William Lemit

compositeur, ethnomusicologue From Wikipedia, the free encyclopedia

William Lemit, né le dans le 16e arrondissement de Paris et mort le dans le même arrondissement, est un compositeur, pédagogue et musicologue français.

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William Lemit
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Biographie

Enfance et études

Il naît le 15 décembre 1908, à midi, 6 rue Auguste Maquet, à Paris, domicile de ses parents. Sa mère est Berthe Joséphine Hervouet, sans profession, et William Eugène Henri Lemit, sculpteur. (Certaines façades du 16e arrondissement porte encore sa signature). Sa famille est d'origine bordelaise. Il a un frère aîné et une soeur plus jeune, Suzanne[1].

Il va à l'école municipale Jean-Baptiste Say, 9 rue du Buis. Le 5 juillet, il réussit le certificat d'étude avec mention assez bien. A la distribution des prix, il reçoit un deuxième prix de chant. En juin 1921, il entre à l'école primaire supérieure en qualité d'externe gratuit. Il est élevé en athée complet.

Son père meurt en juillet 1922. Il a 14 ans et doit interrompre ses études. Son frère aîné s'oriente vers l'industrie et embauche sa sœur, Suzanne. William entre à l'école commerciale de la rive gauche, 3 rue Armand Moisan, dans le 15e, pour 2 ans. Il en sort le 12 juillet 1924 avec le prix d'honneur et un premier prix de français et de comptabilité[2].

Vie professionnelle

Le jeune William est alors successivement employé de banque, travaille pour diverses entreprises, (la Manufacture Rodier en 1925, et 26 à la banque J2 en 1926, en 26 et 27 dans le textile. En 1928 il passe un an à Berlin, travaille pour une entreprise de métallurgie. Il revient pour son service militaire au 26e régiment d'infanterie à Nancy, se blesse à la cuisse en courant avec son fusil, et en gardera des séquelles. En 1931, il entre au service commercial d’une société pétrolière, de 1932 à 1939, il travaille à la Compagnie Industrielle des pétroles. Pendant la guerre 39-40, il est mobilisé à La Roche-sur-Yon dans le contrôle postal. Démobilisé en juin 40, il retrouve sa famille près de Clermont-Ferrand et devient représentant en vêtements d'hiver[1].

Formation musicale

Autour de 1875, sa grand-mère paternelle chante au Théâtre de Bordeaux et se lie avec la famille Ruyssen, musiciens et directeurs de théâtre. En 1920, il commence le piano avec Madame Ruyssen. Vers 1930, il prend des cours d'harmonie avec Monsieur Ruyssen. En 1933, il réunit des amis, tous les mercredis soir, pour écouter les Comédiens Harmonistes. Vers 1936, il commence le violon avec Madame Ruyssen, et se met seul à la guitare et à la flûte[3].

Adolescent, il publie des chansons. Son recueil, La fleur au chapeau, paraît en 1937, et le rend célèbre. Ce recueil comprend des chants composés par lui et des harmonisations de chansons traditionnelles (dites folkloriques ou populaires) pour voix et instruments.

Dans les années qui suivent, paraissent de nombreux recueils ; tous mêlent compositions originales et harmonisations de chansons folkloriques : Quittons les cités (chansons de marche, dont La main dans la main), Ensemble, Voix unies, La ronde du temps, La vie du garçon, Voix amies, Filles et garçons, Eté, Petite cantate de Noël, Quarante chorals de J.S. Bach. William Lemit publia aussi un manuel du meneur de chants, intitulé Fais-nous chanter.

Pour chacune de ses compositions, ainsi que dans ses harmonisations, William Lemit s'impose des règles strictes : elles tiennent compte des moyens limités des chanteurs auxquels il s’adresse en priorité et de l’esprit du folklore. Dans ses derniers recueils (Eté, Terre des enfants) il utilise des harmonies plus hardies, démontrant sa connaissance de la musique moderne.

Parcours associatif

Il entre aux Éclaireurs de France, association laïque[4], à neuf ans. Il en sera chef de troupe et chef de clan. Surnommé patte de chat, on le demande avec sa guitare et sa flûte pour animer des soirées. Il est l'auteur vers 1935 de la très célèbre Fleur au Chapeau et créera de nombreuses chansons pour le scoutisme et les auberges de jeunesse[5].

Il prend des responsabilités dès 1926 dans divers mouvements, et au début 1941, dans le mouvement « Jeune France » à Lyon ; il adhère aux mouvements de jeunesse et d'éducation nés du scoutisme et du Front populaire : les congés payés, les ministères de Jean Say, et de Léo-Lagrange. Il rencontre Pierre Jamet qui sera le fondateur des Quatre Barbus, et chante avec lui. Il adhère aux « Amis de la nature » et soutient la « Ligue Française des auberges de jeunesse », créée par Marc Sangnier[1].

Il est instructeur national de chant aux Eclaireurs de France, pour lesquels il publie plusieurs chansonniers[4].

En 1947, il est co-auteur avec Jacques Chailley et César Geoffray des « Chansons du Jamboree », dit Le Chansonnier de Moisson, pour le Jamboree de 1947[6].

Carrière administrative

En mai 1945, il entre dans l’administration, au service Direction de la Jeunesse et des Sports et de l’Education populaire du Ministère, qui deviendront les Cemea. Il deviendra l’instructeur national de chant[7].

Il y retrouve le fondateur du mouvement choral À Cœur Joie, son ami César Geoffray. Dans le cadre des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA), il développe une intense activité d’éducation musicale, anime, avec ses collaborateurs, de nombreux stages pour les moniteurs de colonies de vacances.

La Chanterie de Paris

En 1937, il réunit un groupe de quatre chanteurs pour chanter ses compositions ; en 1945, il fonde la première Chanterie. Vers 1943, à la fin d'un stage, Lemit commence à réunir des éléments pour chanter. Vers 1945, le groupe se nomme La Chanterie. Le groupe est dissous en 1948. La Chanterie renaît en 1949-1950, chante à Sarrebruck en juin 1952 et à la grande fête de Vaugrigneuse en mai 1957. Elle a chanté à Poitiers, Châtellerault, et au Danemark en septembre 1946. En 1962, il recrée un groupe de chant, sans succès. Cette formation diversifiée et ouverte était sérieuse ; Lemit s'imposait du travail, parfois austère, et il appliquait toutes les règles de l'harmonie et du contrepoint[8].

Le groupe vocal se veut différent des chorales : son but est de chanter pour le plaisir et non pour le spectacle ; le chef, (lui, en l’occurrence), reste au milieu des chanteurs, sans gesticulations ; des prestations sont données sur les places publiques, sur le quai d’une gare, occasionnellement sur scène ; les interprétations se veulent sobres, que ce soit de modestes chansons populaires, des chansons de Roland de Lassus ou de Clément Janequin, le Chœur des ombres heureuses de Gluck, l’Alleluia du Messie de Haendel ; il privilégie la justesse, la beauté du timbre, l’expression nuancée, la joie et la tendresse.

Vie privée

En 1934, il s'installe avec sa mère, au 120, avenue Mozart ; en 1944, il emménage au 90, avenue Mozart, où il restera jusqu'à sa mort[9].

En 1948, il épouse Maïa Zukerman, en Belgique. Il ont une fille en janvier 1952, Claudine. Le couple divorce en 1956, il a la garde de sa fille[10].

William Lemit était d'un abord timide, réservé, modeste. Plusieurs années avant sa mort, il souffre de profonde dépression. Ses amis notent sa peur de rentrer chez lui, et de la vieillesse. Il se fait soigner par plusieurs thérapeutes. Au cours des vacances de 1965, il téléphonait chaque jour à son médecin. L'organisation du chant, pour le Congrès des CEMEA, en Avignon, en 1965, l’épuise[11].

Il se suicide le 21 août 1966[12]. Sa fille se suicidera en 1977[11].

« 

Une fleur au chapeau, à la bouche une chanson,
Un cœur joyeux et sincère,
Et c’est tout ce qu’il faut à nous, filles et garçons,
Pour aller au bout de la terre.

 »

 Une fleur au chapeau, William Lemit, 1937

Au service du folklore

Il fut un spécialiste reconnu du folklore. Il l'entendait comme la culture des sociétés traditionnelles (contes, chansons, musique, danses, etc) . Il fut l’ami du grand folkloriste Patrice Coirault, chercheur et érudit, auteur des ouvrages : Recherches sur notre ancienne chanson populaire traditionnelle (1927 et s.) et Notre chanson folklorique (1942). William Lemit fera publier le dernier ouvrage de Coirault, Formation de nos chansons folkloriques (éd. du Scarabée, 1953 et s.), et, plus tard, indirectement, le « Répertoire Coirault » : Répertoire des chansons françaises de tradition orale, éd. Bibliothèque nationale.

En 1949, il publie un recueil Voix amies, comprenant quarante chansons populaires françaises, sept chœurs à deux voix égales, huit chœurs à trois voix égales, huit chœurs à deux voix mixtes[13].

Son héritage moral

À travers son œuvre, à travers sa vie, les stages qu’il a animés, ses multiples livres et articles, il lègue une philosophie de l’éducation et de la vie, fondée sur quelques valeurs et convictions.

Chaque personne, et d’abord chaque enfant – de quelque milieu qu’il provienne - possède en elle, en lui, des capacités intellectuelles, sensibles, créatrices, motrices, etc., qui ne demandent qu’à se développer, pourvu qu’un environnement éducatif confiant et compétent lui soit offert. C’est vrai dans tous les domaines, mais plus spécialement dans celui du chant, de la musique instrumentale et de la danse.

Dans le domaine musical, les formes les plus modestes, et notamment les chansons folkloriques (dont Bela Bartok disait qu’elles étaient aussi parfaites, dans leurs limites, qu’une œuvre de Bach ou de Mozart), sont plus accessibles à ceux qui n’ont pas eu la chance d’une formation élitiste, et peuvent être la base d’une éducation musicale approfondie.

Le respect des enfants, des jeunes, et plus généralement des gens à qui s’adresse l’éducateur ou l’animateur, lui impose un choix rigoureux du répertoire qu’il leur offre, et le refus d’accepter toute dictature du commerce et de la mode.

Le plaisir de chanter, de jouer de la musique, de danser, il est indispensable à l’adhésion des intéressés, il n’est pas incompatible avec une grande exigence de qualité.

Hommages

Il est membre de la Société Française d'ethnographie, de la Société internationale d'éducation musicale, et de la Société française de musicologie. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en janvier 1966[14].

Notes et références

Liens externes

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