Willy Wolf

cascadeur polonais From Wikipedia, the free encyclopedia

Willy Wolf, né le à Łódź, et mort le à Nantes, est un acrobate polonais, connu pour avoir tenté un plongeon de 53 mètres du haut du pont transbordeur de Nantes (aujourd'hui détruit). Alors qu'il se surnommait lui-même « L'homme qui va mourir », sa chute mortelle spectaculaire devant un public de milliers de Nantais a marqué l'histoire de la ville, le faisant rentrer dans la culture nantaise.

Décès
Sépulture
Autres noms
« L'Homme qui va mourir »
Faits en bref Naissance, Décès ...
Willy Wolf
Carte postale promotionnelle de Willy Wolf.
Biographie
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Décès
Sépulture
Autres noms
« L'Homme qui va mourir »
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Biographie

Willy Wolf (parfois surnommé Wladislaw Kubera[2]) est le fils d'un couple polonais, Ernest Wolf et Catherine Gross. Né le à Łódź, il émigre en France[3] après avoir fait ses débuts dans les cirques en Allemagne[4]. Pendant la Première Guerre mondiale, il combat sur le front français dans la légion polonaise[5]. Le 14 octobre 1924, il s'installe à Nantes, où il est embauché comme ajusteur à l’usine des Batignolles[3],[6]. Casse-cou et amateur de sensations fortes, il est aussi trapéziste et acrobate de haut vol, et s'autoproclame « champion du monde de plongeon ».

Le , Le Phare de la Loire annonce qu'il doit plonger du pont transbordeur de Nantes dans la Loire le [7] mais la mairie lui refuse l'autorisation.

Sauts

Pont transbordeur de Rouen

Le Journal de Rouen annonce qu'il doit s'élancer en parachute du pont transbordeur de Rouen[8]. Il effectue finalement un plongeon remarquable le , d'une hauteur de 55 mètres, après avoir effectué quelques figures sur un trapèze[9]. Des films tournés par différents opérateurs[1] sont projetés dans les cinémas de Rouen les jours suivants[10].

Il annonce qu'il doit réaliser « un autre genre d'exercices non moins remarquables » le [11] mais se contente uniquement de quelques figures de trapèze après avoir vendu des cartes postales à son effigie pendant 3 heures[12]. Hué par la foule, il ne se représente pas le 3 mai comme prévu.

Pont transbordeur de Nantes

Considéré par certains comme un « avant-gardiste de l'auto-promo »[13], Willy Wolf vit en partie grâce à la vente de cartes postales le représentant en tenue d'acrobate, qu'il vend à des passants. Il se crée un personnage, en maillot noir avec une tête de mort, et distribue ses cartes avec le slogan « Achetez l’homme qui va mourir ! ». Il donne rendez-vous aux Nantais au pont transbordeur pour reproduire son exploit précédent à Rouen, le [14]. Paul Bellamy, président du conseil municipal de Nantes, refuse d'autoriser l'évènement, s'inquiétant vivement de la dangerosité de la cascade.

La stratégie publicitaire de Willy Wolf ayant payé, environ vingt mille Nantais se réunissent sur les quais du port de Nantes pour observer l'acrobate, « L'homme qui va mourir », qui grimpe les haubans du pont transbordeur devant les caméras de la Gaumont. Vers 17 h, il plonge du haut du tablier du pont. Il disparaît dans la Loire[15],[16].

Son corps sera retrouvé six jours plus tard, par un pêcheur, sur une rive de la commune du Pellerin[17],[3].

Postérité

L'évènement, très médiatisé à son époque (Le Petit Journal illustré en fera même sa couverture[18]), est rentré dans la culture de la ville de Nantes, comme anecdote « obscure » souvent référencée. Les cartes postales vendues à l'époque par Willy Wolf sont aujourd'hui devenues des pièces de collections très recherchées.

Il est immortalisé dans le paysage nantais par se présence en dessin sur la fresque du Le Mur tombé du ciel de la compagnie Royal de luxe, située place Alexis-Ricordeau[19]

En 2002, le réalisateur nantais Loïc Gatteau écrit et réalise un court métrage intitulé Achetez l'homme qui va mourir[20]", une évocation imaginée des probables derniers jours de Willy Wolf avant son saut fatal. Produit par Kinêma Production et TV10 Angers, il est présenté en 2003 au Festival Premiers Plans d'Angers dans la section " films d'ici ", diffusé en première partie du film Stupeur et Tremblement d'Alain Corneau, au Katorza à Nantes en mars 2003, en avril 2003, présenté au 3e Festival du Film Français en Ille-et-Vilaine et diffusé en décembre 2015 en multi diffusions sur Télénantes.

Le , Nadia Raynouard, Claudel et Xavier Simon ouvrent à Nantes le Willy Wolf Society, un bistrot hommage à l'acrobate éponyme où ils proposent menus et décorations inspirés de son esprit de défi[21]. L'établissement ferme ses portes en 2018[22].

Début 2018, la compagnie de cirque nantaise La Contrebande lance le spectacle Willy Wolf, qui connaît plusieurs dates en France[23],[24].

En avril 2025, pour commémorer l'anniversaire des 100 ans du plongeon fatal et raconter en détail la vie de Willy Wolf, sort l'ouvrage " Willy Wolf - Achetez L'Homme Qui Va Mourir ! "[25],[26], co-écrit par Stéphane Pajot, auteur et journaliste à Presse Océan, et Julien Lozelli, généalogiste professionnel à Nantes.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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