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Willem van Eijk

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Décès
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Willem van Eijk
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Willem van Eijk, né le 13 août 1941 à Korteraar et mort le 19 juin 2019 à Vught, est un criminel néerlandais, auteur de multiples homicides, connu sous le surnom de « Het Beest van Harkstede » (La Bête de Harkstede). Il fit l’objet de deux condamnations définitives pour une série de cinq assassinats.

Willem van Eijk nait en 1941 au sein de la bourgade de Korteraar, sise en Hollande-Méridionale, alors que le territoire subit l'occupation allemande. Issu d'une famille de prolétaires, il évolue au milieu d'une progéniture nombreuse comptant huit enfants, configuration démographique alors coutumière[1]. Lors de son instruction primaire, il subit une mise au ban systématique de la part de ses condisciples qui l'affublent de l'épithète de « Gekke Willempie » (Willem le fou), locution dont il se prévaudra ultérieurement pour exciper de ses agissements criminels. En cette période de brimades acerbes, van Eijk manifeste une inclination pour la collecte de reliefs macabres, tels des insectes morts ou des batraciens desséchés. Réfractaire aux études et à l'assiduité scolaire, il s'illustre précocement par une cruauté avérée envers les animaux ; il se livre à des sévices sur des chiens, procède à la submersion de chats et assène des coups de boutoir aux anatidés jusqu'au trépas de ces derniers. Dès l'âge de 8 ans, ses frères le dépeignent comme la personnification du mal. Sa scolarité au sein de l'enseignement secondaire s'avérant infructueuse, il s'adonne à la rapine et à divers larcins pour subvenir à ses besoins. C'est durant cette phase de sa vie que s'échafaudent ses premières représentations fantasmatiques de viols et d'homicides sur des personnes de sexe féminin[2].

Victimes

  • Cora Mantel – En 1971, il prit en stop à Uithoorn Cora Mantel, alors âgée de quinze ans. La jeune fille, ayant manqué son véhicule de transport en commun après avoir rendu visite à son amant à Amsterdam, se trouvait sur la chaussée. Van Eijk l’ayant aperçue, il l’étrangla au moyen de son propre châle, puis la viola, avant de déposer sa dépouille dans un fossé à proximité d’Uithoorn. Par la suite, il exprima des regrets relatifs à son forfait, arguant qu’« elle n’avait vécu que si peu de temps », tout en concédant : « mais j’ai enfin eu ma chance et je l’ai saisie ». Cette déclaration laissait transparaître avec plus de netteté ses pulsions homicides ainsi que ses fantasmes de violence sexuelle. Le corps de la victime fut découvert le 22 juin 1971.
  • Aaltje van der Plaat – Le corps inanimé d’Aaltje van der Plaat, quadragénaire de 43 ans, fut découvert le 19 août 1974 en bordure d’une chaussée, au sein d’un champ de maïs. Le cadavre portait les stigmates de multiples lacérations par arme blanche, l’abdomen était éviscéré et le mamelon senestre sectionné. Le suspect, van Eijk, résidait en une étroite péniche blanche, nommée « De Vrijheid » (La Liberté), dont la coque était souillée d’une peinture rouge-sang. Plusieurs témoins attestèrent avoir aperçu van Eijk circulant en cyclomoteur, ce même soir et dans le périmètre où gisait la dépouille. Appréhendé par les forces de l’ordre, il confessa sans délai l’homicide d’Aaltje van der Plaat, puis, peu après, celui de Cora.

En 1975, van Eijk écopa d’une peine de dix-huit années de réclusion criminelle assortie d’une mesure de TBS (terbeschikkingstelling, traitement pénal obligatoire). Les faits révélés à l’audience furent d’une telle atrocité qu’ils provoquèrent des haut-le-cœur parmi le personnel pénitentiaire. Les expertises psychiatriques avancèrent l’existence d’un traumatisme infantile profond, résultant d’un harcèlement (principalement par des femmes) et d’un rejet féminin précoce. Durant son internement à la clinique Van Mesdagkliniek de Groningue, les psychiatres suspectèrent que ses troubles du comportement puissent être liés à des lésions cérébrales périnatales. Van Eijk opposa toutefois un refus catégorique à toute investigation complémentaire, résistant farouchement au traitement par crainte, selon ses dires, d’une « désintégration psychique ». Il fut considéré comme l’un des patients les plus réfractaires de l’établissement. En 1980, alors qu’il était toujours en détention préventive, il contracta mariage avec sa correspondante, Adri. Libéré en 1990, le couple s’établit dans une maison à Harkstede. Si les cliniciens estimaient que cette union constituait un facteur potentiel de non-récidive, ils mirent en garde contre le risque de rechute en cas de nouveaux rejets féminins. Cette relation se révéla, pour van Eijk, un véritable engrenage.

  • Antoanella Bertholda (Michelle) Fatol – En novembre 1993, la dépouille d’une prostituée âgée de vingt-trois ans fut découverte en un fossé avoisinant le village d’Enumatil. La victime fut identifiée comme étant Michelle Fatol. Selon les éléments de l’enquête, au cours d’une relation tarifée, l’individu nommé van Eijk procéda à son étranglement par moyens manuels.
  • Annelies Reinders – Le 21 janvier 1995, la dépouille d’Annelies Reinders, femme de 31 ans exerçant la prostitution, fut découverte dans le canal de l’Ems, à proximité de la commune d’Appingedam.
  • Sasja Schenker – Le 17 juillet 2001, le corps sans vie et nu de Sasja Schenker, une prostituée de 34 ans, a été retrouvé dans le Slochterdiep, près de Harkstede. Ses vêtements ont été découverts plusieurs mois plus tard près du domicile de van Eijk. Ils avaient été jetés dans le canal dans un sac plastique lesté de pierres. La découverte des vêtements de Schenker à proximité de la maison de van Eijk a fait de lui le principal suspect et, le 12 novembre 2001, la police l'a arrêté. Il a rapidement avoué les meurtres de Michelle Fatol, Annelies Reinders et Sasja Schenker.

Victimes potentielles

Durant l’intervalle séparant sa remise en liberté de sa réincarcération, huit personnes se prostituant et plusieurs autres jeunes femmes furent occises dans le voisinage de son logis. En 1997, van Eijk fut suspecté dans l’homicide d’Anne de Ruyter de Wildt, puis en 2000 dans celui de Marianne Vaatstra ; toutefois, des analyses génétiques démontrèrent son absence de culpabilité. Quelques années ultérieurement, les véritables auteurs de ces meurtres furent appréhendés.

Entre 1995 et 2001, plusieurs autres dépouilles furent découvertes. En 1995, le torse d’Antoinette Bont, une prostituée de 24 ans, fut retrouvé à Winschoterdiep. D’autres fragments de son corps furent ultérieurement identifiés au sein d’un sac de sport. Deux ans plus tard, en 1997, ce fut le corps de Shirley Hereijgers, une prostituée de dix-neuf ans, qui fut exhumé. Quasi concomitamment, Jolanda Meijer, âgée de trente-cinq ans, amie et collègue de cette dernière, fut portée disparue. Plusieurs individus de sexe masculin furent suspectés dans ces affaires d’homicide, mais tous bénéficièrent d’un non-lieu ou virent les charges abandonnées. Bien que Van Eijk n’ait jamais confessé ces meurtres, il demeurait un suspect aux yeux des autorités policières. Des fouilles furent entreprises aux abords de sa demeure, sans qu’aucune sépulture n’y soit mise au jour. En 2018, le dossier de la disparition de Jolanda Meijer, survenue en 1998, restait toujours non résolu[1]. Ces trois affaires criminelles demeurent classées sans suite.

Procès et sentence

À l’ouverture de la procédure judiciaire, van Eijk était assisté par le défenseur Willem Anker, ce qui suscita la stupeur parmi les intimes de Shirley Hereijgers, ledit conseil les représentant parallèlement. Dès que van Eijk fut officiellement érigé en suspect dans l’homicide de Shirley, Willem Anker se désista de sa mission. Après avoir muté à plusieurs reprises d’avocat commis, van Eijk fut condamné, le 7 novembre 2002, à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre des trois dernières victimes. Van Eijk interjeta appel, mais la Cour suprême des Pays-Bas confirma l’arrêt. Il sollicita par la suite à maintes reprises la grâce royale – prérogative, aux Pays-Bas, du seul chef de l’État –, toutes ses requêtes étant rejetées.

Mort

En 2016, l'exploitation agricole appartenant à van Eijk, sise à Harkstede, fut rasée afin de permettre l'agrandissement d'un nouveau lotissement[1]. Il trouva la mort durant sa détention, le 19 juin 2019. Les circonstances exactes de son trépas n'ont pas été rendues publiques[2].

Voir aussi

Références

Liens externes

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