréhension; et de ce qu'il pénètre et comprend, vient qu'il transforme et crée. Il accueille les phénomènes sans forme; il maîtrise les formes sans laisser de traces[n 13]. Il emploie l'encre comme si l'œuvre est déjà tout accomplie, et il manie le pinceau comme dans un non-agir[n 14]. Sur la surface limitée d'une peinture, il ordonne le Ciel et la Terre, les monts, les fleuves et l'infinité des créatures, tout cela d'un cœur détaché[n 15] et comme dans le néant[n 16]. La stupidité une fois éliminée, naît l'intelligence; la vulgarité une fois balayée, la limpidité devient parfaite[7].
Les Anciens confient leurs élans intérieurs[n 18]au pinceau et à l'encre en empruntant la voie du paysage. Sans se transformer, ils s'adaptent à toutes les transformations; sans agir, ils agissent[n 19]; vivant obscurs, ils obtiennent la gloire; parce qu'ils parachèvent leur formation et maîtrisent la vie, en enregistrant tout ce qui se trouve dans l'Univers, ils sont investis de la substance même des monts et des fleuves. Qui se voit conférer pareilles facultés doit d'abord réaliser ce qui les rend telles, et ensuite seulement prendre le pinceau, sans quoi il reste bloqué dans l'impasse de la superficialité grossière, et il ne peut mettre en œuvre ces facultés selon leur destination[8].

Musées

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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